Si l'on se réfère à l'alphabet grec, l'omega est un aboutissement. Pour le constructeur Opel, également, l'Omega est la vitrine de son haut de gamme. Rien n'est donc trop beau pour cette berline qui revient avec une nouvelle robe et un nouveau moteur.
Il s'agit d'un quatre-cylindres à essence doté de seize soupapes, d'une cylindrée de 2,2 l qui constitue l'offre de départ de la gamme. Bien sûr, il n'a pas la noblesse attendue du V6 dans cette catégorie, mais il permet à l'Omega de débuter au tarif de 180 000 F. Ce qui met le luxe sinon à la portée de toutes les bourses, du moins d'un plus grand nombre. Ce luxe tient d'abord au gabarit de la voiture : 4,9 m de long ; 2,73 m d'empattement ; 1 670 kg à vide. Voilà qui force le respect. Il s'exprime encore dans le dessin qui a visiblement cherché à faire riche avant de faire beau.
Si l'avant de la nouvelle Omega garde une certaine grâce, la malle arrière est d'une lourdeur qui n'est pas sans rappeler celle de la défunte Ford Scorpio. Le bouclier excessivement enveloppant et l'allongement du porte-à-faux sont à l'origine de ce sentiment de pesanteur. Cela dit, l'Omega présente l'allure rassurante de l'élégance germanique. Un peu encombrante certes, mais aussi robuste et endurante. Il suffit d'ouvrir et de fermer les portières pour se convaincre qu'ici le poids est gage de sérieux. Etant affaire de goût, ce parti pris ne se discute pas.
En revanche, plus surprenant est le choix du design intérieur. A force de rigueur, de lignes strictes comme celles des habillages de portières, de présence massive comme celle de la planche de bord dont le capot imposant rejoint presque le sommet du volant, l'habitacle de l'Omega manque de chaleur. On dirait qu'Opel a emprunté à Volvo ses stylistes psychorigides des années 80. Un peu de chrome par-ci, un peu de bois par-là, ne changent rien à l'affaire. L'ensemble reste d'une tristesse confondante.
C'est d'autant plus dommage que l'espace intérieur n'a pas beaucoup de rival dans la catégorie. Aux places arrière, les passagers sont mêmes particulièrement soignés avec un espace important pour les jambes et les épaules, des ouïes de ventilation individuelles, des bacs de rangement, comme à l'avant, astucieusement intégrés dans les accoudoirs, ou encore des vitres électriques à montée et à descente automatiques. Même ambiance à l'avant où le conducteur dispose d'un réglage électrique de hauteur de siège, d'un volant « intelligent » pour le réglage du système audio et d'une climatisation qui n'est pas moins bête. Un détecteur lui permet en effet de repérer les émanations de gaz qui pénètrent dans l'habitacle pour passer alors automatiquement en mode recyclage.
Tant de délicates attentions se retrouvent sur la route où une large priorité est donnée au confort. L'insonorisation est donc excellente, et la souplesse des suspensions gomme toutes sensations, y compris celles de conduite. Il faut accélérer, de préférence sur le mouillé, pour que la propulsion de l'Omega se rappelle à votre bon souvenir. En cas de freinage appuyé, un système d'urgence vient pallier vos éventuelles déficiences en mesurant le degré et la vivacité de l'enfoncement de la pédale. Si besoin, il augmente la pression dans le circuit pour optimiser la décélération. Combinée à l'ABS, l'efficacité de cette technique est remarquable.
Tout est donc assisté à bord de ce cuirassé. Cependant, rien ne destine l'Omega, surtout dans cette motorisation, à en arriver à de telles extrémités. Ses 144 ch lui assurent pourtant un niveau de performances honorable avec une vitesse de pointe de 210 km et une accélération de 0 à 100 km/h en 10"5. Mais, en fait, rien n'incite à adopter une conduite sportive avec cette berline tranquille dont l'ambition est de croiser à bonne et réglementaire allure sur les autoroutes. Elle est dotée, par exemple, d'un couple imposant (205 Nm), mais il faut aller le chercher à 4 000 tr/min. A bas régime, en revanche, le moteur est à la peine, et on en vient vite à se dire qu'un bon Diesel serait plus conforme au style de conduite qu'engendre cette Omega. Ce moteur existe : il s'agit du 2.5 TD de 130 ch, mais il en coûtera un supplément de 17 000 F. Soit une majoration d'à peine 10 % pour un agrément bien supérieur.





















