Apparu, l'été dernier, sur le marché français avec un seul moteur à essence, le Hyundai Trajet menait jusqu'alors une carrière confidentielle. Sur le marché des grands monospaces, où la part du diesel dépasse 80 % des ventes, il n'est point de salut sans gazole. Inaugurant le nouveau bloc CRDi à rampe commune de 2 l pour 112 ch, le monospace coréen prend son véritable départ. Avec, pour se distinguer du lot, quelques arguments chocs.
Uniquement disponible en finition supérieure GLS Confort et équipé en série de sept sièges, le Hyundai Trajet se démarque de la concurrence par son prix extrêmement agressif de 164 900 F là où le ticket d'entrée de la catégorie est le plus souvent voisin de 200 000 F. Seul son compatriote Kia Carnival réussit à faire mieux, mais avec une rusticité qui fleure bon l'exotisme. Le Trajet, en revanche, c'est du sérieux 100 % selon les normes occidentales. On pourrait même dire les normes américaines. Avec ses 4,7 m de longueur et ses 1 857 kg avoués, il se rapproche plus du Chrysler Voyager que des 4,52 m du Renault Espace.
Le monospace Hyundai profite de ses dimensions pour reporter toutes ses attentions sur le confort de ses occupants. Il offre donc sept vraies places spacieuses avec des sièges démontables individuellement. Ceux de la deuxième rangée sont, en outre, montés sur glissières pour, éventuellement, dégager la place centrale. S'ils se déposent facilement, ces sièges ont aussi la particularité d'être lourds à transporter. L'accès à la troisième rangée requiert une certaine souplesse pour ne pas se prendre les pieds dans la ceinture de sécurité. Obstacles mineurs que feront oublier l'agrément des multiples rangements, bacs en tout genre dans les accoudoirs, tablettes aviation, porte-gobelets divers, et multiples prises 12 V. Sans oublier un réglage de climatisation spécifique pour les places arrière. Le pragmatisme du Hyundai Trajet, qui nous évite les inénarrables bacs de rangement sous le plancher, conserve néanmoins certains tics de la catégorie, comme les sièges avant qui pivotent à 180°...
Typé américain dans son gabarit, le Trajet l'est aussi dans son moteur. Vigoureux en couple, relativement discret sauf au-delà de 3 500 tr/min, dénué de toute vibration et modéré en consommation au vu du poids à tracter, le nouveau Diesel à rampe commune reprend l'essentiel des qualités communes à ce type de moteur. En revanche, ses performances restent très inférieures à celles d'un 2.2 dCi Renault ou d'un Volkswagen TDi 115. La vitesse maximale est, par exemple, limitée à 170 km/h. Les accélérations sont poussives, les reprises tranquilles, les montées en régime sans brio. La faute au poids bien sûr, mais aussi à un étagement de boîte de vitesses particulier où les deux premiers rapports très courts servent à décoller l'engin ; et les trois suivants, à assurer une vitesse de croisière. Mais il reste un peu surprenant de devoir rétrograder dans certaines montées. D'autant que la commande de boîte ne brille pas par sa rapidité. La bonne surprise vient surtout de la qualité du châssis. Alors que l'on pouvait craindre le comportement un peu aléatoire d'un véhicule entièrement centré sur le confort, le Trajet fait preuve d'une grande maîtrise dans la tenue de ses suspensions. La qualité du filtrage évite toute prise de roulis, et le réglage des amortisseurs empêche ce lourd véhicule de s'affaisser dans les courbes. Le freinage est à la hauteur de l'ensemble, puissant et bien équilibré.
Sans fioritures mais bien équipé, tranquille mais rigoureux dans son comportement, le Hyundai Trajet ne vaut pas que par son prix choc. C'est une bonne affaire à tous les niveaux.
















