Que l'Omega soit à l'heure n'étonnera personne. A l'heure d'été bien entendu, celle des vacances, des déménagements, des migrations en tous genres. Autant d'occasions d'apprécier la fonctionnalité d'un bon vieux break des familles privilégiant la capacité de chargement plutôt que l'élégance de la ligne. A contre-courant de la tendance actuelle voulant que les breaks ressemblent à des berlines allongées, l'Omega, lui, affiche clairement ses formes et impose sa masse pour montrer qu'il n'a pas honte de ses origines. Dans le monde compassé des breaks « de chasse », il exhibe sans vergogne ses épaules de déménageur.
Côté moteur, il roule moins les mécaniques que le puissant V 6 2.5 TD de la gamme. Equipé du nouveau 2 l Ecotec TDi à injection directe de 100 ch, l'Omega joue la carte du prix en acceptant une diminution notable de ses performances et s'adresse à une clientèle plus exigeante sur le volume du coffre que sur celui du moteur.
Ne croyez pas pour autant que le 2.0 TDi soit amorphe.
Plaisant sur la Vectra, il devrait même faire des étincelles sur la nouvelle Astra. En revanche, face aux 1 700 kg de l'Omega, à ses dimensions généreuses et à ses réglages de suspensions souples, il ne peut pas faire de miracle. Par rapport à son segment, ce break de haut de gamme apparaît donc plutôt sous-motorisé. Et ce ne sont pas les chiffres qui contredisent cette impression : plus de 15 secondes pour atteindre 100 km/h et près de 40 secondes pour le kilomètre départ arrêté.
En utilisation normale, l'Omega 2.0 TDi présente néanmoins un agrément de conduite certain. Avec son gros couple maximal uniforme de 1 600 à 2 750 tr/min, le break évolue tout en souplesse et en douceur. Dans ces conditions, le recours à la boîte devient facultatif.
Autres avantages de ce nouveau moteur : son absence totale de vibration et son exceptionnel silence de fonctionnement. Doté de deux arbres d'équilibrage, il se révèle d'une discrétion exemplaire, à mille lieues du niveau sonore de la plupart des Diesel. A bord, le seul bruit parasite provient d'un sifflement persistant au niveau des rétroviseurs extérieurs. C'est l'unique trouble de cet océan de sérénité.
A ce propos, le côté paquebot de la caisse, avec sa longueur de 4,81 m et son empattement de 2,73 m, se ressent surtout dans les grandes courbes où son poids, lié à la souplesse des suspensions, entraîne quelques mouvements de roulis. Cela n'affecte en rien le cap. Même sur sol mouillé, la puissance relative du moteur résout tous les problèmes d'adhérence des roues arrière. Si la voiture ne dispose pas d'antipatinage, c'est qu'elle n'en a pas besoin. Poussée dans ses derniers retranchements, elle avouerait même un caractère sous-vireur, histoire de rester raisonnable et de ne pas confondre l'Omega et l'Alfa.
Conduite tranquille, 90 km/h à 2 000 tr/min et 120 km/h à 3 000 tr/min, rien de tel pour apprécier l'atout principal du break Omega : son immense espace intérieur. Bacs de rangements multiples, garde au toit, largeur aux épaules, longueur aux genou : on se sent comme chez soi. Avec des sièges redessinés, les places arrière sont même particulièrement confortables. Il n'est pas nécessaire d'enlever les trois appuis-tête pour replier la banquette et profiter des 1 800 l de la contenance du coffre dans cette configuration break. Malgré une largeur légèrement entravée par les têtes d'amortisseurs, le volume utile reste impressionnant et permet d'envisager les plus gros transports. Six crochets d'arrimage et un filet de protection complètent le tableau.
Généreuse mais près de ses sous, surtout en version de base GL, l'Omega break illustre ce paradoxe à travers ses équipements. En série, elle offre ABS et double airbag, mais surtout une climatisation manuelle à réglages séparés, assortie d'ouïes d'aération à l'arrière. Dans ce break conventionnel, l'assise très basse des sièges avant donne l'impression d'être au volant d'une sportive. Le siège du conducteur dispose d'un réglage électrique en hauteur. Le siège de droite, lui, ne se surélève pas. Le passager est donc condamné à rester assis au ras du plancher, jambes allongées.
L'Omega break 2.0 TDi est un haut de gamme économique. Une bonne aubaine pour tous ceux qui veulent une grande et confortable voiture sans se ruiner.





















