Honda
- disponible
- moteur : 2.0, 155 ch
- Prix : 23 000 euros
alfa romeo
- disponible
- Moteur : 2.0, 165 ch
- Prix : 25 400 euros
Ne pouvant compter sur une mécanique Diesel avant plusieurs mois, la septième génération de l'Accord tente de se faire une place parmi les berlines sportives. Il est vrai que son style élancé suggère une once de tempérament. La version 2,4 l de 190 ch, avec sa boîte à six vitesses et son riche équipement, se veut le porte-drapeau de cette revendication, mais à un tarif qui frôle les 30 000 ¤. Plus raisonnable, la version 2.0i Sport à 23 000 ¤ réunira sans doute plus d'adeptes. Pour mesurer sa crédibilité sur ce créneau des berlines sportives à quatre cylindres, la voilà confrontée à une italienne pleine de caractère, l'Alfa Romeo 156 2.0 JTS.
Mécanique
L'Accord adopte désormais le moteur i-VTEC qui, sous ce nom de code, cache un système de distribution variable avec commande électronique de la levée des soupapes. Cette technique, chère à Honda, est censée apporter le juste équilibre entre puissance, couple et consommation. Avec 155 ch à 6 000 tr/min et 190 Nm à 4 500 tr/min, elle ne manque pas d'allant. L'Alfa Romeo 156 JTS lui mène cependant la vie dure avec son récent bloc à injection directe. Dans cette voie technique, testée par la plupart des constructeurs, il semble qu'Alfa Romeo ait trouvé là un bon compromis. Le 2 l JTS jouit d'un caractère digne de la marque et affiche de meilleures valeurs que le bloc japonais : 165 ch à 6 400 tr/min, et 206 Nm à 3 250 tr/min. Il faut peu de kilomètres pour constater la supériorité de l'italienne dans tous les compartiments de la conduite. Accélérations, reprises, sonorité, le JTS fait souffrir le i-VTEC qui, en comparaison, semble paresseux dans ses montées en régimes et beaucoup moins fourni en énergie dans les basses rotations. Avec la Honda, il faut pousser l'aiguille du compte-tours au-delà de 4 000 pour profiter de véritables relances. Cette moindre souplesse oblige à jouer plus souvent du levier de vitesse, dont la commande est heureusement bien guidée et agréable. A l'inverse, celle de l'Alfa Romeo accroche et est plus lassante à manipuler. Moins alerte en accélérations (1 seconde de plus pour passer de 0 à 100 km/h) et en reprises, l'Accord fait presque jeu égal en vitesse de pointe (217 km/h contre 220) grâce à son aérodynamisme : le Cx atteint la valeur remarquable de 0,26. Les consommations en profitent. La japonaise a ainsi réclamé 9,2 l aux 100 km durant notre essai, soit un bon litre de moins que l'Alfa Romeo.
Chassis
Plus rigide, dotée d'une suspension avant et arrière à double triangulation et d'une géométrie des trains favorisant la stabilité, la nouvelle Accord fait un bond en matière d'agrément de conduite par rapport à l'ancienne version. Plus réactive dans ses changements d'appuis, elle peut se targuer d'un comportement dynamique de bon aloi. Seule réserve, sa
direction est un peu flottante en virage.
Fermement suspendue au profit de la tenue de la caisse en conduite rapide, la Honda voit son confort dégradé par de légères trépidations sur chaussée déformée. Cela n'est qu'une broutille quand on vient de conduire l'Alfa Romeo, dont la fermeté du châssis, les percussions de la suspension à basse vitesse et la dureté des sièges dissuaderont les dos les plus sensibles... Bref, la 156 JTS clame haut et fort une sportivité confirmée par des commandes viriles à l'usage. La pédale d'embrayage muscle la
jambe et la direction est plus lourde dans les manoeuvres.
Heureusement, l'italienne profite de cette rigidité globale pour offrir un comportement plaisant et une direction précise, mais le prix à payer au niveau du confort est excessif. C'est en quelque sorte la dure réalité d'une berline au tempérament sportif. Les conducteurs plus placides se retrouveront plus à leur aise dans l'ambiance - en définitive feutrée - de la Honda, soulignée par un silence de fonctionnement appréciable. En revanche, l'Accord a beau être plus familiale dans son approche, elle ne peut recevoir d'antipatinage ou de contrôle du comportement de type ESP - même en option -, alors que l'Alfa en dispose en série.
Vie à bord
Ces deux familiales ont soigné l'environnement intérieur avec le souci d'apporter une pointe de
sportivité. En la matière, l'italienne connaît la chanson. Se glisser derrière ses deux gros compteurs est toujours aussi sympathique et, depuis son restylage de mars 2002, la présentation y est plus valorisante.
Avec sa planche de bord marquée par un V en son milieu et ses placages imitant le carbone sur la console centrale, l'Accord propose une interprétation intéressante. L'ensemble s'apprécie finalement plus à la mesure de son excellente ergonomie, de sa lisibilité et de sa finition qu'à son sex-appeal. Les rangements y sont également plus nombreux
grâce à un réceptacle de grande taille situé au pied de la console centrale. Dans l'Alfa Romeo, on ne peut pas se vider les poches avec autant de facilité.
Inutile de sortir le double décimètre pour constater la différence d'habitabilité. La Honda profite de son gabarit supérieur : 4,66 m contre 4,43 m. Espace à l'avant et place aux jambes lui permettent de remplir son contrat de familiale avec plus de générosité. Plus étriquée, la 156 propose aussi un coffre plus mesuré (378 l contre 459 l). A l'usage, on profite en plus de l'ouverture électrique du coffre de l'Accord à partir de la télécommande.
budget et équipement
L'équipement de confort de l'Accord est bien mieux fourni que celui de la 156 JTS Progression, pourtant plus onéreuse (25 400 ¤), même si cette dernière n'oublie pas l'essentiel, avec la climatisation automatique, la radio CD avec commandes au volant, le siège du conducteur et le volant réglables en hauteur, ou encore l'accoudoir avant. Il faudra pointer la liste des options pour disposer du régulateur de vitesse, du capteur de pluie, des vitres arrière électriques et des jantes en aluminium. Autant d'équipement en série sur l'Accord Sport, facturée 2 400 ¤ de moins, et qui offre en plus la peinture métallisée. Un écart notable que la présence de l'ESP sur la 156 n'arrivera pas à combler.
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