- Honda :
Disponible
Nouveau Diesel de 140 ch
28 000 ¤ - Renault :
Disponible
Diesel 2.2 de 150 ch
27 150 ¤
Que Honda sache faire des moteurs n'est pas une surprise. La réputation de motoriste du constructeur japonais est bien établie, et ses moteurs à essence font l'unanimité depuis des lustres pour leur brio et leur agrément. Aujourd'hui, Honda passe au Diesel et dote l'Accord 2.2i d'un nouveau sigle CDTi. Avec une question à la clé : suffit-il de connaître la musique en essence pour réaliser un accord parfait en Diesel ? Pour le savoir, nous avons choisi d'étalonner les capacités de la nouvelle Honda à celles déjà reconnues de la Laguna 2.2 dCi de 150 ch.
MOTEUR
Ayant eu le temps d'observer les réalisations de ses concurrents, Honda a retenu le meilleur de la technique Diesel pour réaliser son propre moteur. D'une cylindrée de 2 204 cm3, ce quatre-cylindres est entièrement construit en aluminium. Il dispose de deux arbres d'équilibrage, d'une distribution par chaîne et d'axes de culbuteurs sur roulements à rouleaux.
Développant une puissance de 140 ch, il se distingue surtout par un couple musclé de 340 Nm à 2 000 tr/min. A priori, ces valeurs n'ont aucune raison d'effaroucher la Laguna 2.2 dCi qui affiche fièrement ses 150 ch pour un couple légèrement en retrait de 320 Nm au même régime. Si cette dernière garde un bien illusoire avantage en vitesse de pointe, elle doit s'avouer vaincue en reprises et en accélérations.
Fidèle à l'esprit maison, le Diesel Honda a une conception sportive de sa fonction. Mais, plus surprenant que son niveau de performances, c'est son agrément qui fait la réelle différence avec le moteur Renault. Exempte de toute vibration, l'Accord i-CTDi fait preuve d'un silence de fonctionnement sans égal. Il est vrai que Honda a particulièrement soigné l'insonorisation, mais il suffit d'écouter le moteur tourner, capot ouvert, pour constater son extrême discrétion.
Discrétion qui se retrouve dans les consommations où l'Accord atteint des valeurs records pour la catégorie : 6,7 l aux 100 km en ville et 5,4 l en mixte. Voilà qui laisse songeuse la Laguna qui affiche, respectivement, 8,4 l et 6,3 l. Performante, discrète et sobre, la Honda est en outre respectueuse de l'environnement avec un taux de CO2 fort bas de 143 g/km contre 167 pour la Renault. Reste à la Laguna, qui ne démérite pas - faut-il le rappeler - l'avantage d'une boîte à six rapports qui présente l'avantage de diminuer son niveau sonore en vitesse de croisière sur autoroute.
CHASSIS
Bien posée sur son empattement long de 2,75 m et ses jantes de 17 pouces, la Laguna offre dans son allure les promesses qu'elle tient sur la route. Elle est élégante et efficace, procurant de bonnes sensations au volant sans jamais compromettre le confort d'une voiture qui reste avant tout une berline familiale. La qualité du train avant permet d'encaisser sans dommages les 150 ch du moteur, et il faut des circonstances extrêmes pour que l'ESP ou l'antipatinage entrent en action. Idem pour le freinage qui se montre suffisamment incisif pour éviter d'avoir recours au système d'aide d'urgence.
Plus longue de 9 cm sur un empattement plus court de 8 cm, l'Accord se révèle tout aussi
confortable que la Laguna, mais un peu plus pataude dans son comportement. Ayant pris une bonne centaine de kg en passant au Diesel, la voiture se montre plus sensible au roulis et son châssis ne peut prétendre au même caractère sportif que son moteur. Si le train avant démontre ses capacités de filtrage sur les irrégularités de la chaussée, il éprouve plus de difficultés à transmettre la puissance, notamment sur les routes humides. En conduite intensive, l'antipatinage se déclenche systématiquement au passage des trois premiers rapports. Lors des manoeuvres, la Honda souffre aussi d'un diamètre de braquage important qui limite sa maniabilité. Un inconvénient en partie compensé par la douceur de la direction.
VIE A BORD
Face à la lumineuse et moderne Laguna, l'Accord apparaît plus conventionnelle et statutaire. Sa haute ceinture de caisse, ses poignées de porte chromées comme les baguettes d'encadrement des vitres lui confèrent un côté respectable un peu ennuyeux. D'autant que cet aspect chic est démenti dans l'habitacle par des détails de finition qui confinent à la faute de goût. Nous en voulons pour preuve l'assise trop étroite des sièges avant, des commodos basiques tout droit sortis de la banque d'organes du constructeur, des ouïes d'aération au dessin sans aucune recherche, ou encore des poignées de fixation des ceintures de sécurité qui nous ramènent vingt ans en arrière. Pour les occupants, l'habitabilité est un peu moins bonne qu'à bord de la Laguna où la place réservée aux passagers arrière est fort honnête.
Si le volume de coffre des deux voitures est sensiblement égal, la carrosserie tricorps de l'Accord
ne peut rivaliser sur un plan pratique avec le hayon de la Laguna. A noter enfin l'absence de baguettes de protection sur la japonaise (365 ¤ en accessoires), ce qui rend la carrosserie particulièrement vulnérable en ville.
EQUIPEMENT
Dans cette finition Sport Navi, la grande force de l'Accord est évidemment le système de navigation proposé en série. Pour en disposer sur la Laguna Dynamique, il faut ajouter 1 930 ¤ au prix de base, ce qui rend la Renault 1 000 ¤ plus chère que sa rivale. Et la différence n'est pas seulement financière. Avec son grand écran tactile, le système de navigation Honda se révèle plus lisible, mais aussi beaucoup plus plaisant et facile à utiliser.
Ce n'est toutefois pas le seul avantage de la japonaise : elle offre aussi en série régulateur de vitesse et détecteur de pluie, deux équipements facturés 270 ¤ et 150 ¤ chez Renault. A l'actif de la Laguna, tout de même, des phares au xénon et des antibrouillards dont est curieusement dépourvue l'Accord. Pour les obtenir, inutile de chercher parmi les options, il faudra passer à la finition supérieure Executive (30 000 ¤). Vous disposerez alors en prime d'une sellerie en cuir, d'une peinture métallisée et d'un toit ouvrant électrique. Mais, quelle que soit la configuration choisie, l'Accord l'emportera toujours.















































































































































































