On trouve tout dans la famille des 600 cm3 : des super-sports explosant la barre des 100 ch, des roadsters aussi venimeux qu'agressifs, des trails routiers (lire essai ci-contre), et même des scooters. Et puis il reste ces braves machines qualifiées de basiques, ces bonnes à tout faire qui ne sauraient susciter la passion mais sur lesquelles le temps n'a pas de prise. Ces motos-là n'ont pas leur pareil pour vous remettre les deux roues sur terre, accueillir les débutants, rassurer les revenants. C'est en pensant à cette frange de population, peu soucieuse de sortir le genou dans les virages ou de se vautrer sur le réservoir pour gagner 10 km/h, que Honda a conçu sa nouvelle gamme CBF 600. En axant sa politique de développement sur le confort et la sécurité, le constructeur nippon remet au goût du jour des valeurs passées de mode, du moins dans le monde de la moto.
La CBF 600 S illustre donc ces nouvelles priorités. D'un côté, on trouve des éléments conventionnels comme le moteur quatre-cylindres à carburateurs dont les 78 ch ne risquent pas de faire bouillir le radiateur ou un cadre constitué d'une simple poutre d'acier rectangulaire. De l'autre, on découvre un raffinement dans le service inconnu à ce niveau de gamme. A commencer par cet ABS qui pour la première fois équipe une machine de cette catégorie. Largement répandu aujourd'hui dans l'automobile, cet équipement est encore très marginal dans la moto. Honda avait promis de l'étendre dans sa gamme, voilà qui est fait. Pour 600 euros, l'ABS est la meilleure assurance deux-roues qui soit.
Après la sécurité, la CBF 600 soigne aussi ses clients en leur promettant une moto adaptée à leur taille. « De 1,57 m à 1,9 m », déclarent les Japonais qui aiment la précision. Pour ce faire, la selle offre plusieurs positions de réglage entre 770 et 800 mm de hauteur. Elle peut aussi reculer ou avancer de 10 mm. Comme l'inclinaison du guidon et la hauteur de la bulle du carénage sont réglables.
Sécurité et confort sont donc incontestables. A ce niveau, la réussite est totale. Pour le reste, comme convenu, il n'y a pas de quoi grimper aux rideaux. Le dessin est terne, l'accélération bourgeoise et la suspension ferme. Le dernier rapport manque d'amplitude pour une vraie utilisation routière. Seul le couple généreux vient éclairer une mécanique très discrète Mais ne demandons pas l'impossible à ce parangon de vertu. C'est en ville que la Honda se montre le plus à son avantage par sa maniabilité et sa facilité de conduite. Encore faut-il faire abstraction de l'ergot de béquille latérale si difficile à attraper. C'est aussi en ville que l'ABS sera utile pour déjouer les innombrables pièges du freinage. Ne serait-ce que pour cette raison, voilà une moto qui mérite considération.












