Le Hyundai Matrix, long de 4,025 m, est proposé en France avec un quatre-cylindres 1,6 l 16V à essence de 103 ch ou un trois-cylindres 1,5 l 12V diesel de 80 ch. Un seul niveau de finition, GLS, est au programme, et la transmission automatique sera disponible avec le moteur à essence en fin d'année.
A plus ou moins 15 240 euros (100 000 F), les deux versions rivalisent sur le terrain des performances et de l'agrément de conduite. Le moteur à essence offre un couple maximal de 141 Nm à 4 500 tr/min qui ne traduit pas sa réelle souplesse ni sa bonne volonté à bas régime. Il assure une vitesse de pointe de 170 km/h et des accélérations convenables, dont un passage de 0 à 100 km/h en 12,7 secondes. Côté reprises, il lui faut composer avec un poids à vide de 1 287 kg et des rapports supérieurs longs. On sera alors amené à rétrograder fréquemment pour relancer la machine, un exercice où le Matrix se révèle fort bruyant. Heureusement, la commande de boîte de vitesses, implantée près du volant, tombe bien sous la main, et présente une précision irréprochable.
La version diesel en profite aussi mais, grâce à un couple maximal de 182 Nm obtenu entre 1 900 et 2 600 tr/min, on s'en sert beaucoup moins. Avec 1 320 kg, le Matrix diesel est à peine plus lourd que son jumeau à essence, mais ses 80 ch disponibles l'emmènent à 160 km/h... et pas plus. Quant aux accélérations et reprises, elles restent médiocres. Un handicap pour les dépassements. Le diesel reste cependant vaillant dans les côtes et les rampes d'autoroute, qu'il franchit sans faiblir. Comme les consommations tournent nettement à l'avantage du Matrix qui roule au gazole, l'écart de prix de 1 000 E oriente naturellement le choix vers cette version. Bruyant, quelle que soit la motorisation choisie, le Matrix séduira plutôt par son style extérieur élégant et par son habitacle combinant volume utile et sens pratique.
Il convient de saluer le travail de Pininfarina qui a redistribué visuellement les volumes de cet engin presque aussi haut que large. Le profil qui se distingue par le décrochement en surélévation de la vitre de custode évite un flanc monobloc disgracieux, favorise la capacité du coffre, tandis que les vitres latérales, plus grandes que la moyenne, apportent clarté et visibilité.
Si la présentation intérieure ne dégage pas une franche gaieté, elle a au moins le mérite d'être fonctionnelle et de mettre l'accent sur les aspects pratiques. Matériaux peu salissants, rangements nombreux et modularité complètent une habitabilité généreuse pour quatre personnes avec un coffre de 354 litres.
Fractionnée en 2/3 1/3, la banquette arrière présente un réglage longitudinal sur une course de 195 mm ainsi que des dossiers inclinables sur 35¿ permettant d'agrandir légèrement le coffre. Sinon, on peut rabattre les dossiers, puis basculer l'ensemble, appuis-tête en place. On ne peut pas vraiment parler de modularité dans la mesure où il ne s'agit pas de sièges individuels et amovibles. Cela dit, armé d'une clé appropriée, la dépose des sièges arrière ne prendra que quelques minutes. Sous la banquette, on découvre deux bacs de rangement avec couvercles, pratiques pour laisser de menus objets à demeure en toute discrétion.
La largeur intérieure du Matrix ne permet pas de loger confortablement trois personnes à l'arrière, d'autant que la ceinture centrale ventrale n'assure qu'un minimum de sécurité à son occupant.
Quant au coffre, sa capacité varie de 354 à 1 284 litres. On peut y ajouter les deux petits coffres sous la banquette arrière, deux autres aménagés au sommet des passages de roue arrière, un tiroir coulissant sous le siège du passager, une boîte à gants traditionnelle, un petit bac en façade de la planche de bord et un boîtier pour les lunettes au pavillon. Les dossiers des sièges avant bénéficient d'une poche de rangement et d'une mini-tablette avec empreinte porte-gobelet, accessoire que l'on retrouve dans l'accoudoir central arrière et à la droite du passager avant. En reculant la banquette arrière, on peut incliner les dossiers des sièges avant à l'horizontale pour former une couchette.
Elégant, compact, habitable, maniable et proposé à un prix attractif, le Hyundai Matrix est une bonne surprise. Sa modularité limitée n'est pas un handicap, sachant que, avec un peu de patience, il sera toujours possible de déposer les sièges arrière. La faiblesse des accélérations et reprises, surtout en diesel, est plus préoccupante et ne pourra satisfaire vraiment que les pères tranquilles. En somme, un véhicule politiquement très correct par les temps qui courent.



















