Avec une patience qui force presque l'admiration, Hyundai étoffe régulièrement son catalogue de 4 x 4, jusqu'à se forger une réputation de spécialiste du tout-terrain. Même si le Galloper est condamné à relativement court terme, le duo Santa Fe et Terracan suffit amplement à consolider la présence de la marque sur ce créneau porteur.
La dernière offensive concerne le Terracan qui n'avait jusqu'à présent qu'une version 2.5 TD GL en vitrine. L'engin était certes doué pour s'aventurer en pleine nature, mais sa démultiplication courte et sa puissance (100 ch) bridaient sérieusement son dynamisme routier, sans véritablement convaincre au chapitre consommation.
On peut désormais compter sur une mécanique beaucoup plus brillante pour courir les routes et se dépêtrer des encombrements. Avec une
hausse sensible de la cylindrée (2,5 l à 2,9 l) et une injection diesel directe « common rail » en guise de dopage, le moteur annonce fièrement 149 ch et flirte avec les ténors de la discipline, tels que le Land Rover Discovery, le Mitsubishi Pajero, le Jeep Cherokee ou le Toyota Land Cruiser. En outre, le couple maximal monte à 330 Nm contre 230 Nm sur le 2.5 TD.
Hyundai complique toutefois un peu les choses en commercialisant simultanément une version Confort équipée d'une chaîne cinématique enclenchable 4 x 2-4 x 4, associée à une boîte manuelle à cinq rapports, et une version Luxe indissociable d'une boîte automatique à quatre rapports solidaire d'une transmission intégrale permanente.
Cette gamme sans nuances ne s'en tient d'ailleurs pas aux seules considérations techniques. Arborant une présentation plus raffinée, le Terracan 2.9 CRDi Luxe hérite d'une climatisation automatique, d'une sellerie en cuir et d'un toit ouvrant électrique. Seule l'option cuir est proposée sur le Confort, pour combler en partie les différences.
Cela étant, l'aspect général n'a pas changé. Le Terracan se présente toujours comme un break vaste et généreux, aux affinités familiales évidentes malgré l'absence d'une configuration à sept places. D'un profil faussement utilitaire, il s'agit bel et bien d'un modèle à vocation grand public, vu que la charge utile reste très modeste en dépit d'un volume aussi important.
A cet égard, l'hospitalité du Terracan 2.9 CRDi ne fait aucun doute.
L'intérieur est bien aménagé, accueillant, et la fabrication de qualité. L'équipement, les ressources dynamiques et la transmission intégrale sont des passeports pour la tranquillité itinérante, une certaine sérénité automobile que le constructeur ne vend pas au rabais. Hyundai entre visiblement dans le jeu de la concurrence. Le nouveau Terracan aura donc probablement bien du mal à se faire admettre comme la meilleure affaire du moment.
Les nouvelles dispositions techniques font oublier les excès de régime et les performances poussives de la version d'origine. Si la boîte automatique à quatre rapports seulement reste très classique, ses
hésitations entre douceur et sécheresse ne permettent pas de la citer comme une référence, ni comme un exemple de sobriété. En exigeant environ un litre supplémentaire aux 100 km sur la route, et pratiquement deux de plus en milieu urbain, elle s'incline devant la boîte mécanique.
Quoi qu'il en soit, le Terracan 2.9 CRDi automatique fait preuve de bonne volonté routière sans soumettre ses passagers à des étapes éprouvantes, et ce en dépit d'une insonorisation imparfaite et de quelques caprices de comportement inhérents aux suspensions mixtes avant-arrière. De plus, son inertie en courbe et les lacunes de son rappel de direction n'incitent guère à la conduite sportive sur les routes en lacets.
Bien que plus viril que le Santa Fe, ce Terracan illustre assez bien l'esprit grand public de Hyundai et le caractère souple des modèles commercialisés. Il s'agit donc essentiellement d'un véhicule de croisière et d'évasion, dont le rapport entre le prix et les prestations n'est pas des plus équilibrés.























