La modification d'une calandre, ou de l'habillage intérieur d'une automobile, fait partie de ces opérations de routine qu'un constructeur entreprend pour redonner un souffle commercial à sa production. Cette règle a été appliquée sur le Nissan Terrano II qui, depuis l'apparition du moteur TDi de 125 ch en 1996, s'était installé sur le rythme de croisière d'un 4 x 4 de randonnée. Menacé par la popularité de concurrents directs tels que le Frontera, le Terrano II avait besoin d'un petit dépoussiérage.
Dans l'ensemble, les retouches esthétiques laissent la physionomie du véhicule intacte. On reconnaît sa bonhomie entre mille, les changements apportés aux feux arrière et au pare-chocs avant n'ayant pas la prétention de donner au modèle un air de grande nouveauté. La face avant, dessinée comme celle du Patrol GR, apporte une note d'élégance et de style qui devrait séduire. L'allure générale de la nouvelle génération semble plus étoffée, et les éléments de sa carrosserie apparaissent mieux assemblés. Le Terrano II abandonne les roues de quinze pouces pour des jantes de seize dignes d'un véhicule de grande liaison, plus avantageuses en tout terrain.
A l'intérieur, les améliorations sont assez discrètes, mais l'harmonie des couleurs des tissus et des garnitures élabore une ambiance chaleureuse. Malgré une console centrale massive, désormais intégrée à la planche de bord, l'hospitalité du châssis long reste très conviviale, la vocation familiale de cette version n'étant plus à démontrer.
Construit avec soin, le Terrano II prend surtout de l'amplitude grâce à ses nouveaux aménagements. L'équipement s'enrichit de deux airbags et des indispensables systèmes anti-intrusion et antidémarrage. Toutes les versions reçoivent une radio, un verrouillage centralisé à distance, des antibrouillards et des vitres en verre hydrofuge, électriques à l'avant et à l'arrière sur les modèles à cinq portes. Les progrès les moins visibles sont toutefois les plus importants. La finition Luxe adopte un antiblocage ABS et un répartiteur EBD, malheureusement absents sur les versions standard Sport. En revanche, l'apparition d'amortisseurs à gaz remet, si l'on peut dire, la suspension sur les rails en procurant au châssis un comportement infiniment plus stable que par le passé. Nul ne regrettera le train avant élastique des anciens Terrano, ses réactions caoutchouteuses, particulièrement pénibles sur les routes sinueuses et mal revêtues.
A défaut d'une mécanique plus puissante, l'engin conserve ses performances, mais il est objectivement plus agile et plus maniable sur des itinéraires qui sollicitent sévèrement ses capacités dynamiques. Malgré un poids élevé, qui parfois met les freins à dure épreuve, la direction fait corps avec les trajectoires, le roulis est acceptable, et les effets de tangage, s'ils n'ont pas totalement disparu, ont été réduits. Le bilan est donc largement positif. Le Terrano II gagne en crédibilité et en agrément de conduite. Son potentiel tout terrain est aussi plus rigoureux. Si l'impression d'un fonctionnement plus silencieux est un peu subjective, elle découle assurément des caractéristiques plus homogènes du châssis. Toutefois, une légère hausse de la consommation est en contradiction avec la taille des roues et des pneus. Il est vrai que le compteur du véhicule essayé n'affichait pas le kilométrage d'un Diesel parfaitement libéré.
Quoi qu'il en soit, Nissan démontre que des modifications en apparence mineures peuvent peser lourd sur le tempérament d'un modèle.

























