En dépit de son style avenant, de ses capacités en tout-terrain et de sa notoriété, la dernière génération du Jeep Cherokee, apparue à la fin de 2001, est à la peine en France : 716 immatriculations l'an passé, alors que l'objectif était de 1 000 ventes. Une gamme incomplète en début d'année 2002 (les finitions Sport et Jamboree sont arrivées plus tard) et un positionnement délicat (lire ci-contre) expliquent en partie ce désintérêt.
Pour que le Cherokee retrouve un peu de vigueur, Jeep lui greffe aujourd'hui un moteur Diesel turbo plus puissant, en l'occurrence le 2.8 CRD que la marque commercialise aussi sur le marché américain. Un pari audacieux au pays des V6 et autres V8 à essence.
Issu du 2.5 CRD à rampe commune d'injection fabriqué par Detroit Diesel, ce bloc affiche une cylindrée plus forte qui a été obtenue en augmentant l'alésage. Uniquement accouplé à une boîte automatique à cinq rapports, ce 2.8 CRD avance 150 ch, soit un gain minime par rapport au 2.5 CRD (143 ch) qui reste au catalogue. Le couple évolue aussi en douceur, mais il offre l'avantage d'une disponibilité plus large : 360 Nm de 1 800 à 2 600 tr/min contre 340 Nm entre 2 000 et 2 400 tr/min pour le 2,5 l. Les performances gagnent du terrain, surtout en accélération, mais le Cherokee reste trop handicapé par son poids (près de 2 tonnes) pour faire preuve de vivacité. En outre, ce moteur est particulièrement sonore dans les phases d'accélération.
La bonne surprise vient de la douceur de fonctionnement de la boîte automatique. Le Cherokee améliore également son freinage avec l'adoption de disques à l'arrière, ce qui lui permet de tracter une remorque freinée de 3,5 t contre 2,8 t auparavant.
Parallèlement à cette nouvelle motorisation, le Cherokee hérite d'une direction plus précise et d'amortisseurs inédits qui offrent un meilleur confort de conduite. Ainsi, la tenue de cap sur la route est appréciable mais, pour le reste, le Cherokee demeure un 4 x 4 avec pont rigide à l'arrière. Autrement dit, ses prestations routières, aussi honorables soient-elles, ne peuvent rivaliser avec celles des 4 x 4 de loisirs conçus pour avaler des kilomètres de route, surtout en matière de confort.
En revanche, le Cherokee reste un vrai baroudeur qui ne fera pas marche arrière au premier obstacle. Avec ce 2.8 CRD, les passages sur terrain glissant sont facilités par l'adoption de la transmission Select Track dont le différentiel central à glissement limité autorise l'évolution permanente en quatre roues motrices.
Du côté de l'équipement, le Cherokee est globalement bien doté. Seuls reproches : il faut se contenter d'une climatisation manuelle, même dans la finition Limited à 35 550 €, et la version Jamboree est privée d'ordinateur de bord. Enfin, la présentation intérieure, tout en conservant l'âme Jeep si importante pour la clientèle, n'évite pas les erreurs. En cause, une finition moyenne et certains plastiques à l'aspect peu valorisant.






























