Le Pajero Pinin n'a que quelques mois de carrière derrière lui, mais il évolue déjà pour faire les yeux doux à la clientèle et respecter les émissions polluantes. Mitsubishi a donc réduit ses tarifs, tandis que le moteur 2.0 GDI assume des impératifs techniques.
La compacité du Pajero Pinin est certes une vertu dans les encombrements citadins et sur les itinéraires tortueux d'une randonnée tout terrain, mais l'habitabilité et la fonctionnalité n'ont rien de familiales, qu'il s'agisse de places assises, de volume ou de charge utile. En position normale, la taille du coffre est presque confidentielle, et sa contenance totale n'a pas de quoi inquiéter les vrais 4 x 4 utilitaires. Handicapée par l'accessibilité aux places arrière, la version à trois portes est plus récréative que pratique.
Si le profil du Pinin ne fait pas toujours l'unanimité, l'atmosphère qui règne à bord est finalement réaliste. Les commandes sont simples ; l'instrumentation classique, avec tout de même au combiné un ingénieux rappel lumineux de l'état de la chaîne cinématique, riche en sélections 4 x 2 et 4 x 4. L'organisation technique du véhicule le désigne d'ailleurs comme un authentique 4 x 4, et non comme un de ces engins de la génération SUV, privés de réduction et de finesse tout terrain.
L'équipement, qui s'étoffe graduellement au gré des versions, donne du relief à une gamme qui ne comporte qu'une seule motorisation. En créant une version Aventure dépouillée, Mitsubishi a pensé à ceux qui abandonnent volontiers le bitume.
D'un point de vue dynamique, on ne peut pas dire que le moteur 2.0 GDI possède la fibre sportive que suppose l'appellation SUV. Sur cette cylindrée déjà respectable, l'injection directe plaide l'agrément, la discrétion sonore, et laisse de côté le brio qu'on serait en droit d'attendre d'une mécanique de 129 ch confrontée à la faible inertie d'un châssis léger.
Les montées en régime sont progressives, et la souplesse de fonctionnement rythme tous les itinéraires, sinueux ou rectilignes. En boîte automatique, l'engin est à la fois sage et vivant, citadin ou marathonien, mais sa vitalité ne s'étale au grand jour qu'avec la boîte manuelle. Quant à la consommation, elle est un peu en contradiction avec la pointure d'une machine volontiers citadine. Le 2.0 GDI ne reste vraiment sobre que sur route, mais, faute d'un grand réservoir, son autonomie n'est que moyenne.
La maniabilité du Pinin à trois portes est un régal pour le conducteur à condition de sélectionner le mode 4 x 4 permanent de la transmission, sous peine de voir la motricité des roues arrière s'évanouir en patinages stériles. Quoi qu'il en soit, les essieux hésitent un instant entre le sous-virage, la dérive des quatre roues ou le postérieur baladeur, selon le potentiel d'accélération, le rayon de courbure, les réflexes du pilote et, naturellement, l'adhérence de la chaussée. La stabilité du freinage appelle aussi quelques précautions.
De son côté, une suspension indulgente cherche à se préoccuper du confort des passagers. En regard de sa petite taille, le Pinin à trois portes n'est pas une brute, mais il est trop remuant pour laisser les estomacs en paix sur toutes les routes de montagne négociées avec poigne.


























