En l'absence d'un modèle de haut de gamme, la Marea est devenue le chef de file du catalogue Fiat. Depuis son lancement, en 1996, elle a joué dans le groupe automobile transalpin le rôle d'une routière standard, et elle a laissé aux Alfa Romeo, et autres Lancia, le soin d'affronter un marché plus ambitieux.
Sans prétendre offrir une capacité d'accueil aussi importante que celle de feu la Croma, elle permet à la marque italienne de se maintenir à la limite inférieure de la catégorie des Renault Laguna, Peugeot 406 et Citroën Xantia. La Marea a, de toute évidence, été investie d'une mission de compromis, qui tente de trouver le juste équilibre entre des dimensions extérieures relativement compactes et une habitabilité décente. Son coffre, qui héberge une roue de secours provisoire, propose des formes régulières, et une honnête contenance (430 dm3). Mais il empiète un peu sur l'espace vital des passagers arrière, principal handicap de la Marea par rapport aux vraies berlines familiales précitées. Malgré la vocation populaire des Fiat, l'équipement n'a pas pour autant été négligé. Toutes les versions reçoivent en série la climatisation, les sacs gonflables pour le conducteur et le passager avant, ainsi que l'ABS. La version JTD 130 étant réservée aux finitions supérieures ELX et HLX, la dotation de ces modèles tend vers le sans-faute.
Les ingénieurs caressaient depuis longtemps l'idée d'un Diesel très vitaminé, mais frugal. La technique de l'injection directe via une rampe commune d'alimentation, appliquée pour la première fois sur des Alfa Romeo, a couronné leurs efforts. Le cinq-cylindres de 130 ch est un moteur de puissance dont les montées en régime sont assez spectaculaires.
Avec une vitesse maximale inavouable et des accélérations infaillibles, la Marea appartient de plein droit à la catégorie des routières vigoureuses. La sélection nette et précise de la boîte de vitesses s'accorde à merveille avec le tempérament de cette mécanique.
Son appétit d'oiseau et son autonomie affirment son potentiel, l'endurance et le dynamisme de la voiture étant complémentaires. Cela étant, la poigne du connaît quelques faiblesses passagères en cinquième lorsqu'il tourne à très bas régime. Par ailleurs, ses sonorités, à pleine accélération, manquent de discrétion, et la progressivité de l'embrayage est irrégulière.
Le comportement de la Marea 130 JTD s'harmonise assez bien avec les routes sinueuses, tant que l'on ne taquine pas inconsciemment la force centrifuge et que l'on laisse aux freins le temps de respirer. La voiture s'exprime sans détours à l'approche des extrêmes. La rigidité de la caisse et la qualité des suspensions modèrent les humeurs d'une berline qui pourrait passer pour brutale, mais qui se place rarement en situation excentrique.
Hormis une habitabilité arrière restreinte, la Marea JTD 130 est une agréable et efficace compagne de route. Pour le même prix, elle offre 20 ch de plus que ses rivales. Un argument de poids à peine suffisant pour compenser son manque d'image.




















