Il est révolu le temps où il suffisait d'être belle pour que l'on pardonne tous les caprices. L'automobile moderne se doit d'être complète et homogène. Si, en plus, elle est belle, tant mieux. La Golf répond aux deux premiers critères, et son physique n'est pas déplaisant. Face à elle, l'Alfa Romeo brille de tous ses feux, mais elle a du mal à camoufler des lacunes de plus en plus handicapantes.
MECANIQUE. L'âme sportive de l'Alfa Romeo se confirme jusque dans ses moteurs Diesel. L'italien a été l'un des premiers à exploiter l'injection directe. Pas étonnant de retrouver une 147 capable de lutter avec la Golf TDI 140. Le moteur 1.9 JTD, de même puissance, a aussi le caractère du TDI : des montées en régime franches après 2 000 tr/min, et beaucoup de souplesse en deçà. Des mécaniques bonnes à tout faire, aussi bien en ville que sur autoroute, d'autant qu'elles sont secondées par des boîtes à six rapports bien étagées. Et, si le TDI est un gage de sobriété, le JTD est l'assurance d'un niveau sonore mieux maîtrisé. Globalement, la palette des moteurs Diesel de la 147 est très proche de celle de la Golf. Le JTD 100 n'est pas très éloigné du TDI 105. Pour l'essence, la Golf consent à être de plus bas de gamme - elle débute à 75 ch, l'italienne, à 105 -, et moins complète, avec deux moteurs allemands et quatre italiens, dont le GTA de 250 ch. Même si le marché s'effectue à grande majorité en Diesel, il manque pour l'instant à la Golf une version phare : une R32, voire une GTI.
CHASSIS. N'en déplaise à la 147, c'est à ce chapitre que la Golf a le plus progressé. Au point de devenir plus ludique à conduire que l'italienne, pourtant vivante. Avec sa suspension souple et sa direction plus légère, l'Alfa ne dégage pas la même efficacité. Elle se trémousse dans les virages, vibre trop sur les irrégularités, est moins précise dans les enchaînements, moins imperturbable à haute vitesse. La Golf est rigoureuse, peut-être trop pour les Latins, mais elle n'est en tout cas plus cette « allemande » à la suspension à la fois percutante et trop souple.
VIE A BORD. On pourrait reprocher à la Golf une baisse de qualité de fabrication. Ses plastiques de bas de planche de bord sont certes moins avenants que ceux de l'ancienne génération mais, dans l'ensemble, elle reste d'une conception flatteuse. Il suffit de monter dans la 147 pour s'en convaincre. L'imposante planche de bord aux plastiques granuleux y est bien loin de l'esprit softouch d'une Mégane... A cela, la Golf ajoute une ergonomie plus intuitive. Dans la 147, la console centrale proéminente est moins facile d'accès, le long levier de vitesse, moins précis, les compteurs, moins lisibles. Même la position de conduite est moins confortable car le siège est placé trop haut. Sans compter que l'habitabilité de l'Alfa fait les frais de sa superbe ligne. Son volume du coffre est réduit, la place à l'arrière est comptée, même si la banquette est plus moelleuse, et l'ambiance est moins lumineuse... Globalement, la 147 est moins familiale. Elle offre peu d'espaces de rangement et oublie de petites attentions, comme la boîte à gants réfrigérée et la prise 12 V dans le coffre de la Golf.
ÉQUIPEMENT. Ne pouvant profiter d'une conception récente, l'Alfa fait l'impasse sur certaines options modernes : ni capteur de lumière, ni phare au xénon, ni boîte à gants réfrigérée... à peine un capteur de pluie proposé en option. La belle italienne se contente d'éléments de confort classiques pour combler une différence de prix pas réellement à son avantage.
CONCLUSION. Dans la catégorie des compactes, la Golf a un statut de premier plan. L'Alfa Romeo 147 aussi, mais ses prétentions sont plus sportives, plus passionnelles. Ce tempérament lui permet de faire passer la pilule de son prix... Mais cet argument bat de l'aile face à des berlines de grande diffusion de plus en plus effrontées. Au point que la raison rattrape la passion. La Golf l'a compris et évolue en ce sens. A la 147 de réagir !
































