Premier élément du plan de renaissance de Lancia, la Thesis a pour
mission d'établir, ou plutôt de rétablir, une forte image de son constructeur. Pour reconquérir sa place parmi les marques de luxe, inutile d'imiter les spécialistes du genre sans en avoir la réputation. La voie de l'originalité s'imposait donc pour le nouveau vaisseau amiral, la Thesis. Elle réinterprète ainsi la calandre et les ailes séparées des Lancia d'avant-guerre. Cela lui confère une allure un peu baroque, mais une incontestable personnalité. Plus conventionnelle, la poupe affiche une élégance classique. Et c'est là le registre dans lequel la Thesis entend jouer : le chic bourgeois, pas trop ostentatoire, mais immédiatement identifiable... en un mot, le style milanais.
A l'intérieur, beaucoup d'espace, surtout à l'arrière, une ambiance
chaleureuse et lumineuse créée par des matériaux raffinés et élégamment associés. Le tout épaulé par les techniques les plus modernes. Côté visible, on note l'équipement généreux qui accumule tout ce qui est actuellement disponible sans distinguer l'essentiel et les gadgets. Côté invisible, les suspensions multibras - à l'avant comme à l'arrière -, font appel à des éléments en aluminium et surtout à un dispositif d'amortissement variable en continu, piloté électroniquement et baptisé « Skyhook », censé offrit un confort digne d'un tapis volant, tout en garantissant une excellente tenue de route.
La mécanique n'est pas étrangère à la légende de Lancia. Les moteurs
retenus pour la Thesis sont de grands classiques : le cinq-cylindres à essence apparu sur la Kappa, en version 2.4 atmosphérique ou 2.0 turbo ; le V6 3.0 dérivé du moteur de pointe d'Alfa Romeo (5 ch de moins mais plus de disponibilité à bas régime) ; et, pour le diesel, le cinq-cylindres JTD de 2,4 l, dont la puissance culmine à 150 ch. Côté transmission, les boîtes mécaniques sont à six rapports, quel que soit le moteur, et la transmission automatique - installée d'office avec le V6 - a cinq rapports et une commande séquentielle.
La Thesis dispose donc objectivement des mêmes arguments que les classiques berlines de haut de gamme, allemandes pour l'essentiel. Elle sera en plus appuyée par une stratégie commerciale spécifique avec approche personnalisée du client. Destinée à une carrière plus ambitieuse que son aînée, la Kappa, la Thesis s'affichera à des tarifs comparables à ceux de ses rivales avouées. Déjà un sérieux défi !
Son charme, sa personnalité et son suréquipement devraient lui permettre de faire la différence. Le plus dur reste néanmoins à faire : convaincre une clientèle regardante que la qualité et la fiabilité seront au rendez-vous.



































