Les déclinaisons classiques ne suffisant plus à assurer le succès d'une gamme, les constructeurs cherchent à diversifier leur offre en proposant des formes de carrosserie souvent plus séduisantes et flatteuses qu'utiles et indispensables. Peugeot a frappé fort avec la 307 SW qui, simple break avec pavillon vitré, se vend comme des petits pains et sans remises. Opel tente, avec la Signum, une autre voie orientée vers le maximum de modularité, qui exclut délibérément toute vocation utilitaire.
Cette version reprend le nom d'une série de deux prototypes dévoilés en 1997 et en 2001, sous la forme d'une « berline-break » pour le premier, et plus tourné vers l'aménagement intérieur pour le second.
Opel décline astucieusement une plate-forme Vectra avec un empattement allongé de 130 mm - soit 2,83 m - pour en dériver la Signum qui sera commercialisée au début de l'année prochaine. Le break, lui, sera peut-être programmé pour l'automne 2003. Pour la Signum, le porte-à-faux arrière est réduit d'autant afin d'obtenir un véhicule de 4,636 m soit seulement 40 mm de plus qu'une Vectra. Quant au break, on peut penser qu'il conservera le porte-à-faux des berlines. Cependant, Opel peut très bien opter pour un break compact de luxe basé sur l'empattement de la berline. Il se démarquerait de la sorte de la formule Signum. A suivre.
Le gabarit retenu pour la Signum permet de soigner tout particulièrement l'espace arrière et de jouer la carte de la modularité.
Si l'on peut regretter l'abandon des sièges avant pivotants, envisagés sur le prototype Signum 2, on retrouve avec plaisir le traitement royal des places arrière défini par les deux générations de prototypes. On découvre ainsi deux vastes sièges individuels, réglables longitudinalement sur une course de 130 mm et munis de dossiers inclinables jusqu'à 28 degrés. Plus étroit, le siège central reprend une configuration basculante, vue à Détroit en 2000 sur un prototype . En basculant l'assise vers l'avant puis en la retournant, on crée une console de rangement. En abaissant ensuite le dossier, on dispose d'un vaste accoudoir.
Le système Travel Assistant permet de disposer, toujours entre les deux sièges, de deux plateaux dépliants, d'un compartiment réfrigéré, d'une poubelle, de porte-gobelets, d'une prise électrique et d'une tablette pour lecteur de DVD portable.
La Signum est équipée en prime d'une console de pavillon intégrant des lampes de lecture et cinq compartiments de rangement. Naturellement, les sièges arrière se rabattent pour moduler la capacité du coffre de 480 à 1 400 l.
Un pare-brise très incliné, une ceinture de caisse haute pour suggérer une grande sécurité, des arches de roues bien marquées, un capot avant en V généreusement nervuré, des ailes arrière épaulées, des boucliers enveloppants, de grands projecteurs sous glace transparente... l'Opel Signum reprend tous les traits en vogue. La lunette arrière en forme de bulle vitrée montée sur un épais montant de custode et les barres de toit bien intégrées procurent un aspect soigné qui classe ce modèle en haut de gamme.
A l'intérieur, la Signum met en avant la qualité et la sobriété allemandes en jouant sur la palette des gris harmonisée avec des parements en aluminium. Si Opel a renoncé à la commande centralisée des fonctions façon BMW i-drive de la Signum I, aux sièges avant pivotant et aux trois écrans de la Signum II, le modèle de série présente une planche de bord conventionnelle avec écran central et des sièges anatomiques réfrigérés.
Avec l'Opel Signum, trois nouveaux moteurs Ecotec feront leur apparition. Un nouveau 2.0 à essence turbo de 175 ch accompagnera le premier moteur Opel à injection directe d'essence : un 2,2 l de 154 ch. En haut de gamme, un V6 3.0 diesel turbo par rampe commune offrira pas moins de 180 ch.
En présentant un style et une architecture qui échappent à la segmentation traditionnelle, la Signum a pour mission d'attirer vers la Vectra et la marque Opel une nouvelle clientèle. Les traits dehaut de gamme et le style « executive » de cette version sont de nature à convaincre.
D'autres modèles du même genre pourraient rapidement modifier l'image de marque populaire et généraliste d'Opel.


























