Le Toyota Previa faisait une carrière bien discrète depuis sa sortie, il y a un an et demi, en raison de sa disponibilité limitée à un seul moteur : le 2.4 VVT-i à essence de 156 ch, aux prestations intéressantes, sauf du point de vue de la consommation. En reprenant l'excellent 2.0 D4-D de l'Avensis, ce grand monospace trouve enfin des arguments de poids, face au no1 du segment, le Renault Espace, équipé du moteur 2.2 dCi. Ces deux diesels turbo font appel au meilleur de la technique actuelle avec une à rampe commune, une culasse multisoupapes, une turbine à géométrie variable et un échangeur de chaleur.
Moteur
Le moteur 2.0 de la berline Avensis a été retravaillé pour offrir une puissance légèrement supérieure (116 ch à 4 000 tr/min, contre 110 ch), et un couple disponible sur une plage d'utilisation plus large (250 Nm, de 1 800 à 3 000 tr/min). C'était le minimum à atteindre pour doter
le grand et lourd Previa (1,7 t à vide) de performances à même de tenir tête au Renault Espace - tout aussi lourd - et dont le 2.2 dCi développe 115 ch à 4 000 tr/min mais avec un couple plus élevé de 290 Nm dès 1 750 tr/min. Celui-ci procure à l'Espace de meilleures relances sur les trois derniers rapports, alors que l'inertie des remises en action du Previa D4-D le pénalise, surtout sur route et lors des dépassements. Son royaume, ce sont le autoroutes, où il retrouve de la superbe, et fait jeu égal avec le Renault : des vitesses maximales proches (175 km/h pour le japonais, 179 km/h pour le français), un zéro à 100 km/h quasi similaire (respectivement 13"6 et 13"5) et un 400 m départ arrêté dans un mouchoir de poche : 18"8 pour le Previa, et 18"9 pour l'Espace. Ne cherchez donc pas à les départager au niveau des performances car les différences sont ailleurs, dans un agrément de conduite propre à chacun. En utilisation urbaine, sur les trois premiers rapports, le Previa conserve une bonne vivacité ainsi qu'une maniabilité assez étonnante pour un engin aussi encombrant.
L'Espace est moins bien loti avec une première vitesse trop courte, qui vous laisse sur place pendant que son concurrent allonge sans problème. Dommage que la meilleure capacité de traction du 2.2 dCi soit moins bien exploitée sur les démarrages que celle du 2.0 D4-D.
Ces deux monospaces se retrouvent, en revanche, sur un point : celui des consommations. Rien de surprenant à cela puisqu'ils pèsent le même poids, développent la même puissance, et font appel à la même technologie d'injection. Le bilan est assez flatteur pour des engins aussi encombrants, avec un peu plus de 7 l aux 100 km en moyenne, et tout juste 9 l aux 100 km en usage urbain. Lors de nos essais, la moyenne s'est établie à 8 l aux 100 km pour les deux, incluant des parcours autoroutiers.
Châssis
Tout comme la version à essence, le Toyota Previa D4-D offre un excellent compromis entre tenue de route et confort. Il demeure insensible au roulis ou au tangage dans les changements d'appuis, préservant une tenue de route rigoureuse, précise et sécurisante.
L'Espace est moins bien « tenu » et accentue trop la prise de roulis et les transferts de masse dans les petits virages : il plonge rapidement et prend un léger sous-virage, pénalisant la vivacité du comportement. Un effet renforcé par une direction très vive qui oblige, souvent, à de petites corrections de trajectoire et des remontées d'effet de couple dans le volant qu'il faut maîtriser. Rien de grave pour la tenue de route ou la sécurité, mais l'agrément de conduite est pénalisé.
C'est dommage car le confort de roulage s'affirme de haut niveau, comme à bord du Previa. Les trains roulants filtrent parfaitement les petits défauts de la chaussée, tout comme les grosses bosses : rien ne remonte dans l'habitacle et la tranquillité gagne les passagers. Ces deux monospaces sont calibrés pour des voyages au long cours, reposants. Ils offrent un silence appréciable et une très bonne neutralisation des vibrations de leurs diesels turbo.
Vie à bord
Atout essentiel des monospaces, l'habitabilité et la modularité intérieures sont au rendez-vous du Previa et de l'Espace. Ce dernier, inventeur du concept, met toujours en avant la manipulation aisée des sièges, repliables, escamotables et offrant des configurations multiples : quatre places, cinq places « décalées » et sept places en option.
Le Previa n'est pas en reste et, même si les trois sièges arrière ne se placent pas de façon décalée, son plus vaste habitacle permet une configuration à sept places, et même à huit places avec une banquette d'un seul tenant. En version à cinq places
standard, son coffre affiche déjà 515 l (sous le cache-bagages) sans limiter le confort des passagers : longueur aux genoux, à l'avant comme à l'arrière ainsi que largeur aux coudes et hauteur sous pavillon ménagent un espace toujours important.
L'Espace, en configuration à cinq places - mais, dans cette version standard, le Grand Espace fait évidemment mieux - assure un volume de coffre de 275 l qui peut passer à 2,8 m3 au maximum, très proche des 2,9 m3 du Previa. Ce dernier ne recèle pas les « astuces » de son concurrent, tels les coffres dans le plancher, les petites boîtes dispersées de-ci, de-là ou encore sa « huche à pain » située dans la planche de bord. Pas de gadgets sophistiqués pour le Previa, et les grands bacs dans les portières et une double boîte à gants se révèlent suffisants !
La qualité de finition est excellente dans le Previa, tout comme dans l'Espace avec des assemblages bien réalisés. Mais le nippon n'excelle pas dans la fantaisie de son design : pas question de vous émerveiller devant telle ou telle originalité ou devant l'austérité des teintes gris-noir. L'Espace se montre plus joyeux et agréable à l'oeil, comme au toucher, avec des habillages de tissus et de moquettes de belle facture. Sa planche de bord, toute en lignes horizontales avec son affichage central digital, fait dans l'élégance, la discrétion et l'aisance de lecture.
Dommage qu'un compte-tours ne figure pas au tableau de bord. Toyota, en mal d'inspiration, reprend ce tableau de bord central avec un affichage électroluminescent : trop lumineux, il fatigue. Par ailleurs, la console centrale qui accueille tout cela est bien trop proéminente, et gêne le genou droit du conducteur.
Equipement
Dans ces versions de milieu de gamme, Expression pour l'Espace et VX pour le Previa, le seuil des 200 000 F est franchi à tout juste 209 000 F pour le premier, et 209 900 F pour le second... Ainsi Toyota vise explicitement le n°1 du segment en faisant valoir les mêmes qualités et les mêmes atouts. Pourtant, sa dotation en équipements de série est légèrement inférieure à celle de l'Espace : seuls les airbags frontaux sont au programme ainsi que l'ABS avec répartiteur électronique, l'ordinateur de bord, la climatisation automatique, les quatre vitres et rétroviseurs électriques, la condamnation à distance, l'autoradio-CD, les barres de toit, les jantes en alliage de quinze pouces et les sept sièges. Et pas question de vous « suréquiper » avec le catalogue d'options : seule la navigation GPS y figure (7 018 F) ainsi que les toits ouvrants (8 000 F) et la peinture métallisée (2 400 F).
L'Espace Expression y ajoute, en série, les airbags latéraux, la vitre du hayon s'ouvrant indépendamment, les toits ouvrants et les phares antibrouillard. En revanche, les deux sièges supplémentaires sont facturés 11 900 F et les jantes alliages 3 500 F.
Bilan
L'arrivée du moteur 2.0 D4-D de dernière génération sur le Toyota Previa remet celui-ci dans la course face au Renault Espace 2.2 dCi. Très proches l'un de l'autre, en termes de performances, de consommations, de confort dynamique, d'équipements et de prix, ils se démarquent cependant sur deux points essentiels. Premier point,
l'agrément de conduite est meilleur à bord du Previa, qui bénéficie de liaisons au sol perfectionnées, procurant un comportement dynamique proche d'une berline. L'Espace, lui, demeure sujet au roulis et au tangage.
Second point : pour un prix très proche, le Previa offre tout de même la longueur et l'habitabilité d'un Grand Espace... encombrement inclus ! Ce qui fera aussi réfléchir les citadins, qui auront plus de mal à se garer.





















