Après à peine un an, General Motors vient de mettre un terme au partenariat qu'il avait noué avec Autobytel pour faciliter la vente en ligne de ses véhicules. Au moment de la signature de cet accord inédit, certains observateurs prêtaient au géant de Detroit l'intention de prendre le contrôle du cyber-opérateur et de développer un véritable centre de profit grâce au commerce électronique. En 1999, General Motors avait d'ailleurs constitué une filiale spécialisée, baptisée e-GM.
Fausse piste. L'accord avec Autobytel est déchiré et e-GM va disparaître, absorbée par sa maison mère. Les profits futurs du premier constructeur mondial ne proviendront donc pas du commerce électronique. Quant au courtier en ligne Autobytel, il devra trouver une stratégie de rechange. Il n'aura toutefois pas été perdant puisqu'il aura engrangé quelque 3,8 millions de dollars comme consultant durant ces quelques mois.
En parallèle, le projet de vendre des Cadillac dans les concessions Saab a été reporté, ainsi que le rapprochement des structures et locaux d'Opel et Saab en Europe.
De son côté, Ford abandonne définitivement son programme AutoCollection qu'il avait, dans un premier temps, décidé de geler. Dada de l'ancien président, Jacques Nasser, ce projet ambitionnait tout simplement de reconstruire le format de la distribution automobile. Il s'agissait notamment d'organiser les sites de vente autour des différentes marques du groupe, en créant un village baptisé AutoCollection.
Afin de piloter lui-même ce programme, le constructeur avait, en 1998, acheté 14 concessions de sa marque dans la région de Salt Lake City (Utah) et les avait transformées en centres AutoCollection. Il en avait également acquis partiellement ou en totalité à Tulsa dans l'Oklahoma et à Rochester dans l'Etat de New York. Toutefois, cette approche n'a pas porté ses fruits, ni commercialement, ni financièrement. Résultat, Ford défait aujourd'hui ce qu'il avait hier entrepris et commence à revendre ses filiales de distribution à des concessionnaires. Quant à l'approche de la distribution pour ses marques de haut de gamme (Volvo, Jaguar, Land-Rover, Aston Martin et Lincoln), articulée autour du concept «Premier Automotive», elle devrait être maintenue et étendue, et ce même si le volet industriel de PAG paraît avoir été sensiblement révisé.
En effet, Ford a annoncé la création d'un comité stratégique pour Aston Martin, Jaguar et Land-Rover, les marques britanniques de PAG. Sa vocation sera, notamment, de développer des synergies au niveau industriel entre ces constructeurs. Chacun conservera néanmoins sa propre identité juridique, son directeur général (qui siègera au comité stratégique) et son autonomie en termes de design, de gestion et de développement de ses véhicules. Seuls seront partagés les achats, l'informatique, les services financiers et juridiques, la recherche et développement, et les essais.
Mais, n'est-ce pas ce qui avait déjà été prévu dans le cadre plus large et plus ambitieux de PAG ? Cette rationalisation intercontinentale ne sera pas abandonnée puisque Wolfgang Reiztle, président de PAG et vice-président du groupe Ford, sera également président du comité des marques britanniques. Il s'efforcera logiquement d'améliorer aussi la coopération industrielle avec Volvo et Lincoln, même si cela n'apparaît pas comme une priorité aujourd'hui.
En aval, l'approche déjà annoncée dans la commercialisation n'est pas remise en cause. Dans chaque pays, les filiales nationales de distribution ne rechercheront des synergies que pour leurs activités non perçues du public (back-office). Aux Etats-Unis, l'une des conséquences de la mise en place du concept PAG sera la séparation des marques Lincoln (haut de gamme) et Mercury (basse et moyenne gammes), qui étaient jusqu'à présent distribuées par les mêmes structures. Dans le Colorado, le premier centre construit selon le concept PAG a ouvert ses portes en novembre, ses magasins d'exposition arborant les couleurs de Lincoln, Jaguar, Volvo et Aston Martin. La France n'est pas en reste; des réalisations sont en cours autour des marques européennes de PAG à Tours, Mulhouse, Colmar et Epinal. Et ce n'est qu'un début...












