La stagnation du marché des grands monospaces n'empêche pas les constructeurs de soigner leur offre. Au contraire, de nouveaux acteurs apparaissent et toutes les marques présentes dans le créneau complètent et améliorent leur gamme. C'est le cas des françaises, mais aussi de Ford et Volkswagen, dont les Galaxy et Sharan - construits dans la même usine portugaise - ont peiné l'année dernière. 3 708 Sharan avaient été immatriculés. Pour 2000, Volkswagen a prévu d'en diffuser 4 200. La marque s'appuie pour cela sur un Sharan restylé et réaménagé, motorisé en diesel par deux TDI à injecteurs pompes, dont le plus puissant (115 ch) a été lancé sur la Passat. En tout, 62 % des pièces du Sharan, apparu il y cinq ans, ont été modifiées.
Extérieurement, le nouveau modèle ne change pas fondamentalement. Il adopte des phares à glace lisse, une calandre redessinée et des boucliers modifiés pour mieux résister aux petits chocs. Les feux arrière aussi sont nouveaux et reliés sur le hayon par un bandeau réfléchissant (façon Seat !) intégrant les feux de recul et de brouillard.
Sous le capot, le changement est plus important. Le Sharan Diesel de haut de gamme abandonne le TDI de 110 ch pour le TDI 115 à injecteurs pompes. C'est toujours un 1,9 l mais, outre ses 5 chevaux de plus, il délivre un couple de 310 Nm dès 1 900 tr/min, au lieu de 235 Nm au même régime. Les performances s'en ressentent naturellement. Le 0 à 100 km/h, par exemple, est effectué en 13''7, contre 16''4 auparavant. Le Sharan 2 litres à essence de 115 ch est battu. Au volant du TDI 115, on ne redoutera donc pas d'avoir à doubler ou à affronter des côtes pouvant poser problème à des véhicules aussi lourds. Car ce Sharan avoisine les 1 700 kg. Heureusement, en plus du punch de son moteur, il peut compter sur sa nouvelle boîte de vitesses à six rapports. Celle-là contribue à maintenir la consommation à un niveau équivalent à celui du TDI de 110 ch : 6,3 l aux 100 km en cycle mixte, contre 6,4 l. De plus, sa commande très précise est un bonheur. Mention bien, donc, pour l'ensemble moteur et boîte. Mais il faut signaler l'apparition de petits à-coups à la réaccélération, surtout sensibles en ville. Quant au bruit des injecteurs pompes, il est contenu, mais il dérange quand même au ralenti et en forte accélération.
Le reste de la mécanique n'a officiellement subi aucune modification. L'amortissement semble pourtant avoir progressé sur le TDI 115 par rapport aux précédentes versions. On constate, certes, encore un peu de flottement sur certaines routes imparfaites et un peu de fermeté au passage des inégalités du sol, mais le compromis est de bon niveau. Le roulis en tout cas est bien maintenu, et la tenue de route ne pose pas de problème. Le Sharan est d'autant plus équilibré qu'il est le premier monospace à recevoir de série, sur toutes les versions, un système de contrôle de stabilité électronique ESP qui agit sur l'accélérateur et les freins, roue par roue, pour maintenir le véhicule sur sa trajectoire. Ce système peut, au besoin, être débranché par un bouton au tableau de bord.
A l'intérieur, le Sharan évolue aussi en recevant notamment une nouvelle planche de bord. Très bien finie, elle manque en revanche de gaieté, malgré sa partie inférieure traitée dans une deuxième couleur assortie à celle de la sellerie. Les cadrans, cerclés de chrome, restent placés face au conducteur, qui peut profiter,la nuit, de l'éclairage bleuté désormais cher à la marque. Très plate, la partie supérieure de la planche accueille deux boîtes à gants. Les sièges ont été redessinés, mais certains occupants trouveront que les dossiers sont encore un peu fermes. Le confort général n'en est pas moins satisfaisant, surtout à l'avant où la finition Confort, précisément, inclut des sièges pivotants avec réglage lombaire et accoudoirs centraux. Les trois sièges arrière coulissent, mais celui du milieu est muni d'une ceinture ventrale, et son appuie-tête, même abaissé, gêne la visibilité dans le rétroviseur. La présentation intérieure, enfin, apparaît luxueuse - un peu trop si l'on pense que la moquette du coffre est amenée à recevoir des vélos d'enfant pas forcément très propres, des seaux ou des chaussures mouillées...
Côté équipement, le Sharan Confort propose quatre airbags, l'air conditionné automatique à réglages gauche droit, l'ABS, l'ESP, etc. Mais l'autoradio ne comporte pas de commandes au volant, les rétroviseurs ne sont rabattables électriquement qu'en option, et les jantes en alliage Imola II équipées de pneus de 215/60 R 15, au lieu de 205/60 R 15, sont aussi une option - qu'il faut ajouter, si on le désire, aux 209 700 F de base du Sharan Confort. Volkswagen offre dans ce prix, du 15 juin au 31 octobre, un contrat de maintenance de trente-six mois ou 50 000 km, comprenant la garantie et l'entretien, y compris pièces d'usure. Il n'y a plus qu'à comparer...






























