Dans la famille des monospaces compacts, il existe autant de styles que de modèles. L'Opel Zafira et le Toyota Picnic lorgnent vers le haut. Le Renault Scénic modère son gabarit et reste fidèle à l'esprit de la gamme Mégane. Seul le Fiat Multipla fait bande à part pour suivre une voie nouvelle. A la croisée de ces chemins, le Mazda Premacy tente une synthèse qui, à défaut d'originalité, privilégie le côté fonctionnel. A peine plus court que le Zafira, il n'offre que deux rangées de sièges et cinq places. De 12 cm plus long que le Scénic, il dispose d'un coffre plus grand, ainsi que d'un volume intérieur supérieur. Moins familial qu'utilitaire, le Mazda Premacy se rapproche davantage de la philosophie break que de celle du monospace.
Du coup, en plus de la version 1.8 à essence, il adopte aujourd'hui une motorisation Diesel à injection directe, qui convient parfaitement à son style. Ce moteur de 2 litres à seize soupapes constitue le point fort de la voiture. Avec ses 90 ch, il n'est pourtant pas le plus puissant de la catégorie, le 1.9 dTi de la Scénic développant 100 ch. En revanche, son couple de 220 Nm à 1 800 tr/min surpasse celui de tous ses rivaux. Il procure un réel agrément de conduite ainsi que d'excellentes reprises, même en charge, quel que soit le rapport. Ainsi, en cinquième, le Premacy accélère, imperturbable, de 60 km/h à la vitesse maximale de 170 km/h.
Outre la vigueur du couple, l'autre avantage de ce moteur réside dans sa consommation très modérée: guère plus de 6 litres en usage mixte, et 7,2 litres seulement sur autoroute. A ce niveau aussi, la « su-Premacy » est totale. Tout serait parfait si le bruit du moteur ne couvrait ce concert de louanges, rendant la conversation difficile dans l'habitacle dès que la vitesse s'élève. Il n'est pas exempt non plus de vibrations, notamment à bas régime. Bref, comme pour ses confrères - à l'exception du Fiat Multipla -, la rampe commune d'injection lui fait cruellement défaut.
Reprenant le châssis de la Mazda 323, avec un empattement allongé de 60 mm, le Premacy ne présente pas les mêmes garanties d'équilibre que la berline. Poids supérieur, hauteur de caisse plus élevée, mouvements de roulis importants, tout concourt à lui donner un comportement beaucoup plus flou, tant dans la stabilité que dans la précision de la trajectoire. Les suspensions réussissent l'exploit d'être à la fois trop sèches et trop souples, mais toujours à contre-temps. Trop sèches quand il s'agit de filtrer les petites inégalités de terrain, trop souples quand il faudrait empêcher la voiture de se coucher dans les grandes courbes. Dans tous les cas, le confort à bord s'en ressent, et on est loin du comportement routier d'un Scénic. Le manque de rigueur et l'inertie du train avant ôtent toute précision à la direction et incitent à lever le pied dès que les virages s'annoncent. La paresse de ce train avant est mise en évidence sur le mouillé, où l'antipatinage se fait regretter alors qu'il est monté en série sur la version à essence.
Mazda a dû estimer que les utilisateurs de Diesel et leur façon de conduire ne méritaient pas tant d'attentions. C'est un point de vue qui se discute. En attendant, on pourra toujours profiter des avantages du monospace en matière de convivialité. Le Premacy présente tous les attributs du genre : bacs de rangement et porte-gobelets dans tous les coins et recoins, prise 12 volts, dossiers de sièges qui basculent à l'horizontale pour faire office de tablettes. La modularité reste cependant limitée au repli total des sièges arrière vers l'avant. Ils peuvent également se démonter aisément pour accroître la place disponible. Car, à l'arrière, l'impression d'espace est démentie par les faits. Pour occuper les trois sièges individuels, vu l'étroitesse des assises, il est recommandé de les réserver aux enfants, ou alors à des passagers aux hanches et aux épaules étroites. En revanche, le volume du coffre et son accès ne souffrent aucune critique. A ce niveau, le Premacy fait mieux que ses concurrents.
Pragmatique, le petit monospace Mazda a choisi ses priorités : un moteur performant et économique, ainsi qu'une capacité de chargement supérieure. Pour séduire, il y a ajouté un niveau d'équipement de haut de gamme avec, entre autres, l'ABS et les airbags frontaux et latéraux, la climatisation et un système audio avec commande au volant. Le tout emballé dans un prix compétitif de 134 990 F. De quoi faire oublier le reste.





















