Les nostalgiques des versions Cosworth de Ford auront dû patienter une bonne dizaine d'années avant de voir apparaître une digne descendance. La Focus a été la première à endosser la tenue ST. Une dénomination destinée aux adeptes de la conduite tonique, et qui sera ultérieurement déclinée sur la Fiesta. Pour l'heure, elle habille la plus familiale des berlines Ford, la Mondeo. Cette aguicheuse version ST 220 annonce de façon plus prononcée son appartenance au clan des berlines sportives. La « petite » Focus ST 170 affiche en effet une ligne « politiquement correcte » où les ajouts de carrosseries sont très peu nombreux. Il faut d'ailleurs avoir l'oeil pour savoir à qui on a affaire.
Avec la Mondeo ST 220, pas de doute possible. Les appendices aérodynamiques sont plus nombreux, plus proéminents, sans pour autant sombrer dans l'excès. Bien campée sur des roues de 18 pouces, la ligne dynamique de la Mondeo se prête assez bien à l'exercice. L'ensemble est alléchant, surtout vu de l'arrière où la double sortie d'échappement chromée trahit la présence d'un sympathique moteur sous le capot.
Si le bloc quatre cylindres turbocompressé a fait les beaux jours de la Sierra Cosworth, sa descendance table sur six cylindres en V. La Mondeo ST 220 hérite, en effet, d'un V6 de 3 litres déjà présent sous le capot de la Jaguar X-Type et légèrement modifié pour l'occasion. Affichant 226 chevaux à 6 150 tr/min et 280 Nm de couple à 4 900 tr/min, il est moins puissant de 8 chevaux que son homologue anglais. Cependant, la Mondeo ST 220, plus légère, se satisfait amplement de cet état. En dépit d'une boîte à seulement 5 rapports, elle affiche une forme étonnante. Le 0 à 100 km/h est avalé en 7,4 secondes et la vitesse de pointe culmine à 243 km/h. Ce moteur souple à bas régime permet une utilisation « familiale ». Une fois la banquette arrière vide, le conducteur pourra exploiter avec bonheur la volonté du moteur au-delà des 4 000 tr/min. Les envolées sonores accompagneront agréablement les montées en régime, poussant même l'envie de tirer sur les rapports à tout bout de champ. Cette Mondeo est donc une sportive de compromis, à l'image de sa suspension.
Dotée d'un châssis sport, la ST 220 arrive tout de même à dégager un confort très appréciable sur autoroute ou sur bitume bien entretenu. L'amortissement maintient les mouvements de la caisse et filtre convenablement les irrégularités. Dès que la cadence s'accélère, la bête se tend. Les muscles des jambes travaillent avec autorité sans jamais atteindre la tétanie. La direction est précise, pas trop assistée et retransmet avec fidélité la lecture de la route. On sent la Mondeo vivre et l'on profite pleinement de l'adhérence optimale des pneus de 225/40 R 18 en courbe.
La ST 220 semble sans limite et l'on apprécie finalement la présence d'aides électroniques très discrètes mais bien présentes. A ce niveau d'efficacité, on aurait aimé un freinage plus mordant. Un point d'ombre que la Mondeo partage avec bon nombre de sportives modernes. Accélérer vite, c'est bien, mais freiner encore plus vite, c'est mieux. Et s'il fallait faire un ultime reproche à cette voiture, ce serait celui de se laisser un peu trop malmener par la puissance. Les effets de couple dans la direction sont très importants : il faut ainsi constamment tenir le volant - ce n'est pas plus mal - et régulièrement opérer des corrections de cap.
Pour le reste, la ST 220 est une Mondeo classique avec un équipement ultra complet, un habitacle spacieux et bien fini pour un prix, finalement, pas si dissuasif.










































