Dans la famille Z3, on connaissait les « petits » quatre-cylindres, 1,8 et 1,9, et les « gros » six-cylindres, 2,8 et M 3,2. Il y aura désormais un « moyen » en l'occurrence, un roadster doté de la mécanique 320 i, qui vient remplacer le 1,9 à quatre cylindres. Dans le même temps, la version la plus simple reçoit à son tour le moteur de 1,9 l, mais dans son exécution sage de 115 ch, celle de la 318 i. Une simple affaire de standardisation dans la gamme : ses performances n'évoluent pas, et ses consommations demeurent stationnaires.
Pour sa part, à mi-chemin des gros calibres inaccessibles, comme les Porsche Boxster ou Mercedes SL, et des roadsters plus économiques, comme les Fiat Barchetta ou Mazda MX-5, la Z3 2.0 entend toujours marcher sur les plates-bandes de la Mercedes SLK et de l'Alfa Romeo Spider. Simplement, elle dispose désormais d'un argument de choc : un six-cylindres à la sonorité mélodieuse. Ce faisant, BMW prend surtout les devants. Car, bientôt, arrivera une Audi TT Spider plus performante qui risque fort de faire de l'ombre à cette Z3 « moyenne »...
L'intérêt principal de la Z3 résidait dans sa ligne. Elle n'a rien perdu de son charme, malgré les ans et les risques de banalisation. Ceux qui lui trouvent une dégaine de m'as-tu-vu, feraient bien de se souvenir de la Jaguar E. En son temps, elle était chère, ce qui la mettait effectivement à l'abri de cette réputation péjorative, mais elle n'appliquait pas d'autres recettes en matière de style. Un long capot, des sièges sur les roues arrière, cela n'a rien de désobligeant tant qu'on évite la vulgarité. Or être fabriquée aux Etats-Unis, cela ne rend pas obligatoirement vulgaire. Les galbes habiles et cohérents de la Z3 lui évitent cet écueil, sa légitimité historique aussi.
Dans le cas précis de cette variante 2.0, il faut dire que le moteur limite également les risques. Car il ne déroge pas à la règle de BMW : par sa douceur et ses vocalises, il distille au quotidien un agrément qu'aucun V6, sinon l'Alfa Romeo, n'est en mesure d'offrir. Ni trop étouffé ni trop présent, il propose un équilibre délicat, toujours difficile à doser : suffisamment discret pour ceux qui apprécient les côtés bourgeois du six-cylindres, il sait aussi chanter et moduler sa voix pour les esthètes. C'est selon l'envie du moment.
Certes, ce moteur de 2 litres n'a ni la vigueur ni le coffre de la version de 2,8 l. Mais le propos d'un tel roadster n'est pas la performance pure, et la boîte est d'un maniement si plaisant qu'y recourir n'est jamais une punition. Il faut aussi garder à l'esprit que la Z3 pèse 170 kg de moins qu'une berline 320i, ce qui redonne un peu de vigueur à ses reprises.
Le confort n'est toujours pas l'argument premier de la Z3. L'isolation acoustique est bonne ; la visibilité, une fois capotée, est plutôt supérieure à la moyenne des autres cabriolets. Mais les sièges manquent de maintien, les suspensions restent trépidantes, et la rigidité d'ensemble laisse un peu à désirer.
Quant à l'équipement d'origine, il n'est guère généreux : sur l'Alfa Romeo, alarme, climatisation et sellerie en cuir sont livrées en série. Enfin, mais, là, c'est assez habituel avec les cabriolets, on subit d'importants remous, une fois décapotée. Le très efficace filet antiturbulence n'est disponible qu'en accessoire.
N'allez pas y voir pour autant et uniquement une voiture de jeunes. Son raffinement mécanique et la sagesse de son comportement routier l'adressent en effet, sans équivoque, à des adultes. Son équilibre d'ensemble, notamment, se révèle des plus sécurisants. Le train arrière est sans états d'âme, bien muselé par l'antipatinage de série, et le train avant peut compter sur une direction réussie, ni « pendulaire » ni trop nerveuse.
Sachant qu'une Z3 1.8 coûte 24 500 F de moins, et qu'une Z3 2.8 coûte 34 000 F de plus, mais avec sellerie en cuir, climatisation, phares supplémentaires et ordinateur de bord, la Z3 2.0 constitue un palier intéressant. Plus justifié, en tout cas, que l'ancienne 1,9 l, qui se démarquait assez peu de la 1,8 l de base.
Attention, cependant, si la berline 320i peut disposer d'une boîte automatique à cinq rapports, celle de la Z3 2.0 n'en compte que quatre. Cela se comprend sur le plan technique : sous le capot de la Z3, la place est comptée, et c'est aussi ce qui empêche les Z3 M de recevoir la boîte à six rapports des M3. L'ennui, c'est que le supplément de prix pour cette boîte d'ancienne génération est similaire à celui réclamé sur une 320i ! Il n'y a pas de petits profits chez BMW...












