L'initiatrice des compactes surpuissantes fait peau neuve. Avec davantage d'attributs décoratifs et... moins de caractère.

Années 60, aux Etats-Unis, la mode était aux « muscle cars ». Le principe ? Mettre le plus gros moteur de la gamme disponible dans le coupé le plus petit.
Des années plus tard, Mazda s’en est inspiré, en placant un quatre cylindres de 260 ch dans une compacte… traction avant. A quelques odeurs de gommes brûlées près, cela est passé. Donc, motivé les concurrents à faire de même. L’escalade a culminé l’an passé chez Ford : 305 ch dans la Focus RS.
Revenons à notre japonaise. Qui aujourd’hui, est presque la moins puissante de la catégorie ! Son moteur étant resté identique, elle a travaillé sur les points critiquables. D’abord, elle s’est offert une gueule : prise d’air béante, jantes araignées, double sortie d’échappement et aileron imposant. Ensuite, a amélioré son efficacité : suspensions retravaillés, freinage plus gros. Et pour ne froisser personne, a encore soigné son équipement, désormais digne d’une routière haut de gamme : navigation GPS, sièges chauffants, radar anti-angle mort de série.En piste !
Première accélération et... première déception. La Mazda ne décolle pas si fort que prévu : au démarrage, le couple est limité pour préserver la motricité. Résultat ? La poussée semble plus violente en seconde qu'en première vitesse ! Et chaque rapport suivant colle au siège de même manière. E
n clair, la MPS n’a pas perdu sa bonne santé. Mais si le compteur monte très, très vite à plus de 200 km/h, l’auto n’assène plus la claque de l’ancienne : la puissance arrive plus progressivement. Le sifflement du turbo ne s’entend plus du tout. Et passé 5 500 tr/min, la puissance s’évanouit.Arrivent les premiers virages, et notre hâte de voir si la 3 y a progressé. En termes d’efficacité, oui, légèrement. En termes d’agilité, pas vraiment : les inscriptions en virage s’effectuent sans franchise, les changements de cap révèlent une certaine inertie. En entrée d’épingle, le train arrière ne dérive pas au lâcher d’accélérateur pour aider à tourner. En sortie, la motricité souffre un peu moins car le turbo ne souffle pas : même avec l’ESP débranché, l’électronique régule le couple pour préserver la traction. La bourrasque ne revient donc qu’une fois les roues droites. Un peu frustrant en conduite enlevée.
Du calme...
Dès lors, mieux vaut ne pas prendre la nouvelle MPS pour ce qu’elle n’est pas (une sportive radicale...), et adopter à son volant une conduite dynamique, mais coulée. Vous profiterez ainsi de ses relances excellentes sur les rapports supérieurs. De sa stabilité en grandes courbes, où son train avant « mord » l’intérieur à l’accélération grâce à son différentiel autobloquant. Ou de son confort de suspension bienvenu au quotidien, mâtiné d’un équipement pléthorique. Conclusion
Au final, la MPS est une bonne auto : performante, polyvalente, très bien équipée. Mais son aïeule possédait ce petit supplément d’âme, ce côté « voiture surmotorisée mais très discrète » qui la rendait plus attachante. La nouvelle s’adresse donc à un nouveau type de clientèle, à la fois plus sage et plus soucieuse de son image. Plus fortunée aussi, car en saturant son habitacle d’équipement, la Mazda a perdu son prix d’ami : 30 450€, soit 3 000 € de plus que l’ancienne. Voilà qui semble risqué...

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