En un peu plus de deux ans de présence en France, le Premacy s'est vendu à 2 900 exemplaires. Un chiffre très décevant en regard du potentiel du marché des monospaces compacts et des prestations honorables du véhicule. La nouvelle direction de Mazda France - filiale de Mazda Corporation depuis avril - compte bien inverser la tendance. Elle profite du lancement de la « phase II » de ce véhicule dès ce mois pour revoir ses tarifs et orchestrer une campagne de communication.
Une nécessité car, à force de discrétion, le Premacy est tombé dans l'oubli. Et ce n'est pas les subtils changements esthétiques qui vont lui permettre de
se faire remarquer. En effet, seul un oeil exercé distinguera les modifications concernant les boucliers, les feux avant, la vitre de coffre et les feux arrière. Ce léger restylage s'accompagne d'un travail en profondeur au plan technique. La caisse a été rigidifiée pour parfaire le comportement routier, les trains roulants ont été revus pour améliorer le guidage et la stabilité, l'isolation phonique a été renforcée, et tous les modèles disposent désormais de quatre freins à disque.
A ces améliorations dynamiques, le Premacy ajoute les qualités qu'il a toujours eues. Sa modularité est exemplaire grâce à ses trois sièges arrière faciles à déposer et à son siège passager avant qui se rabat vers l'avant. On note aussi une finition de qualité qui fait honneur à la marque, une habitabilité correcte, un coffre de bonne contenance et une position de conduite agréable.
Pour relancer le modèle, Mazda France a multiplié le choix des finitions. Les cinq niveaux compliquent la gamme, mais l'équipement est complet dès le
deuxième niveau, LTX Pack (lire ci-dessus). L'accès à la GTX offre plus d'allure au Premacy avec la sellerie en velours, les projecteurs antibrouillard et l'accoudoir pour le siège du conducteur. Enfin, une finition « sportive » fait son apparition sous le label VTX (à partir de février 2002). Outre des éléments de style adaptés (boucliers plus expressifs, jupes latérales, compteurs à fond blanc, volant en cuir et jantes en aluminium de 16 pouces), cette finition de haut de gamme hérite du contrôle de stabilité DSC, d'une climatisation régulée et d'un amortissement affermi.
Le Mazda Premacy propose désormais un rapport entre le prix et l'équipement plus compétitif que ceux de la concurrence, mais ce bon positionnement n'empêche pas quelques mesquineries. Par exemple, le système audio ne comporte pas de lecteur de cassettes ou de CD. Pour en disposer, il faudra passer par les options.
Côté moteurs, un nouveau bloc à essence de 2 l fait son apparition à partir de la finition STX . Fort de 130 ch et secondé par une boîte aux rapports bien étagés, il apporte un réel agrément de conduite et de bonnes performances. Ce bloc est bien plus convaincant que le timide 1.8 de 100 ch de l'entrée de gamme. Mais, pour les monospaces, le véritable moteur de croissance est le Diesel. Le Premacy n'y échappe pas puisque 80 % des modèles vendus roulent au gazole. Et c'est justement là que le bât blesse.
Mazda n'a pas jugé utile de revoir son 2.0 DiTD, reconduit dans sa configuration de 100 ch avec une simple injection directe. Ce DiTD offre des performances tout juste suffisantes et, plus gênant, sa rusticité demeure. En dépit des renforts d'insonorisation, il reste très bruyant au ralenti et dans les phases d'accélération.
Du coup, les bonnes dispositions générales en sont altérées. Il est vraiment dommage de gâcher ainsi l'amortissement bien maîtrisé, le faible roulis, le freinage mordant, ou encore le guidage correct du train avant... Voilà qui démontre le manque de sensibilité du constructeur japonais pour le diesel. Un élément pourtant crucial pour pénétrer le marché européen, et français en particulier.
Toyota, avec son D4-D, ou encore Nissan, avec son VDI, l'ont bien compris
. Pour Mazda, les nouvelles technologies du Diesel, notamment la rampe commune d'injection, sont encore absentes du catalogue. Le grand monospace MPV devrait être le premier de la gamme à en bénéficier cette année, mais cette génération du Premacy devra s'en passer. Pour compenser ce retard sur ses concurrents, le Premacy joue la carte des tarifs. Tout en étant garantie trois ans ou 100 000 km, il s'affiche, en moyenne, 1 200 e (7 871 F) moins cher que ses rivaux à équipement équivalent. Le prix de leur silence.























