Il y a bien longtemps que la logique dénominative de certains constructeurs allemands a perdu... toute logique. Ainsi, BMW continue de nommer sa Série 3 « 316 » alors qu'elle est équipée d'un moteur de 1,8 l. Même constat chez Mercedes qui commercialisait une version C 180 à moteur de 2 l.
Traditionnellement, ces modèles représentent l'accès à la gamme. Néanmoins, leur embourgeoisement constant au fil des générations ne permet plus à des moteurs de faible cylindrée d'entraîner convenablement des berlines de plus en plus cossues. Mercedes revient tout de même à la logique des appellations en proposant une C 180K à moteur de 1,8 l, mais avec un compresseur. Cet ensemble développe 143 ch et place cette Classe C en concurrence directe avec une « grosse » Volvo S60 2.4. Petits bras contre gros poumons, le débat est lancé.
Mécanique
Mercedes propose donc un nouveau bloc de 1,8 l doté d'un compresseur mécanique. Une technique lui permettant de profiter de sa faible cylindrée, tout en offrant un rendement très appréciable. Une petite motorisation, c'est moins de poids, moins d'inertie, et moins d'appétit. Avec un compresseur, c'est une puissance de 143 ch et un couple constant de 220 Nm de 2 500 à 4 200 tr/min. De quoi concurrencer sans mal les 140 ch pour 220 Nm de couple du cinq-cylindres Volvo de 2 435 cm3. La S60 n'arrive pas, en effet, à imposer sa volumétrie. La Volvo est à la peine en performances, en consommation et, surtout, en agrément de conduite. La petite Mercedes joue de sa rondeur sur ses six rapports et permet des relances efficaces dès les plus bas régimes. La faible inertie du moteur n'entraîne aucun à-coup lors du passage des rapports, en bref, la Classe C sait se faire douce et docile. Mais Mercedes avant tout, elle sait aussi sortir ses griffes, et dans ce cas laisse la Volvo à la traîne. Le moteur suédois de 140 ch a du mal à être aussi convaincant à bas régime, et rechigne à monter dans les tours. La plage d'utilisation optimale n'est donc pas très large, obligeant à jouer plus souvent du levier à seulement cinq vitesses.
Châssis
La Classe C est une berline reconnue pour ses qualités routières. D'un tempérament assez sportif, elle s'accommode fort bien de sa mécanique volubile. Le conducteur adepte de la conduite incisive tire plaisir de cet ensemble, et, surtout, il n'a pas l'impression d'être à bord d'une Mercedes au rabais. La direction faiblement assistée retranscrit à juste titre les efforts effectués par un train avant accrocheur. Les suspensions, un peu fermes, travaillent dans le même sens et arrivent à dégager un confort acceptable. Cette propulsion est d'une remarquable efficacité, tout en étant aussi sécurisante qu'une traction. A l'image de la Volvo qui, elle aussi, reçoit un correcteur de trajectoire réagissant, certes, plus souvent. A sa décharge, il doit composer avec une suspension bien plus souple que celle de la Mercedes. Elle donne une liberté supérieure aux mouvements de la caisse qui influent davantage sur la trajectoire à suivre. D'autant que la direction très assistée n'est pas aussi précise que celle de la Classe C. La S60 est donc moins efficace, mais d'un confort plus moelleux, dont on profite pleinement sur autoroute.
Vie à bord
Mercedes ou Volvo, on est à bord de berlines de « prestige ». Que ce soit dans l'une ou l'autre, les passagers ont droit aux égards que l'on peut attendre de voitures de près de 30 000 €. La qualité de fabrication est, dans les deux cas, bien présente, et ce sera finalement une question de goût qui les départagera. La Mercedes propose un environnement très « classe », mais teinté d'une touche de sportivité. Siège ferme, position de conduite basse, la Classe C est également ergonomique grâce en partie à l'utilisation d'un volant multifonction bien pratique. L'habitabilité aux places avant est très satisfaisante, l'ambiance est lumineuse. Planche de bord plus imposante, sièges avant plus hauts et utilisation de matériaux sombres, la notion d'espace est moindre à bord de la S60.
Le prix n'influe cependant en rien sur la taille. Berlines familiales avant tout, Classe C et S60 ne disposent pas d'une habitabilité arrière supérieure à celle d'une Renault Laguna. La Mercedes tire tout de même son épingle du jeu en proposant, par rapport à la Volvo, un peu plus d'espace au toit et aux pieds. L'embarquement d'un troisième passager semble tout de même malvenu, ou alors plutôt dans la Volvo qui dispose d'une place centrale un peu plus confortable.
Equipement
A ce niveau de gamme, l'équipement est très complet (voir ci-contre). Chacune y va en plus de ses petites attentions : quand la Mercedes dit allumage automatique des phares, la Volvo répond capteur de pluie. Ne reste à l'avantage de la Classe C que le régulateur de vitesse et les réglages électriques de la hauteur d'assise et de l'inclinaison du dossier du siège conducteur et, à son désavantage, un prix bien supérieur.
Bilan
La C 180K propose un agrément de conduite et un niveau de performances très satisfaisants. La Volvo S60 correspondante et son volumineux moteur n'arrivent pas à être aussi homogènes. Moins dynamique, moins efficace, elle a pour elle un confort plus moelleux et un prix mieux calibré.





















