Dans le sillage des nouvelles berlines MG, le roadster lancé en 1995 fait peau neuve, même s'il ne dispose pas d'un toit escamotable. Le constructeur britannique met l'accent sur les performances, l'efficacité et l'agrément de conduite. En conservant les mêmes moteurs de la famille K, la MG TF 1,6 l passe de 112 ch à 116 ch, la version 1,8 l de 120 ch passe à 136 ch, et la version de 140 ch à 160 ch. Cette montée en puissance s'accompagne d'améliorations du rendement qui minimisent les valeurs de pollution et la consommation. Manquant globalement d'allant à bas régime, ces moteurs affichent un tempérament rageur, et une propension à monter rapidement dans les tours soulignée par une sonorité suggestive.
Ils sont couplés à une boîte de vitesses mécanique à cinq rapports à la commande ferme et précise tandis que l'étagement se relâche sur les rapports supérieurs avec une cinquième qu'on pourrait qualifier d'« autoroutière ». Une version à transmission automatique à variation continue sera également proposée pour les amateurs.
Réputée pour son instabilité à haute vitesse, la MG TF abandonne la suspension Hydragas interconnectée au profit d'un système classique avec triangles superposés à l'avant et bras multiples à l'arrière avec combinés amortisseurs télescopiques et ressorts hélicoïdaux. La rigidité renforcée de la coque et des berceaux d'ancrage permet aux nouvelles suspensions de travailler dans les meilleures conditions.
Bien amortie en compression, un peu paresseuse en détente, ce qui occasionne parfois un déclenchement désordonné de l'ABS, la suspension est beaucoup moins sujette aux trépidations, et la tenue de cap à haute vitesse est en net progrès. En virage, la MG TF montre un caractère sportif équilibré grâce à son moteur central avant de passer du survirage au sous-virage en fonction de la charge appliquée sur les essieux selon qu'on accélère ou qu'on freine. Dans ce domaine, si les étriers à quatre pistons des MG 160 font vraiment la différence, le freinage des autres modèles est suffisant et mieux équilibré que par le passé. Bon point aussi pour la direction à assistance électrique qui se distingue par sa précision et sa vivacité une fois assimilée l'absence de rappel et de jeu au point milieu. Ce tempérament sportif s'accommode d'un confort rare sur une voiture de ce type. Il gagnerait une étoile de plus avec des assises de sièges un peu plus longues et si on n'était pas tassé contre la portière au point d'être parfois gêné aux entournures dans les passages sinueux ou en ville.
A défaut d'offrir un toit escamotable, la MG TF présente un capotage facile à vivre agrémenté d'un filet antiremous efficace en série. On n'en dira pas autant du couvre-capote, si fastidieux à mettre en place qu'on roulera le plus souvent sans. Capote fermée, le niveau sonore est naturellement élevé, mais la toile est parfaitement maintenue, et elle ne flotte ni ne claque à haute vitesse. La lunette arrière souple s'ouvre indépendamment de la capote, une disposition très agréable en demi-saison, ou ne serait-ce que pour transporter un objet long sur quelques kilomètres.
Pour les frileux, le hard-top reste en option, noir ou dans la couleur de la carrosserie, et sa qualité de fabrication et d'ajustement justifie en partie son prix élevé de 1 600 euros. Quant au coffre, il faut faire avec les 210 litres du compartiment arrière accessible uniquement avec la clé de contact et chargé d'évacuer une partie des calories du moteur ! Impossible de glisser quoi que ce soit derrière les sièges, ou dans l'habitacle où on dispose d'une boîte à gants de bonne taille et d'un bac accoudoir avec couvercle entre les deux sièges. En équipement, MG privilégie les aspects cosmétiques avec, par exemple, un splendide intérieur en cuir pour les MG 135, tandis que l'air conditionné reste en option. Un choix conforme à la tradition des anglaises.
Sportive tout en restant confortable, la MG TF procure des sensations fortes que chacun dosera en fonction de ses goûts. C'est en cela qu'elle se distingue de modèles plus extrêmes, comme une Lotus Elise, ou plus "décoratifs", comme une Mazda MX-5. La MG TF 135 est certainement la version la plus homogène, la TF 160 faisant surtout la différence par ses freins.












