Contrairement au Galloper, dérivée du Mitsubishi Pajero des anciennes générations, le Santa Fe est un Hyundai pur. Les deux véhicules donnent de l'équilibre au catalogue de la marque coréenne. Ils ne visent pas les mêmes objectifs, le dernier-né ayant le profil du véhicule de loisirs (SUV) de classe moyenne, modeste par la mécanique, serviable par la taille et la charge utile. Le Santa Fe apparaît d'ailleurs comme un cas d'espèce, au milieu d'un peloton de concurrents assez hétéroclite, qui regroupe Honda CR-V, Opel Frontera ou Suzuki Grand Vitara. La motorisation V6 de 170 ch et la boîte de vitesses automatique à commande séquentielle le poussent surtout à rivaliser avec le Subaru Forester turbo ou le Land Rover Freelander V6, qui, lui aussi, dispose d'une boîte du même type.
De toute évidence, il y a de l'harmonie entre le profil de la carrosserie et la présentation intérieure. On retrouve en écho sur la planche de bord les rondeurs des emboutis. Toutes les formes procurent une sensation d'envergure, et ce, pour des dimensions plus citadines que celles des 4 x 4 à châssis longs. Semi-compact, le Santa Fe fait bon accueil aux passagers. Ses nombreux rangements seront complices des vacances et des voyages, et son hayon à ouverture verticale est une excellente solution pour une utilisation familiale.
La version V6 est de bonne fabrication, un peu stricte néanmoins, mais l'abondance des équipements est tout à fait satisfaisante en regard du prix proposé. La climatisation automatique et le cuir sont habituellement réservés à des hauts de gamme beaucoup plus coûteux. Avec ses projecteurs antibrouillard, son toit ouvrant et son régulateur de vitesse , le véhicule semble toujours prêt pour un grand départ. Ses créateurs ont eu l'intelligence de placer la commande de réglage de portée des phares entre les sièges, et l'interrupteur du signal de détresse au centre de la console de tableau de bord.
Velouté comme un V6 courtois de cylindrée moyenne, le moteur est d'abord une mécanique sociable. Mais la souplesse de fonctionnement l'emporte sur la nervosité. Ce 2.7 V6 24V est en vérité secondé par une boîte automatique trop calme pour l'exciter outre mesure. Le mode manuel séquentiel est en fait semi-automatique, la sélection n'offre que quatre rapports assez mal échelonnés qui, sur route secondaire, condamnent souvent la troisième à entretenir un rythme de croisière, qui devrait être assuré par la quatrième. Introduire une BVA 5 serait la plus judicieuse évolution future des Santa Fe V6.
Il n'y aura donc de vertige que si l'on écrase l'accélérateur, et si on taquine les virages à la cravache. L'autonomie, conditionnée par les 65 litres du réservoir, en souffrira, mais le châssis et la transmission intégrale s'adapteront très vite à des mises en appuis rapides et musclées. La maniabilité du Santa Fe V6 est comme une réponse à son sens de l'équilibre, à la compétence de ses roues indépendantes et de sa direction à crémaillère.
C'est principalement grâce à son comportement que le véhicule se montre véloce et dynamique. Mais sa vocation de 4x4 se cache derrière un tempérament un peu romantique.





























