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Mia electric innove pour mieux rebondir

Mia electric innove pour mieux rebondir

Renault n'est pas le seul constructeur français à avoir fait de la voiture électrique son fer de lance. Mia electric produit et commercialise son modèle zéro émission depuis bientôt trois ans. Le succès n'est pas encore arrivé mais l'entreprise ne manque pas d'idées pour gagner de l'argent.

A l’heure où le « made in France » est devenu une préoccupation majeure, Mia electric fait parler de lui. Né en 2010 des cendres de la division véhicule électrique d’Heuliez, ce petit constructeur conçoit et fabrique la Mia, un véhicule électrique du gabarit d'une Smart Fortwo (2,87m) imaginé par le designer Murat Günak, qui a œuvré chez Peugeot, Mercedes ou encore Volkswagen.

La Mia possède de solides arguments : sa petite taille et sa grande maniabilité la rendent appréciable en ville, les portes coulissantes facilitent l'accès à bord où trois à quatre personnes (selon les versions) peuvent aisément voyager. Le volume de chargement est suffisant  au quotidien (260 litres).

Malgré ces qualités, la Mia n’a pas trouvé son public. En 2012, le modèle s'est vendu à seulement 800 exemplaires (dont la moitié en France), alors que Mia electric ambitionnait d'en écouler 12 000, soit 15 fois plus.

« Le marché de la voiture électrique ne s'est pas développé aussi vite que nous le pensions », reconnaît Laurent Buffeteau, directeur général de l'entreprise.


De nombreuses innovations à venir

Malgré ces résultats, Mia electric ne baisse pas les bras. L’entreprise commence même bien l’année puisqu’elle vient de signer un contrat avec l’UGAP (la centrale d'achat de la fonction publique), portant sur l’achat de 500 véhicules sur trois ans.

Pour atteindre l’équilibre financier, Mia electric veut aussi conquérir de nouveaux marchés. Ainsi, elle a développé un pack « Grand froid » pour se développer en Norvège, premier pays européen de la voiture électrique. Ce pack, composé d'un système de couverture chauffante pour protéger la batterie, permet l'utilisation de la Mia à des températures inférieures à – 20°C .

A l'inverse, pour s'implanter dans les pays du Sud (Italie, Grèce, Turquie), Mia proposera une climatisation dès cet été. Conçu en interne, cet équipement a demandé un an de développement.

« Nous devions concevoir un système consommant un minimum d'énergie (1,4 kW, ndlr) qui n'affectait pas l'autonomie de la batterie », souligne Patrick Largeau, directeur produit chez Mia electric.

Pour rendre son véhicule plus polyvalent, Mia electric travaille aussi à l'élaboration d'une Mia fonctionnant à l'hydrogène. L'autonomie atteindrait alors près de 500 km, contre seulement 125 km pour la version électrique.

Un projet évalué à un million d’euros, à ce jour encore au stade de développement.
« Nous avons fait une demande d’aide à l’ADEME mais nous sommes toujours dans l’attente d’une réponse », affirme Patrick Largeau.

Séries spéciales

Pour faire du volume, Mia electric a également multiplié les séries spéciales (Blue Star, miAmore, miaparis...) et prévoit la commercialisation de nouvelles variantes pour élargir sa gamme.

La Rox sera l'une d'elles. Cette version découvrable possédera un toit et des portes en tissu amovibles pour profiter de la conduite à ciel ouvert. « Nous voulions revenir à une voiture simple et basique dans l’esprit de la Citroën Mehari », déclare Murat Günak.

Produite à seulement 25 exemplaires pour l’été, la Rox serait aussi moins chère à fabriquer du fait de l'absence d'éléments de carrosserie (toit et portes).
« Nous espérons la vendre 10 000 € », souligne Laurent Buffeteau. Dès lors, la Mia Rox pourrait devenir la voiture électrique la moins chère du marché.


L'usine de Mia electric en images


La Mia est produite sur le site d’assemblage des Citroën Saxo et Peugeot 106 électriques, produites par Heuliez à la fin des années 90.


Deux à trois véhicules sont fabriqués par jour. Il n'y aucun stock, toutes les Mia sont fabriquées à la demande. « Nous produisons ce que nous vendons », affirme Laurent Buffeteau.


Le châssis de la Mia arrive de chez Heuliez, situé à quelques mètres de l'usine. Il pèse 180 kg.


Le pôle R&D emploie 80 ingénieurs, dirigés par Patrick Largeau, un ancien de chez Peugeot. Ils travaillent aussi bien sur la structure, la chaîne de traction et les essais de crash-test informatisés.


Comparé aux « ateliers » d’un grand constructeur automobile, la chaîne est calme. Environ 30 personnes travaillent à la production, mais ils peuvent être une centaine en cas de forte demande.


La fabrication de la Mia est quasiment artisanale. Il y a un seul robot de précision pour coller les vitres.


530 mètres de faisceaux électriques circulent dans la Mia, c’est deux fois moins que dans un véhicule thermique.


Depuis le début de la production fin 2011, 1300 Mia sont sorties de l'usine. Mia electric s'est fixé comme objectif de vendre 1600 véhicules en 2013, soit deux fois plus que l'année dernière.


La Mia est fabriquée dans les Deux-Sèvres et la majorité des fournisseurs sont français. De quoi ravir le Ministre du redressement productif, Arnaud Montebourg.


Le moteur électrique est fourni par Leroy Somer. Ce bloc de 24 ch est alimenté par une batterie au phosphate de fer de 8 kWh ou 12 kWh (selon les versions). Elle pèse 130 kg.


Le service après-vente est situé dans l'usine, à côté du site de production. La Mia nécessite un entretien annuel de 250 €, soit quatre fois moins qu'un véhicule thermique équivalent (carburant compris).


En sortie de chaîne, les techniciens vérifient le parallélisme, l'éclairage et l'étanchéité des portes coulissantes.
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Commentaires
Voir tous les commentaires (5)
un pseudo libre

En réponse à Maggio, le principal actionnaire de Renault , c'est l'état. Je suis d'accord avec vous il faut laisser les entreprises mourrir selon les lois du marché. Quant à la Zoé, mieux finie, essayez de la brancher chez des amis qui n'ont pas la fameuse Wallbox !

un pseudo libre

En réponse à JPP27, un pays avec une industrie subventionnée ne s'enrichit pas. Quel avenir pour la MIA à partir du moment que les grands constructeurs vont sortir leurs modèles (type ZOE de Renault) qui seront de fait plus performants, mieux finis et bénéficiant d'un vrai réseau. Je penses que la relance de Heuliez par la région sur un projet aussi fragile est encore une fois la preuve que les politiques doivent laisser les entreprises vivres et mourrir selon les lois du marché.

un pseudo libre

Bonjour, Il est facile de dénigrer quand cela ne fonctionne pas. Je soutiens la région qui a pris ses responsabilité en sauvant une industrie qui a un produit innovant. Certes, cette région a investi quelques millions d'euros, mais l'actionnaire principal, Edwin Kohl, en a investi encore plus de sa poche, hier et aujourd'hui. La région ne s'est donc pas lancée "toute seule", et je pense que ce produit va se développer dans les années à venir. Le scandale est plus du côté de Florange. L'inaction des pouvoirs publics me désespère. Cet ensemble industriel, performant, va tout droit à la casse. Uniquement pour des raisons de "finances mondiales". Quand ce pôle sera-t-il sauvé ? Cela pourrait passer par une nationalisation/privatisation instantanée, comme cela s'est fait pour une papeterie, par la Région Basse-Normandie. Quoiqu'il est soit, la prospérité d'un pays se mesure surtout à son industrie ! Un pays sans industrie s'appauvrit. Cdt. CP

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