Après un restylage efficace en début d'année, la Mitsubishi Carisma s'offre aujourd'hui un nouveau moteur Diesel à rampe commune, alors que l'ancien se contentait de l'injection directe. Disponible en deux puissances - 102 ch ou 115 ch -, ce nouveau bloc de 1,9 l n'est pourtant pas un inconnu. Chez Volvo, avec qui Mitsubishi partage une usine aux Pays-Bas ainsi qu'une plate-forme commune pour la Carisma et la S40, il équipe la version diesel de ce dernier modèle. Chez Renault, il s'appelle tout bonnement dCi, et c'est bien lui qui, sous des appellations différentes, se retrouve sous le capot de la suédoise comme de la japonaise.
Du coup, cette Mitsubishi Carisma s'internationalise encore un peu plus. Nipponne de naissance, néerlandaise de construction, germano-américaine dans son capital, elle ajoute à ce passeport baroque la nationalité française de son moteur. Ce grand brassage réussit d'ailleurs plutôt bien à cette Carisma DI-D dont la dénomination Sport indique qu'elle dispose de la version la plus puissante du moteur 1.9. La Carisma DI-D Classic se contentant de la version 102 ch.
Berline familiale et donc sage dans son apparence, la Mitsubishi Carisma se distingue toutefois par l'agressivité de sa calandre étroite et par les nervures marquées de son capot. Plus doux et plus rond, le hayon fuyant fait la part belle à l'imposante surface vitrée de la lunette arrière. Bien campée sur des jantes en alliage de 15 pouces, la voiture respire le sérieux dans son allure. Et les quelques traits de caractère cités précédemment ne pourront empêcher de la considérer comme impersonnelle. Mais, dans cette catégorie, la discrétion et l'anonymat sont d'abord des vertus.
Le même minimalisme a prévalu dans le design intérieur qui brille surtout par son absence d'éclat et de chaleur. Pas un chrome ne vient rehausser l'aspect sombre des plastiques de la planche de bord et des tissus des sièges. Même l'encadrement façon alu de la console centrale reste désespérément sinistre. Cela dit, la qualité d'un habitacle ne se juge pas seulement à l'oeil, mais aussi à sa capacité d'accueil.
A ce niveau, celui de la Carisma mérite bien des compliments. Les grandes surfaces vitrées accroissent une impression d'espace bien réelle. A l'avant, les sièges procurent un excellent maintien latéral, et la longueur de l'assise augmente leur confort. Il est seulement dommage qu'ils ne se règlent pas en hauteur. A l'arrière, des adultes seraient parfaitement installés s'ils disposaient d'un peu plus de longueur aux jambes ainsi que de bacs de rangement dans les portières. L'inclinaison du dossier de la banquette est également légèrement excessif. Ces places arrière, plus limitées, profitent à un coffre dont le volume, la profondeur et la largeur d'accès sont remarquables.
Spacieuse, sobre, sinon triste, la Carisma est aussi fort bien équipée avec son système audio à six haut-parleurs, ses quatre vitres électriques à impulsion, son ordinateur de bord et sa climatisation automatique. Sans esbroufe et pour un prix de 135 900 F, elle se situe dans le haut de gamme de sa catégorie. Son nouveau moteur Diesel, lui aussi soucieux d'économie, de discrétion et d'efficacité, s'inscrit idéalement dans ce schéma pragmatique. Dans cette version 115 ch, il procure d'excellentes performances tant en vitesse de pointe qu'en accélérations, même si les 10"4 annoncées par le constructeur pour atteindre 100 km/h nous paraissent un peu optimistes.
Plus que ces valeurs chiffrées, le moteur français procure surtout un agrément exceptionnel par son gros couple disponible dès 1 750 tr/min. Grâce à lui, le cinquième rapport, autoroutier, n'a même pas à pâtir de sa démultiplication. Performante mais sobre, la Carisma Sport se contente d'une consommation de 5,4 l de gasole en utilisation mixte. Elle se distingue encore par l'efficace insonorisation de son habitacle où le moteur se fait discret, y compris dans les hauts régimes qu'il ne rechigne point à fréquenter.
Le châssis se montre lui aussi étonnant par la précision de son comportement et par la qualité de ses liaisons au sol. Bien filtrées, les suspensions gèrent aussi bien la tenue de route que le confort des passagers. Même sur revêtements dégradés, la Carisma maintient sa trajectoire en courbes, et l'absence d'antipatinage ne pénalise en rien un train avant à l'excellente motricité. Quant au freinage à quatre disques, il se montre performant et endurant, la sensibilité à la pédale autorisant le dosage adéquat.
Toutes ces caractéristiques donnent à la Carisma DI-D un comportement aussi enjoué que sécurisant dans des conditions de confort remarquables. Par contraste, elles font aussi ressortir le côté conventionnel de cette voiture, victime d'un aménagement intérieur triste et dépourvu de caractère, à l'exact opposé de son tempérament. La Carisma vaut bien mieux que ses apparences.












