Le Montero, qui débarque comme une nouveauté, est en réalité une vieille connaissance. Ce n'est ni plus ni moins qu'un Pajero de la génération de 1997. Il a été rappelé
dans les rangs de la gamme afin d'offrir à la clientèle un modèle abordable, moins lourd à financer que les nouvelles versions 3.2 Di-D, dont les roues indépendantes et la caisse autoporteuse n'évoluent pas à des altitudes très économiques.
Le Montero a plusieurs cordes à son arc. Bien que dessiné il y quatre ans, son esthétique est encore suffisamment jeune pour plaire. Les ailes gonflées sont un peu prétentieuses, mais la physionomie a du charme. Cette caractéristique est importante lorsqu'un constructeur souhaite ne pas donner le sentiment qu'un modèle réchauffé est poussiéreux. La valeur technique de l'ex-Pajero est d'autre part reconnue. Le moteur 2.5 TD tourne sagement sous les capots de la famille Mitsubishi depuis des années, sans faiblesse chronique.
On retrouve d'ailleurs ces excellentes dispositions dans la personne du Hyundai Galloper qui, lui aussi, est un héritier de la saga Pajero.
D'un prix attrayant et d'une bonne volonté manifeste, ce 4 x 4 coréen a démontré que les bases étaient saines et qu'un tel moteur pouvait encore se défendre, aussi bien sur la route, que dans de vertigineux décors de montagne. L'apparition du Montero lui coupe, certes, un peu l'herbe sous les pneus, mais avec l'arrivée prochaine du Terracan, l'avenir de Hyundai est en bon chemin.
Il est vrai que le Montero ne séduit pas uniquement par son charme ou sa fiabilité supposée. La cohérence des anciens Pajero ne fait aucun doute, à l'exception du petit volume utile propre aux châssis courts, seule véritable cause de rupture avec les familles nombreuses. Au reste, le moteur est sagement dynamique, volontaire et endurant. Les liaisons au sol sont fidèles, elles laissent au conducteur un degré de liberté et de maniabilité dont tous les 4 x 4 ne peuvent se prévaloir. La charge utile, bien que disproportionnée avec les dimensions intérieures, est intéressante.
L'équipement cherche le ton juste sur la barre des 160 000 F. Il semble, toutefois, légitime de déplorer le retour d'une chaîne cinématique classique, alors que, Mitsubishi dispose depuis 1991 du très appréciable système Super Select, combinant le 4 x 2 avec les modes 4 x 4 permanent et bloqué. Le lot de consolation n'est autre qu'un blocage de différentiel qui, d'un coup d'interrupteur, efface presque toutes les angoisses du trial. On peut saluer l'ABS et les deux airbags, accorder une indulgence pour le seul prééquipement radio, mais on peut également pointer un doigt désapprobateur sur l'absence de télécommande de verrouillage centralisé.
L'encombrante porte arrière et la taille des pneus, parfois gênante en tout terrain, ne sont que des faiblesses mineures en regard de qualités précieuses. Les suspensions sont, disons-le, d'une raideur confortable, et elles ne se laissent pas avachir dans les courbes serrées. Avec un bon maintien et une saine notion des trajectoires, le Montero reprend à son compte la «philosophie» de 4 x 4 routier qui a fait les belles heures du Pajero. Son freinage se révèle capricieux, mais l'habitude aidant il se laisse apprivoiser. Compte tenu du couple et de la puissance déclarés, les prestations dynamiques conservent le véhicule
dans une humeur à la fois touristique et marathonienne. Sa démultiplication finale, assez courte, lui permet de dialoguer avec les chronos. Il démarre franchement et reprend très bien. Si on jette le poids à vide dans la balance, on voit que le Montero ne garde pas sa cavalerie en sommeil. Cependant, il lui faut pour cela quelques calories, et son bilan de consommation en souffre un peu, principalement à vitesse de croisière ou à cadence variable.
On devine que le Montero ne fera pas la une des Salons de l'auto. Toutefois, il aura certainement la cote auprès des amateurs de 4 x 4 dont la passion est sincère et dont le portefeuille est assez près du coeur.
















