Désormais, pour briguer une carrière commerciale européenne florissante, une berline doit disposer d'une solide gamme diesel. Dans ce domaine, Volkswagen, et ses TDI, semble tenir le haut du pavé et pousse les autres constructeurs à l'imiter.
Renault s'y est donc mis, et propose une gamme Laguna forte de quatre moteurs Diesel dCi allant de 100 à 150 ch. Les arrivées du petit dCi de 65 ou de 80 ch équipant la Clio, mais aussi du dV6 d'origine Isuzu de 180 ch animant la Vel Satis permettent au constructeur français d'élargir son tableau de compétence. Face à cela, Nissan n'oppose pas la même richesse. Les marchés japonais et américain où Nissan est fortement implanté ne sont certes pas friand de ce genre de motorisation. Dès lors, le développement coûteux de tels moteurs ne semble pas s'imposer pour le constructeur nippon.
Hormis l'actuelle Micra et son vieux moteur 1.5 D emprunté au groupe PSA et le gros bloc 3.0 VDi animant les 4 x 4, il gère sa proposition diesel autour d'un 2.2 VDi trônant, en différentes puissances, sous les capots des Almera, Tino, X-Trail et... Primera.
C'est sous cette carrosserie revisitée qu'il délivre le plus de puissance. Culminant à 126 ch, ce quatre-cylindres à seize soupapes fait appel à une rampe commune d'injection, à un turbo à géométrie variable et à un intercooler.
Techniquement moderne, il paraît cependant, à l'utilisation, désuet. Malgré un couple de 280 Nm disponible à 2 000 tr/min, il manque de volonté dans les bas régimes, se montre bruyant et rugueux et, finalement, consomme un peu trop. Peu aidée par une boîte à six vitesses à la commande accrocheuse et à l'étagement long - la vitesse de pointe s'obtient plus volontiers sur le cinquième rapport -, la Primera VDi ne propose pas l'onctuosité d'une Laguna dCi 120.
Plus alerte à tous les régimes et disposant d'une boîte de vitesses à la commande engageante et à l'étagement judicieux, la Renault dispense un agrément de conduite très appréciable. Dynamique au besoin, elle sait se montrer douce, révélant ainsi l'excellente filtration de sa suspension.
La Laguna met en effet un terme à la suprématie de la Peugeot 406 en termes de comportement routier et, d'une manière plus générale, de sécurité. Nouvelle référence du segment, la familiale du Losange est carrée dans cet exercice. La tenue de route est exemplaire. Les suspensions travaillent en finesse, procurent un confort de conduite de premier choix. La direction, un peu légère à haute vitesse, reste cependant précise et directe. Et, lorsque le conducteur déborde d'enthousiasme, l'électronique réagit avec vivacité et efficacité : l'ESP ne se contente pas de remettre la Laguna sur sa trajectoire, mais il l'empêche d'en sortir.
Un équipement qui fait défaut à la Primera diesel puisqu'il est réservé à la version 2.0i. Cette Nissan s'en passe, même si le train arrière montre un peu trop d'enthousiasme à prendre le large. La Primera ne pose cependant pas trop de problème à dompter. Dans l'ensemble, l'efficacité de la tenue de route est bonne mais se fait au détriment du confort. La suspension est assez ferme et trépide sur les sols à fortes irrégularités. La stabilité de l'ensemble est également mise à mal par une direction, certes à assistance variable, mais peu informative et trop laxiste. Les sensations rendues par le volant sont trop gommées, et les roues se laissent chahuter par le bitume et par l'effet de couple du moteur. Le freinage n'est également pas à la hauteur de celui de la Renault. La pédale est plus spongieuse et le système d'assistance au freinage d'urgence est moins efficace.
Pour s'imposer, la Primera devra plutôt compter sur son originalité et sur son niveau d'équipement. L'habitacle intègre une planche de bord pour le moins intrigante. Elle semble tout droit sortie d'une navette spatiale !
L'instrumentation centrale a le mérite d'être claire et toujours visible, quant au promontoire intégrant le tableau de commande N-Form, il tombe bien sous la main. Ce système permet de gérer du bout des doigts la climatisation automatique, l'autoradio lecteur de CD, le téléphone, l'ordinateur de bord et le GPS (en option).
L'écran de contrôle de bonne taille permet en outre de retransmettre les images filmées par la caméra arrière. Exit, donc, le bon vieux radar de recul au son strident, la marche arrière est sous télésurveillance ! Un équipement innovant, et complet puisque la Primera Acenta propose en plus six airbags, les quatre vitres ainsi que les deux rétroviseurs extérieurs électriques, le rétroviseur central électrochrome, les jantes en alliage et le détecteur de pluie.
Bien que plus chère, la Laguna Expression ne peut s'aligner. L'ordinateur est bien moins complet, le rétroviseur central est basique, et il sera l'unique moyen pour surveiller la marche arrière, les jantes sont en tôle et il faudra épier avec attention les caprices météorologiques. Mais la Laguna, c'est aussi une carte de démarrage et un habitacle plus classique, mais plus cossu. Par rapport à la Primera, les plastiques sont de meilleure qualité, l'insonorisation est sans commune mesure, les sièges sont plus enveloppants et moins fermes, et les espaces de rangement sont nombreux. Une familiale qui a les pieds sur terre.














