Face au succès grandissant des SUV et assimilés, certains modèles ont bien du mal à tenir le choc. C'est le cas du Terrano II dont les immatriculations 2001 ont chuté de près de 20 % dans l'hexagone, et qui se retrouve en neuvième position au palmarès des ventes.
En vérité, le Terrano II est vieillissant, un peu défavorisé par son habitabilité en version à trois portes, plus spacieux en châssis long, mais encore très étroit pour ses dimensions hors tout. Il bénéficie néanmoins d'une image populaire que Nissan essaye d'entretenir au mieux.
L'arrivée d'une nouvelle mécanique, le moteur 3.0 Di à 16 soupapes et injection directe par rampe commune emprunté au Patrol GR, est la composante principale de cette stratégie. En conséquence, les forces de vente se réservent la possibilité de commercialiser un modèle à deux vitesses. Le gentiment dynamique 2.7 TDi poursuit sa carrière en compagnie d'un musculeux 3.0 Di ambitieux, capable lui-même de rivaliser avec le GR, au risque d'en détourner une partie de la clientèle. Les deux 4 x 4 Nissan se trouvent aujourd'hui dans une fourchette de prix comparable, et le très massif GR - pourtant plus moderne - pourrait bien en pâtir.
Quel que soit l'avenir du GR, celui du Terrano II est sursitaire. Toutefois, compte tenu de sa vitalité et de sa sobriété, ce répit lui sera probablement profitable, du moins en version 5 portes 7 places, considérée comme la référence du 4 x 4 familial et randonneur. De bonnes ressources en traction sont suggérées par la mécanique. Parallèlement, la charge utile est digne d'un tout-terrain lourd, et malgré un tour de hanches qui met presque les passagers les uns sur les autres, le coffre peut atteindre une capacité généreuse une fois tous les sièges rabattus ou retirés.
Disponible en deux finitions, Ultimate et Excess, qui se démarquent des versions Sport et Luxe proposées en 2.7 TDi, le 3.0 Di propose un équipement teinté d'une évidente richesse. La sécurité ne compte pas de faiblesse, les accessoires sont nombreux.
Sur la route, le 3.0 Di long est ambitieux. Infiniment moins lourd que le GR, sarcastique envers un aîné auquel il doit pourtant le respect, il est naturellement beaucoup plus nerveux et endurant. Il ne craint pas de festoyer sur les petites routes sinueuses dans la mesure où il est mené avec poigne. En comparaison du 2.7 TDi, la vitesse maximale est en hausse de près de 20 km/h, les accélérations comme les reprises sont pulvérisées de plus de deux secondes. Et tout ceci avec un bilan énergétique favorable qui se traduit par un gain moyen supérieur à 1 litre aux 100 km.
Cela étant, le potentiel du nouveau moteur ne sera réellement appréciable que sur de grandes liaisons. Si le Terrano II conserve une bonne maniabilité, les éléments porteurs sont parfois perturbés par les hautes performances. Autrefois molles et pâteuses, les suspensions et l'amortissement avaient trouvé le ton juste sur les 2.7 TDi de la dernière génération. Cette homogénéité est moins flagrante avec 154 ch sous le pied ; le châssis est plus sensible aux coups de volant brusques et aux rappels de roulis, le freinage manque parfois de stabilité en situation critique.
Le Terrano II poursuit sa carrière sur un bilan dynamique assez positif, mais en 3.0 Di Excess son prix n'est plus tellement au diapason de sa personnalité.











































