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Nos baptêmes en Peugeot 307 WRC, 306 Maxi et 205 Turbo 16 à Montlhéry

Peugeot 205 T16 stands
Le plateau "groupe B" prend le départ, dans la ligne des stands de l'autodrome de Linas-Montlhéry.

C'est l'histoire d'un passionné qui, à l'occasion des Grandes Heures Automobiles de Montlhéry, réalise trois rêves de gosse en moins de deux heures. Trois baptêmes en copilote, dans trois légendes du rallye Peugeot : 307 WRC, 306 Maxi et 205 Turbo 16. Récit ému.

Autodrome de Linas-Montlhéry, 23 septembre 2017, festival des Grandes Heures Automobiles. Stationnés en parallèle, mes trois taxis du jour m’envahissent de frissons dès l’arrêt. Est-ce dû à leur livrée d’époque, intacte ? Leur allure, intimidante, qui leur assurerait la victoire à un concours d’ailes élargies ? Ou tout simplement leur palmarès respectif ?

Peugeot 307 WRC profil droit
Peugeot 205 T16 avant gauche
Peugeot 306 Maxi avant gauche

Avant de jouer les belles endormies au musée, ces trois exemplaires ont en effet mordu la poussière des spéciales pour forger leur jolie réputation : trois victoires en championnat du monde pour la 307 WRC, deux titres de championne de France pour la 306 Maxi, deux titres de championne du Monde pour la 205 Turbo 16.

C’est dire le privilège de monter à bord, à fortiori à la droite de chauffeurs de renom : Cedric Robert et Gilles Panizzi. Bien mieux que Disneyland !

 

307 WRC : la reine des neiges

  • Moteur : 2.0 turbo, 300 ch.
  • Boîte : séquentielle, 4 ou 5 rapports
  • Transmission : intégrale à différentiels pilotés.
  • Poids : 1 230 kg

Lové dans mon baquet bien rembourré, j’embarque dans l’une des WRC les plus sophistiquées de l’histoire : différentiels pilotés, batterie d’écrans de contrôle, et moteur si fort en couple (580 Nm) que Peugeot avait osé une boîte à 4 rapports en course… et même imaginé une boite 3 qui n’a jamais passé le stade des essais.

Peugeot 307 WRC passager
Peugeot 307 WRC avant droit

Départ. L’allonge et la sonorité du moteur n’effraient guère, mais le 2.0 pousse tout le temps, partout, boutant l’auto hors des épingles façon catapulte. Cette 307 WRC privilégie donc l’efficacité aux sensations… hormis aujourd’hui, notre exemplaire évoluant sur asphalte, en configuration terre : suspension assouplie, petites roues à flancs hauts, pneus à tétines.


Un ensemble inadapté aux conditions qui transcendent finalement le plaisir : loin de tirer des trajectoires au cordeau, Cedric Robert fait pivoter l’auto avant le même le virage, entretient une jolie glisse des quatre roues puis ressort, en léger contre-braquage, dans une posture qui rappelle les vidéos de Ken Block… odeur de gomme en plus.

Peugeot 307 WRC donuts

Le balai se répète à chaque virages, et les demi-tours s’achèvent souvent en 360° (voire en 720° !) pour enchanter le public et votre serviteur, hilare.

Après une telle démonstration, je me demande bien comment la 306 Maxi (moins puissante, plus ancienne et simple traction) pourra m’impressionner. Quel ignare, maintenant que j’y repense…

 

306 Maxi : le roi lion

  • Moteur : 2.0 atmo, 285 ch
  • Boîte : séquentielle, 7 rapports
  • Transmission : aux roues avant
  • Poids : 960 kg.


Mon rêve éveillé se poursuit, et me téléporte aux côtés de « Tarmac Master » : Gilles Panizzi, sept victoires en championnat du monde, deux titres de champion de France et, au volant, deux yeux bleus écarquillés reconnaissables entre mille. A 52 ans, le bougre n’a rien perdu de sa hargne et violente le 2.0 atmosphérique de sa 306 kit car à des régimes surnaturels.

Peugeot 306 Maxi Panizzi
Peugeot 306 Maxi avant droit

Rupteur ? 9 500 tr/min, soit bien au-delà d’une Porsche 911 GT3 contemporaine. Aux poussées linéaires de la 307 WRC, la 306 Maxi oppose des accélérations graduelles et grisantes, et les sept rapports claquent via une boîte séquentielle à grand manche vertical et kitsch pommeau en bois. Mythique !


Avec ses pneus slicks et ses réglages « asphalte », l’auto apparaît bien plus efficace que sa descendante et Monsieur Panizzi en profite : à l’entrée des stands, ce fou frôle le muret, ré-accélère de plus belle le long des box, passe le rapport supérieur où j’aurais écrasé la pédale de frein puis finit par la frapper, très tard, 306 « louvoyante » et parterre de photographes déjà couchés derrière les ballots de paille…

Peugeot 306 Maxi action arrière

La démonstration se répète cinq tours durant, et laisse imaginer le scalpel que devait être la 306 Maxi sur les étroites routes bosselées du Championnat de France des rallyes.

Retour aux stands, Gilles enlève son casque, visage fermé : « j’ai mal au crâne moi ». Heureusement qu’il n’était pas en pleine forme…

 

205 Turbo 16 : la belle et la bête

  • Moteur : 1.8 turbo + compresseur, 365 ch (530 ch en Evo 2)
  • Boîte : mécanique, 5 rapports
  • Transmission : intégrale
  • Poids : 940 kg


Dernier baptême, à bord du graal de tout amateur de rallye. Une 205 Turbo 16 groupe B : quatre roues motrices, 365 ch (voire 530 ch en version Evo 2 !), à peine 1 000 kg sur la bascule. Et un environnement peu rassurant mêlant harnais à quatre points seulement, portières façon papier à cigarette et tubes d’arceau pas plus épais qu’un guidon de vélo

Peugeot 205 T16 habitacle

Démarrage capricieux, le 1.8 tousse, fume, fait vibrer toute la carlingue. Et ne se réveille qu’à partir de 4 000 tr/min... Vient alors la partie la plus dure à expliquer : la poussée dans les reins. Les relances semblent identiques en deuxième comme en cinquième, et cette fusée balance nos casques vers l’arrière aussi rapidement que l’aiguille de pression de suralimentation sur la graduation « 2,5 bars ». Si-dé-rant.


La boite très courte n’est pas étrangère à cette violence mécanique, et fait plafonner la 205 T16 à 140 km/h seulement… allure dont personne ne se plaindra : sur les raccords du vieil anneau de Montlhéry, le train arrière rebondit et son instabilité à haute vitesse interdit tout mouvement brusque au volant.

Situation inverse en épingle où la 205 peine à tourner, sa direction non assistée obligeant Cédric Robert à tirer sur le volant des deux mains. « C’est un camion ! », hurle t-il, avant de se taire devant la poussée qui revient…

Peugeot 205 T16 arrière action

J’imagine alors la difficulté d’emmener ce monstre dans les lacets du Tour de Corse sans la moindre assistance de direction, et admire plus fort encore ses pilotes d’époque.

Une admiration qui tourne vite à l’émotion, quand je réalise le privilège de vivre de l’intérieur ce que j’admire en images depuis tant d’années. Sûrement la première fois que des larmes montent en simple passager d’une voiture… Punaise. Quel engin.


A REVOIR. En images : les Grandes Heures Automobiles 2017

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