Cette Puma est un vrai fauve ª, titrait L'argus en ao¨t dernier pour prÈsenter l'essai du coupÈ Ford en motorisation 1,7 l. L'apparition de sa petite soeur en version de 1,4 l suscite le mÍme enthousiasme. A un dÈtail prËs : on a limÈ les crocs du fauve. Pour passer sous la barre symbolique des 100 000 F, la petite Puma a abandonnÈ son ABS, son antipatinage et ses jantes en alliage. Cela ne serait pas trop gÍnant si, dans l'affaire, elle n'avait pas aussi perdu 35 ch, la puissance du moteur passant de 125 ch ý 90 ch.
La nouvelle Puma 1,4 est donc en tous points plus raisonnable que son aÓnÈe. Moins chËre, moins difficile ý conduire, elle est aussi beaucoup moins excitante dans son comportement. En fait, pour l'apprÈcier ý sa juste valeur, il faudrait n'avoir jamais connu la 1,7. D'un autre cÙtÈ, reconnaissons que la 1,4 se suffit ý elle-mÍme.
Dans ses 3,98 m, ce petit coupÈ offre un condensÈ de sÈduction. S'appuyant sur son empattement long, ses voies Èlargies et ses pneus ý taille basse sur des jantes de 15 pouces, sa ligne oscille entre le concept-car et le bolide de BD. Ce cÙtÈ ludique s'exprime ý travers la fantaisie du dessin, avec des phares comme des yeux en amande, une ligne de pavillon tendue comme un arc et, encore, un hayon se terminant en spoiler.
La Puma est sans conteste une voiture ý forte personnalitÈ, qui ne laisse personne indiffÈrent. L'amÈnagement de l'habitacle reflËte sa vocation sportive et high-tech. Ce sont par exemple les cadrans sur fond blanc et les incrustations faÁon aluminium brossÈ de la planche de bord et des accoudoirs de portiËres. Sans oublier le pommeau du levier de vitesses, simple boule en vÈritable aluminium qui symbolise ý elle seule l'¿me de la voiture.
Cette ¿me, on la retrouve dans le comportement du coupÈ. MÍme amputÈe de 35 ch, la Puma reste une boule de nerfs virevoltante qui colle ý la route gr¿ce ý ses suspensions sportives, fermes, mais au filtrage excellent. Dans les enchaÓnements rapides, la voiture fait preuve d'une rÈelle vivacitÈ, mise en valeur par la prÈcision de la direction dËs la prise d'appui dans la trajectoire. Il faut vraiment pousser les Pirelli P6000 dans leurs derniers retranchements pour que le ch¿ssis daigne concÈder une lÈgËre tendance sous-vireuse.
MalgrÈ un couple honnÍte, on ne rÈsistera guËre au plaisir de faire chanter le moteur. Et la prÈsence d'un rupteur ý 6 700 tr/min est loin d'Ítre inutile. Cette gÈnÈrositÈ est, en outre, bien servie par une boÓte prÈcise et rapide dont la commande ultracourte se rÈvËle un rÈgal. Un peu en retrait par manque d'agressivitÈ sur la 1,7, le freinage, mÍme dÈpourvu d'ABS, est parfaitement adaptÈ aux performances de la 1,4.
Avec une vitesse de pointe de 180 km/h et moins de 11" pour passer de 0 ý 100 km/h, la petite Puma reste dans le sillage de son aÓnÈe. En revanche, elle souffre de la comparaison pour les reprises, alors que les consommations sont identiques. En usage intensif, il faudra compter prËs de 11 l - ne pas confondre Puma et chameau - pour une autonomie de moins de 400 km.
GÈnÈreuse dans son tempÈrament, la Puma l'est moins dans son habitacle. Passe encore pour les passagers avant qui disposent d'une garde au toit suffisante et d'un bel espace libÈrÈ par une planche de bord trËs creusÈe. Ils devront simplement prendre garde ý ne pas heurter de la tÍte le montant supÈrieur de l'encadrement des portiËres en descendant de voiture. Le conducteur dispose d'un siËge ý rÈglage Èlectrique en hauteur qui ne compense pas l'absence de possibilitÈ de rÈglage du volant. D'autant que la forme relevÈe de l'assise provoque un fort appui du revers des cuisses et entrave l'accessibilitÈ du pÈdalier. Quant ý l'arriËre, les passagers de plus de 1,70 m devront carrÈment y renoncer. Sans parler de l'exercice de contorsionniste pour s'y introduire ou pour s'en extraire. Avec sa contenance de 240 litres, le coffre est dans les normes de la catÈgorie. En revanche, la hauteur de son seuil de chargement bat tous les records.
Ce fauve prÈfËre dÈfinitivement les plaisirs ÈgoÔstes aux joies de la famille.

















