Destinés à tous les usages, et notamment aux loisirs, comme aiment à le
rappeler les services de marketing des constructeurs, les ludospaces n'en restent pas moins des dérivés d'utilitaires. Se laisser tenter par l'un d'eux signifie donc qu'il faut accepter les lourdeurs de leurs formes et des particularités pas toujours plaisantes. On trouve ainsi sur l'Opel Combo Tour et le Fiat Doblo d'énormes rétroviseurs extérieurs à réglage manuel. Ils ne s'ajustent électriquement qu'en option sur le Doblo, moyennant 198 E. A l'arrière, ce dernier tire parti d'un hayon, certes un peu encombrant, alors que le Combo Tour se contente de deux portes symétriques peu pratiques à fermer - à cause d'une butée à déverrouiller manuellement - et très gênantes pour la visibilité dans le rétroviseur intérieur.
Les deux véhicules bénéficient en revanche de deux portes latérales coulissantes qui facilitent l'accès aux places arrière. Quant aux jantes en aluminium visibles ici, elles dynamisent ces voitures à tout faire, mais font partie de l'équipement optionnel.
Mécanique
Proposés chacun avec deux moteurs Diesel, le Combo Tour et le Doblo sont ici opposés en versions 1,6 l à essence. Comptant quatre soupapes par cylindre, le bloc Fiat délivre 103 ch et un couple de 145 Nm à 4 000 tr/min. L'Opel affiche 87 ch et un couple de 138 Nm atteint à bas régime (3 000 tr/min). Logiquement, le Doblo se révèle plus performant sur route. Il est un peu plus alerte et montre de meilleures dispositions sur terrain accidenté.
Le Combo Tour n'est pas pour autant distancé. Il fait même jeu égal en vitesse de pointe, et permet de suivre le trafic sans difficulté.
Néanmoins, au volant de l'un ou de l'autre, on ne peut que constater leur
manque de couple en reprise par rapport aux motorisations Diesel, une caractéristique qui doit être encore plus sensible en charge. En revanche, le bruit des moteurs n'est pas perturbant tant que l'on ne tire pas sur les intermédiaires. Cependant, que l'on ait le pied lourd ou léger sur l'accélérateur, le Doblo affiche une consommation supérieure, due en partie à son poids plus élevé. Quant aux commandes des boîtes de vitesses, elles donnent satisfaction, celle du Combo Tour se montrant un peu plus agréable.
Châssis
Plus long de 16 cm, le Combo Tour se révèle moins maniable en manoeuvre, même s'il dispose d'une direction assistée tout aussi plaisante. Sur route, les sensations diffèrent à cause des positions de conduite : alors que l'on est assis dans l'Opel comme dans une berline - il est issu d'une plate-forme de Corsa rallongée -, les occupants du Fiat trônent en hauteur comme dans un monospace.
Il en résulte un roulis plus
prononcé, encouragé par des suspensions souples, qui procurent, du reste, un bon confort et qui dissuadent d'aborder rapidement les virages. Le Doblo tient cependant bien la route, et il se montre agréable à conduire, justement à cause de la position d'assise surélevée.
Le Combo Tour se conduit plus comme une voiture classique. Il est également confortable, et il est doté d'un freinage très proche de celui de son rival.
Vie à bord
A l'intérieur, c'est le jour et la nuit ! A l'avantage d'Opel. En s'asseyant au volant du Combo Tour, on retrouve en effet l'environnement de la Corsa. S'il n'a pourtant rien de luxueux ni de particulièrement gai, il rassure par son côté classique, sans surprise. Le siège conducteur se règle en hauteur, et les rangements se prolongent au-dessus des têtes avec une étagère courant sur toute la largeur de l'habitacle.
Le Doblo n'est pas en reste question espace, car il est beaucoup plus large et laisse encore plus de hauteur au-dessus des têtes, l'étagère de
pavillon étant située plus en avant. Les rangements pourraient être plus nombreux, mais le bât blesse au niveau de l'aspect de la planche de bord et des contre-portes. En cause, la piètre qualité des plastiques, la finition très médiocre et les vis apparentes. Ce choix délibéré déçoit d'autant plus qu'il conforte la légende de la qualité médiocre des produits Fiat et annihile l'effort réalisé au niveau du dessin de la planche de bord. Celle-là est d'ailleurs plutôt ergonomique, avec un levier de changement de vitesse placé dans sa partie inférieure. Quant aux deux leviers de réglage en hauteur du siège du conducteur - au demeurant confortable -, ils ne sont absolument pas pratiques. Dans le Doblo, les portes arrière coulissantes dégagent une grande place en hauteur, mais pas autant en largeur que dans le Combo Tour. De plus, le système d'ouverture de l'intérieur manque de douceur.
Aux places arrière, l'Opel est plus habitable, sauf en largeur. Il offre plus
de place aux jambes, grâce à son empattement plus grand, et plus de garde au toit, à cause du positionnement en hauteur de la banquette du Doblo. Cette dernière se replie en 2/3 1/3, sans toutefois dégager autant de longueur de plancher que dans le Combo Tour, dont le basculement séparé des assises libère 1,6 m depuis le seuil de coffre, contre environ 1,3 m dans le Doblo. Grâce à sa grande largeur de coffre et à son seuil très bas, le volume de ce dernier atteint 750 l en configuration à cinq places, et 3 000 l de capacité maximale, là où le Combo Tour n'offre respectivement que 455 litres et 2 700 litres. Esthétiquement, le compartiment arrière du Fiat est moins bien loti en garnitures. Les remontées de bruits se manifestent particulièrement.
Enfin, que l'accès à l'arrière se fasse par un hayon dans le Doblo ou par deux portes dans le Combo Tour, les cotes d'ouverture restent très proches. A noter que Fiat propose, à la place du hayon, le montage, en option gratuite, de portes arrière asymétriques plus commodes et qui procurent une meilleur visibilité dans le rétroviseur.
Equipements
Dépourvus d'air conditionné, mais équipés d'un autoradio,
les deux rivaux arrivent aussi à égalité au chapitre de la sécurité, avec la présence en série de l'ABS et d'airbags frontaux. Fiat va cependant plus loin en proposant des airbags latéraux en option, alors que, comme de plus en plus d'Opel, le Combo Tour reçoit des pédales de frein et d'embrayage rétractables en cas de choc frontal. Sur ces deux ludospaces, volant et siège conducteur se règlent en hauteur. La dotation du Doblo inclut les phares antibrouillard (en option à 130 € chez Opel) et des vitres latérales arrière entrouvrables, et celle du Combo Tour des filets de rangement latéraux dans le pavillon. Les bagages sont, eux, protégés par une tablette rigide en deux parties sur le Doblo et par un enrouleur sur le Combo Tour.
Bilan
Le Combo Tour et le Doblo ont des personnalités bien affirmées. Le premier séduira ceux qui privilégient le besoin d'espace tout en attendant une conduite de berline. Le second plaira aux affamés de volume, désirant
au contraire changer de style de conduite et s'imaginer dans un monospace ou un 4 x 4.
Enfin, côté budget, Fiat prend naturellement l'avantage. On peut néanmoins se poser la question de savoir si la marque italienne n'aurait pas mieux fait de soigner la présentation intérieure du Doblo, quitte à relever ses prix raisonnablement.
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