Vous êtes ici :

Opel Insignia GSi 2.0 D (2018) : Grande, Sportive et... inachetable !

Opel Insignia GSi 2.0 Diesel (2018)
Version sportive de l'Opel Insignia, la GSi sera disponible en concession à partir de début mars : 46 730 € en essence 260 ch, 47 180 € en diesel 210 ch, ici à l'essai.

Bravo Opel... L'Insignia GSi vient de pulvériser le record du monde du malus écologique, catégorie berlines diesels : 10 500 € d'écotaxe. Dès lors, à quoi bon parler de ses talents ? Sa place n'est pas en France.

Voiture à l'essai : Opel Insignia GSi 2.0 Diesel

  • Moteur Diesel | Puissance : 210 ch
  • Lancement : mars 2018
À partir de
47 180 €
10 500 € de malus

Page 1Opel Insignia GSi 2.0 D (2018) : Grande, Sportive et... inachetable ! 

D’accord, la France est en train d’étouffer l’automobile à la manière du boa constrictor, assassin lent et silencieux : 80 km/h sur les routes nationales, malus écologique à une altitude jamais atteinte au monde, sauf dans les démocraties scandinaves qui un jour mourront d‘ennui à force de se croire vertueuses. Mais quand même, 10 500 € d’écotaxe pour une berline diesel de 210 ch, il faut se frotter les yeux pour y croire ! Car seule l’Opel Insignia GSi a réussi ce funeste exploit. Format long (4,91 m), transmission intégrale et boîte automatique ne sauraient tout expliquer. D’autres, avec les mêmes caractéristiques et une puissance supérieure (BMW Série 5, Audi A6, Mercedes Classe E), n’affolent pas à ce point les compteurs du malus.

Opel Insignia GSi 2.0 Diesel (2018)
Double sortie d'échappement chromée, hayon à pente douce, aileron (option à 150 €) : l'Insignia GSi arbore tous les codes de la grande berline musclée.

Pour sa défense, Opel avance un argument un peu alambiqué, et demande à être cru sur parole : une interprétation réaliste de l’actuelle norme NEDC, en anticipation de la future norme WLTC qui deviendra la règle en septembre 2018. Est-ce à dire que l’Etat français continue à fermer les yeux sur les turpitudes des autres constructeurs ? Pire, qu’il est complice puisque l’UTAC, organisme certificateur, dépend de lui ? L’acheteur, au moment du choix, ne se pose pas ces questions : 10 500 € de malus, 22 % du tarif facial de la GSi, c’est tout bonnement impossible, inconcevable. Il passera son chemin, et ira regarder ailleurs.



Prix Opel Insignia GSi diesel

L’histoire commence bien : 47 180 €, c’est un bon prix pour une très belle berline qui mord par sa taille sur le segment des grandes routières. Elle en a sous le capot : double turbo, 210 ch, transmission intégrale, BVA8. Dans le coffre à jouets aussi : affichage tête haute, amortissement piloté, sellerie cuir, sièges électriques, phares full LED à éclairage matriciel, ciel de toit noir, sièges Sport, peinture spéciale qui ramène à 420 € la marche qui mène aux teintes métallisées. Pour 1 500 € de plus, sa version break Sports Tourer porte son envergure à 5,00 m, la capacité de charge à 560 l en configuration 5 places, 1 665 l banquette repliée, et dispose d’un hayon électrique.

Le break Sports Tourer (5,00 m) offre un coffre plus vaste (de 560 à 1 665 l) et un hayon électrique, pour 1 500 € supplémentaires.
Le break Sports Tourer (5,00 m) offre un coffre plus vaste (de 560 à 1 665 l) et un hayon électrique, pour 1 500 € supplémentaires.

L’Insignia GSi peut aussi s’abreuver à l’essence : 260 ch, 400 Nm de couple, même BVA8, même transmission intégrale, 48 230 €. Tout bien pesé, l’offre est vraiment honnête pour la version haute de l’Insignia génération II qui remporte un joli succès en France : 3 713 ventes en 2017 et dans le « top 10 » du classement annuel des familiales alors qu’elle a été lancée à mi-année. Puis les yeux tombent sur la dernière ligne de la facture : le malus écologique. 10 500 € à rajouter, en diesel comme en essence. En France, l’Insignia GSi n’est hélas qu’un mirage : elle disparait quand on s’approche.



Au volant de l’Opel Insignia GSi Diesel

Pilote amateur à ses heures, Carlos Tavares est le plus rapide de tous les patrons de l’industrie automobile, volant en mains. Mais quand sur un film publicitaire, il descend d’une Insignia GSi après un tour sur le vertigineux toboggan du Nürburgring et déclare qu’elle est « agile », le P-DG du groupe PSA-Opel récite un argumentaire commercial. Car les lois de la physique sont formelles : une berline d’une telle envergure, d’un tel poids (1 772 kg) et empattement si long (2,83 m) ne saurait être agile.

Sur l'anneau du circuit d'essais Michelin de Fontange, caché dans les Alpilles, l'Insignia GSi ne bronche pas, même à très haute vitesse.

Sur l'anneau du circuit d'essais Michelin de Fontange, caché dans les Alpilles, l'Insignia GSi ne bronche pas, même à très haute vitesse.

Une BMW M3, si : 4,67 m, 1 595 kg, 431 ch, oui. Pas l’Insignia GSi.
Dans les grandes courbes, elle est parfaite. Le meilleur châssis jamais conçu par Opel : précis, rigide, bien posé, imperturbable, et néanmoins confortable, ce qui n’a pas toujours été le premier souci de la marque allemande. Sa transmission intégrale à vecteur de couple éradique toute propension au sous-virage à la relance en sortie de virage : chaque roue fait son travail, à sa capacité instantanée et maximale de passage de la puissance au sol. La même impression, pour le conducteur, qu’au volant d’une berline à quatre roues directrices : être sur un rail. Avec, prime apportée par les sièges Sport, le sentiment de ne pas être assis dans l’Insignia GSi, mais de faire corps avec elle.

Mais se révèle moins à son avantage à l'inscription dans une chicane serrée, rançon, comme sur toute grande berlines sportive, de la taille et du poids.
Mais se révèle moins à son avantage à l'inscription dans une chicane serrée, rançon, comme sur toute grande berlines sportive, de la taille et du poids.

Mais sur parcours sinueux, la GSi est moins à son avantage : poids, empattement, direction pas assez mordante, BVA lente dans les montées de rapport même en mode Sport, diesel qui ne décoiffe pas (7,9 s de 0 à 100 km/h). Un comportement de grande routière musclée et confortable. Pas celui d’une berline aux mœurs sportives. Opel connaît la différence : dans son langage, GSi ne signifie pas OPC.


Dans l’habitacle de l’Opel Insignia GSi Diesel

Pas de faute, mais il y a mieux ailleurs. Les aérateurs de la planche de bord de l'Opel Insignia GSi manquent d'élégance, la console centrale de force. L'ambiance est résolument sport : ciel de toit noir, laque et chromes, volant à méplat, pédalier alu.

Pas de faute, mais il y a mieux ailleurs. Les aérateurs de la planche de bord de l'Opel Insignia GSi manquent d'élégance, la console centrale de force. L'ambiance est résolument sportive : ciel de toit noir, laque et chromes, volant à méplat, pédalier alu.

L'un des points forts de l'Insignia GSI : ses sièges à dossier monobloc en forme de tête de cobra, à la fois beaux et très enveloppants, confortables et au maintien parfait.
L'un des points forts de l'Insignia GSI : ses sièges à dossier monobloc en forme de tête de cobra, à la fois beaux et très enveloppants, confortables et au maintien parfait.
Du chrome sur les palettes de boîte de l'Opel Insignia GSi auraient fait meilleur effet que des touches en plastique noir.
L'instrumentation de l'Opel Insignia GSi n'est que partiellement numérique : aiguilles pour compte-tours et mesures de pression.
Du chrome sur les palettes de boîte de l'Opel Insignia GSi auraient fait meilleur effet que des touches en plastique noir.
Beaucoup d'espace au rang arrière de l'Insignia GSi, ce qui est logique sur une berline de 4,91 m, pas de sentiment de confinement en dépit d'un toit bas (1,45 m) et en fuite.
Beaucoup d'espace au rang arrière de l'Insignia GSi, ce qui est logique sur une berline de 4,91 m, pas de sentiment de confinement en dépit d'un toit bas (1,45 m) et en fuite.
L'Opel Insignia GSi a bon coffre : 490 l en mode 5 places, de la profondeur. Dommage que l'espace sous plancher ne soit pas aménagé.
L'Opel Insignia GSi a bon coffre : 490 l en mode 5 places, de la profondeur. Dommage que l'espace sous plancher ne soit pas aménagé.


Concurrence Opel Insignia GSi Diesel

Les marques généralistes ont délaissé le segment des grandes routières. Leur berline familiale donc a grandi pour couvrir deux catégories : 4,85 m, par exemple, pour la Renault Talisman. La plus longue du lot, l’Insignia (4,91 m) peut ainsi être comparée à la fois à des grandes routières et à des familiales.

Renault Talisman
Renault Talisman
Audi A6
Audi A6
Mercedes Classe E
Mercedes Classe E
BMW Série 5
BMW Série 5

Elle est à peine plus courte que Audi A6, BMW Série 5 et Mercedes Classe E, aligne comme elles BVA et transmission intégrale. Mais malgré une puissance supérieure (210 ch), est moins vive, car plus lourde. Et, une fois le malus passé, se retrouve à équipement égal dans les mêmes zones tarifaires que A6 2.0 TDI 190, BMW 520d et Mercedes E 220d.

Volkswagen Passat
Volkswagen Passat
Peugeot 508
Peugeot 508

Chez les berlines familiales, seule la Volkswagen Passat, nettement plus petite (4,77 m), propose à la fois BVA et quatre roues motrices. Ses 240 ch laissent sur place l’Insignia GSi au démarrage : 6,4 s de 0 à 100 km/h. Et avec 2 300 € de malus, son prix total est inférieur. Pas de transmission intégrale chez les Françaises. Ni de gros moteur, éternelle lacune des berlines tricolores : le diesel culmine à 160 ch côté Talisman, à 180 ch côté Peugeot 508. Mais elles évitent le malus, et serrent leurs prix : 20 000 € de moins que la GSi pour la Talisman, 16 000 € de moins pour la 508. Quelle que soit la catégorie considérée, la confrontation tourne donc en défaveur de l’Insignia GSI. Pour une même raison : son malus.

L’Opel Insignia GSi face aux grandes routières

 

Opel Insignia GSi

Audi A6
2.0 TDI

BMW
520d

Mercedes E 220 d

Longueur (m)

4,91

4,93

4,94

4,92

Poids (kg)

1 772

1 745

1 695

1 735

Puissance (ch)

210

190

190

194

0-100 km/h (s)

7,9

7,7

7,6

7,5

4 roues motrices

Oui

Oui

Oui

Oui

Boîte

BVA8

BVR7

BVA8

BVA9

Prix facial

47 180 €

A partir de
49 060 €

A partir de
52 650 €

A partir de
56 000 €

CO2 (g/km)

186

128 à 133

129 à 132

117 à 129

Malus

10 500 €

210 à 473 €

253 à 410 €

0 à 253 €

Prix total

57 950 €

A partir de
49 270 €

A partir de
52 850 €

A partir de
56 000 €

L’Opel Insignia GSi face aux berlines familiales

 

Opel Insignia GSi

Renault Talisman
dCi 160

Peugeot 508 HDi 180

VW Passat TDI 240

Longueur (m)

4,91

4,85

4,83

4,77

Poids (kg)

1 772

1 518

1 620

1 776

Puissance (ch)

210

160

180

240

0-100 km/h (s)

7,9

9,4

8,6

6,4

4 roues motrices

Oui

Non

Non

Oui

Boîte

BVA8

BVR6

BVR6

BVR7

Prix facial

47 180 €

A partir de
37 700 €

41 800 €

51 450 €

CO2 (g/km)

186

118

110

150

Malus

10 500 €

0 €

0 €

2 300 €

Prix total

57 950 €

A partir de
37 700 €

41 800 €

53 750 €

 

Bilan essai Opel Insignia GSi Diesel

Pourquoi Opel importe-t-il en France une version de l’Insignia que le nouveau malus rend invendable ? L’habitude sans doute : elle était au catalogue, le directeur commercial a coché la case dans un moment d’oubli… Ou pour coiffer la gamme d’une proposition forte en chevaux.
A choisir, mieux vaut encore la GSi essence : un peu moins chère, même malus, et 260 ch.

Mais le problème est plus profond : en France, les jours de l’Insignia GSI, et de tous les modèles sortant de l’épure, sont comptés. Les vrais 4x4 ont péri. Au profit de pick-up qui polluent encore plus mais sont exemptés de malus. Les grandes berlines sportives qui refusent embarquer 200 kilos de batteries pour faire croire qu’elles sont hybrides rechargeables sont promises au même destin : BMW M5, Audi S6, Insignia GSi, etc. Pour les voir passer, il faudra franchir la frontière. Ou se poster sur un pont d’autoroute dans l’attente d’un vacancier allemand roulant vers le sud. Ce simple détail le dit. La France était autrefois joyeuse et impertinente. Aujourd’hui, elle a vieilli…

On aime

  • Le meilleur châssis de l’histoire d’Opel
  • Le style : discret, mais acéré
  • La richesse de l’équipement

On regrette

  • Pas un malus, une condamnation
  • Moteur, boîte et direction déçoivent
  • Trop lourde et trop longue pour être vraiment agile
Partager cet article
À lire aussi
Mots clés
Commentaires
share_the_pain

Pays d'autophobe, les voitures sont considérés comme des AK47 et les conducteurs comme des terroristes. Pendant ce temps les vrais méchants ultra dangereux fabriquent tranquillement leur bombe chez eux avec certes un bracelet... aussi décoratif qu'inutile

beniot9888

Ceux qui geignent sur "la France qui a vieilli" ont la mémoire courte, il y avait la "Super Vignette" du temps de la France joyeuse et impertinente que c'était mieux avant. Au lieu de blâmer la fRance, on pourrait aussi se demander comment Opel a bien pu faire pour se taper un malus pareil, quand la concurrence "premium" arrive à afficher des niveaux de CO² 40% plus faible, et donc des malus minuscules, voir neutres.

Benmoijaimebien

Formidable article. Et tout est dit...

Réagir à cet article
Envoi en cours
L'argus  en kiosque
Nouveau
Recevez notre newsletter !

Nos articles vous intéressent ? Abonnez-vous !

Recevez par e-mail toutes les infos de la Opel Insignia