OPEL Meriva :
- Disponible
- Moteur : 100 ch
- Prix : 14 600 ¤
PEUGEOT 206 SW :
- Disponible
- Moteur : 110 ch
- Prix : 15 200 ¤
Les petits se rebiffent. Quand on ne mesure guère plus de 4 m, mieux vaut savoir occuper l'espace pour exister. Les petites Opel et Peugeot ont donc mis des talons qui allongent la jambe, affinent la silhouette et font gagner quelques précieux centimètres.
L'Opel Meriva, culminant à 1,62 m, a surtout poussé en hauteur. Avec son style particulier de cube à roulettes, elle a tout l'air d'un monospace. Quant à la Peugeot 206 SW, par allongement du porte-à-faux arrière, elle a gagné 19 cm en longueur par rapport à la berline. Dans cet habillage, toutes deux prennent une nouvelle dimension et il n'est plus question de les voir cantonnées à une utilisation urbaine... Les petites citadines se sont fait la malle.
Châssis
La Meriva réussit une sorte d'exploit. Mesurant 27 cm de moins que son grand frère le Zafira, elle ne lui rend que 6 cm en empattement. Autant dire que l'occupation de l'espace est maximale pour cette voiture de 4,04 m sur un empattement de 2,63 m. Reprenant les cotes de la 206, l'empattement ne dépasse pas 2,44 m sur le break SW. Si une telle configuration limite forcément la gestion de l'espace intérieur, elle est aussi garante d'un comportement dynamique égal à celui de la berline. De fait, entre 206 et 206 SW, on ne perçoit guère de différence au volant. Même qualité des liaisons au sol, même sentiment de rouler sur du velours, même efficacité du freinage, même précision de la direction.
Seul bémol : un niveau sonore dans l'habitacle légèrement amplifié par la formule break.
A ce niveau, la ludique Opel ne peut rivaliser. C'est même étrange de retrouver les travers des monospaces au volant d'une si petite voiture. Petite... mais lourde. Les 1 300 kg de la Meriva pèsent surtout sur son comportement et pointent les insuffisances d'une suspension mal tenue tout en accentuant les effets d'une sensibilité marquée au vent latéral. En revanche, le freinage n'a pas à pâtir de cette situation et se révèle aussi performant que celui de la Peugeot, ce qui est un compliment.
Moteur
Dix chevaux de plus et 300 kg de moins : la 206 SW se montre forcément plus brillante qu'une rivale dont la performance est le dernier des soucis. Le moteur 1.6 de la Peugeot participe donc au plaisir de conduite, avec des accélérations honnêtes et une vitesse de pointe largement suffisante (194 km/h). La Meriva lui rend 20 km/h et 1,5 s pour atteindre 100 km/h. Si les deux voitures présentent le même agrément au niveau du maniement de la boîte de vitesses, l'étagement de celle-ci est complètement différent. Avec la démultiplication de son dernier rapport, la 206 SW est taillée pour les trajets sur autoroute dans les meilleures conditions de confort et de consommation. En cinquième, à 130 km/h, la Meriva tourne à 4 000 tr/min. Le problème est qu'à ce régime le moteur est vraiment très bruyant. Ainsi, à 3 000 ou à 5 000 tr/min, le bruit est supportable ; à 4 000 tr/min, non ! Ce problème d'insonorisation, d'une façon générale, reste le défaut majeur de cette voiture. Au vu de son style et des services rendus, on lui pardonnera plus facilement une consommation nettement supérieure à celle de sa rivale. Le poids et la prise au vent n'ont jamais fait bon ménage avec la sobriété.
Vie à bord
La 206 SW n'est rien d'autre qu'une 206 avec un grand coffre pouvant contenir jusqu'à 1 130 l et offrant une longueur utile de 1,38 m. Avec en prime un plancher plat et un seuil de chargement très accessible. Autant de valeurs qui donnent enfin le sourire à la Meriva puisqu'elle les dépasse toutes. L'espace intérieur et son agencement, c'est son truc et ce n'est pas un « pseudo break » qui va venir lui donner des leçons. Sur 4,04 m, il est vrai que la petite Opel fait des prodiges. A l'arrière, tout se transforme, tout coulisse, tout bouge et s'adapte. Trois passagers ? La longueur aux jambes est correcte. Deux passagers ? L'assise du siège central s'escamote en
descendant d'un cran, le dossier bascule et vient faire accoudoir sur lequel se greffe, si besoin, une boîte de rangement pour les enfants. Les deux places sont alors fort spacieuses et l'espace disponible, même pour des adultes, s'apparente à celui d'une grande berline. La 206 SW ne peut en aucun cas se prévaloir de tels arguments.
Avantage encore à la Meriva pour le coffre, avec une contenance très honorable de 350 l en configuration normale et de 1 410 l avec les sièges arrière repliés, abaissés, et dont les dossiers font office de plancher plat. La longueur de chargement est alors de 1,70 m. Elle peut même passer à 2,40 m en repliant le dossier du siège du passager avant . A cette modularité hors-normes, la 206 SW ne peut opposer que la bonne volonté d'une conception plus classique. Et l'avantage certain d'une insonorisation efficace. Ce qui n'est pas sans incidence sur la perception de la qualité de vie à bord.
Equipement
En finition intermédiaire - Enjoy pour la Meriva et XS pour la 206 SW -, les deux voitures réintègrent leur niveau de gamme. C'est-à-dire qu'il ne faut pas attendre de miracle des équipements, qui restent ceux de petites voitures. On retrouve ainsi avec une certaine nostalgie les vitres arrière à manivelle pour les deux modèles et le réglage manuel des rétroviseurs extérieurs pour la Meriva.
Dans cette dernière, la richesse principale de l'équipement vient de sa configuration même. Celle-ci existe sur tous les modèles, quelle que soit la version. La finition Enjoy
ajoute notamment la climatisation sur laquelle fait l'impasse la 206 SW dans sa version XS. En revanche, cette dernière adopte les jantes en alliage et la radio CD, ce que dédaigne la Meriva. Tous comptes faits, la petite Opel conserve tout de même l'avantage du prix. A moins de 15 000 ¤, le tarif est rare dans l'univers du monospace.



































