Sous la forme de ce qui aurait pu être une version break de l'Opel Vectra ou d'une Passat rallongée et badgée Skoda., Signum et Superb s'attachent à prendre soin des occupants arrière. Grâce à un empattement généreux et des attentions particulières, ces deux berlines cachent, sans trop le laisser voir, des prestations pour notables aux bras ou plutôt, aux jambes longues.
VIE À BORD A l'évidence, si l'on opte pour ce type de véhicule, c'est en grande partie pour l'espace arrière. L'acheteur n'étant pas forcément le conducteur, il aime plutôt se faire conduire, être bien traité, voire dorloté.
Avec en premier lieu un besoin d'espace, première notion de confort. Et ces deux berlines ne manquent pas d'arguments, et de points communs. L'habitabilité dégagée est similaire, tout comme l'accessibilité facilitée par des ouvrants d'une très bonne largeur. On prend facilement ses aises, l'espace aux genoux et la place aux pieds sont impressionnants. Mais à ce petit jeu, la Signum se démarque grâce à sa conception « breakisante ». La découpe de la carrosserie permet de dégager une garde au toit plus avantageuse et surtout d'adopter un système de sièges individuels plus modulable que la banquette fixe de la Skoda. L'Opel dispose ainsi de deux vraies places uniques réglables en inclinaison de dossier et en espace aux genoux, les sièges étant montés sur rails. Les places arrière peuvent ainsi passer d'une position couchée à inexistante en un clin d'oeil, portant ainsi la capacité du coffre à 1 400 l. Autre fonctionnalité, la place centrale peut également être transformée en un vide poche avec porte gobelet surplombé d'un accoudoir central. L'aspect un peu gadget de cette modularité tient dans le fait que le vide-poche constitué n'est pas bien pratique et que la cinquième place est plus qu'inconfortable.
La Superb est certes plus classique dans sa conception, mais constitue finalement une cinq places acceptable, même si le confort optimum s'obtient à quatre. La banquette est confortable, enveloppante, et le très commun accoudoir central intégrant un espace de rangement et deux porte gobelets remplit parfaitement son rôle. La Superb est moins modulable certes, mais finalement plus accueillante. Les espaces de rangements sont plus nombreux, on peut prendre possession des lieux, s'installer. D'autre part, les attentions à l'égard du « patron » sont plus nombreuses. Les sièges sont chauffants, la console centrale regroupe les buses de climatisation (comme sur la Signum) et un allume-cigare, et l'accoudoir de porte gauche cache un parapluie !
Le traitement de l'habitacle de la Superb est plus cossu. Les matériaux sont de bonne qualité, l'ambiance est lumineuse. La finition joue de son nom, Elégance, en mêlant cuir, tissus, chrome et bois. A l'inverse, la Signum Cosmo se veut plus moderne, plus dynamique. L'ambiance est plus terne, la conception moins cossue et la qualité de certains plastiques déçoit dans un véhicule de cette catégorie.
Mécanique Même s'il ne prend pas le volant, le propriétaire veut arriver vite et économiquement. Les injecteurs pompes de la Skoda montrent ici une indéniable supériorité. Le fameux moteur TDI 130 de Volkswagen fait preuve d'une intéressante vivacité et d'une toute aussi intéressante sobriété. La Superb fait étalage de son tempérament, le plus appréciable étant sa capacité de relance, son dynamisme à bas régime.
Un secteur où le pourtant plus volumineux 2.2 DTI d'Opel n'arrive pas à s'imposer. Ne disposant que de 125 ch pour près de 70 kg de plus, la Signum part en effet avec un désavantage, mais qui n'explique pas tout. Le moteur DTI n'a pas un caractère aussi impulsif. Les montées en régime sont plus linéaires et moins dynamiques. Pour autant, la Signum n'est pas moins gourmande, même à allure de sénateur.
CHÂSSIS Avec leur empattement long, Signum et Superb aspirent à plus de stabilité, les occupants à plus de confort. Mais là, les deux voitures de maîtres ne l'entendent pas de la même oreille : l'une a tendance à être plus dynamique, l'autre plus cossue.
La Signum offre ainsi une suspension plus ferme qui retransmet un peu plus fortement les irrégularités de la chaussée. La tenue de route gagne en efficacité, les mouvements de la caisse étant mieux maîtrisés. Le confort est acceptable sur route bien entretenue, sans reproche sur autoroute. La direction un peu plus lourde permet de garder le cap, la trajectoire est préservée. Sur route secondaire, l'Opel est moins à l'aise. Le gabarit d'une part, le poids de l'autre, le train avant fait preuve de lourdeur, l'arrière de trop de légèreté. L'ESP non déconnectable gérant le sous-virage remet rapidement les choses à leur place, un peu top autoritairement d'ailleurs.
Et c'est finalement la Skoda et sa suspension souple qui devient la plus plaisante à conduire sur route sinueuse. La direction est légère et précise, le train arrière est plus neutre, les interventions de l'électronique sont moins nombreuses. Reste des remontées de vibration des trains un peu gênantes. Sur autoroute, la Skoda est moins rigoureuse, notamment à cause d'une direction se laissant plus volontiers chahuter. Mais dans ces conditions, la suspension berce plus volontiers les occupants. Chut, le patron dort...
ÉQUIPEMENTS Signum Cosmo, Superb Elégance, ces deux berlines se valent. L'Opel plus chère renverse la tendance en embarquant un GPS facturé 2 100€€ chez Skoda. Pour se refaire, la Superb offre les sièges arrière chauffants (320€€ chez Opel), le lavage des phares et le fameux parapluie. Mais l'Opel réplique par une sellerie entièrement en cuir. Elle prend donc un léger avantage dans un domaine où Opel et Skoda se montrent de toutes les façons généreuses.




















































































































