Très à la mode aux Etats-Unis, le style « crossover » combine les avantages de plusieurs catégories dans un seul et même véhicule. Schéma le plus souvent retenu : la conception d'un break sportif 4 x 4 cumulant l'habitabilité d'un break, les performances d'un coupé et la mobilité d'un 4 x 4. En Europe, Opel s'essaye au genre avec la Signum, avant que Citroën ne fasse de même dans quelques semaines avec la Pluriel.
Sur une plate-forme de Vectra allongée de 13 cm au niveau de l'empattement, au profit exclusif des places arrière, l'Opel Signum adopte une silhouette de coupé-break dynamique. La ligne de ceinture de caisse, bien marquée et inclinée, procure un effet en « coin » typique d'une voiture sportive pour former un ensemble original qui, dans des teintes foncées, ne manque pas de prestance et propulse cette Vectra « spéciale » dans la classe supérieure.
De longues portes s'ouvrent largement pour un accès facile, aussi bien à l'avant qu'à l'arrière. On découvre alors un vaste habitacle et deux sièges individuels à l'arrière - coulissant, comme par hasard, sur 13 cm - dotés d'un dossier inclinable sur 30° et rabattables en un tournemain pour former un plancher plat. Cette fois-ci, Opel n'a pas oublié de rendre le dossier du siège passager avant rabattable vers l'avant. Le coffre présente, quant à lui, une capacité variable intéressante de 455 à 550 l, sièges en place, et de 1 400 l, sièges rabattus. Au détriment toutefois de ce qu'Opel appelle le siège central : un strapontin quasi inutilisable, même si une ceinture y assure un minimum de sécurité. On peut y greffer une console multifonction, assemblage de quincaillerie aussi prétentieux qu'inutile. Opel ne va pas au bout du concept et aurait carrément pu sacrifier la place centrale au profit de sièges latéraux encore plus larges et de belles tablettes « aviation ». Il faudra y penser pour une future version Executive. Au passage, il faudrait également des matériaux un peu plus cossus pour relever une définition de l'habitacle d'aspect économique.
Au niveau technique, la Signum propose les spécialités de la gamme Vectra, avec des motorisations dynamiques et réputées pour leur sobriété, une nouvelle boîte de vitesses à six rapports proposée avec les moteurs à essence 2.0 Turbo et Diesel V6 3.0 CDTI, tandis que les transmissions automatiques à cinq rapports ne sont guère convaincantes en dehors de leur extrême douceur lors du passage des vitesses. Une direction assistée en fonction de la vitesse et un arsenal électronique pour contrôler le freinage, la motricité et la stabilité complètent la définition de base de la Signum. De même, les huit airbags (frontaux, latéraux et rideaux avant et arrière) sont en série sur toute la gamme.
Notre prise en main, limitée aux modèles V6 a mis en évidence des performances de haut niveau, surtout en version à essence, une tenue de cap imperturbable, un comportement très sain et un freinage énergique. Le tableau se gâte au niveau du confort : sièges avant aux assises trop courtes et trépidations - insupportables avec la suspension sport - dès que la chaussée n'est plus un billard. Ce point est à revoir, tout comme la progressivité de l'embrayage ou du moteur V6 Diesel au démarrage.
Avec la Signum, Opel définit le concept de la berline de demain, basé sur la polyvalence et l'agrément des occupants. Pour l'heure, le supplément à payer est de 2 000 € par rapport à la Vectra, à moteur et finition équivalents...


























