Pour rajeunir son image, Opel s'est tourné vers un roadster ultraléger et minimaliste - le concept à la mode actuellement. Si le Speedster est très proche de la Lotus Elise, il est aussi plus lourd d'environ 70 kg. Cet embonpoint est dû à une carrosserie différente, au montage de jantes et de pneus plus gros et à la présence de l'ABS et d'un airbag pour le conducteur. S'il a conservé une ligne sportive pure et dure, le constructeur allemand s'adresse en effet à une clientèle plus large et souvent moins avertie que les quelques amateurs de Lotus.
A propos de ligne, chacun appréciera selon ses goûts ce mélange de surfaces tendues agrémentées de galbes et d'équipements soigneusement dessinés, comme les projecteurs, les feux arrière ou le double échappement central à tubes superposés.
Equipé du moteur de 2,2 l et 147 ch découvert sur le coupé Astra, le Speedster bénéficie d'une motorisation souple, fiable, économique et d'un entretien minimal. Cet engin de 870 kg offre naturellement des prestations sans équivalent. La position centrale de son groupe motopropulseur garantit une motricité sans faille. Cette disposition favorise le comportement routier mais pénalise l'accès et l'habitabilité. Il faut être un peu contorsionniste pour entrer et sortir de la voiture, surtout lorsque la capote est en place. Il faut aussi se contenter d'un coffre de 206 l et ne pas espérer ranger quoi que ce soit dans le compartiment avant ou à l'intérieur de la voiture, qui offre cependant un vide-poches occultable au dos des sièges.
La recherche systématique de la légèreté implique de faire l'impasse sur nombre d'équipements et de commodités. Il faut ainsi se passer de pare-soleil, de poignées de maintien, de cendrier, sans parler de vitres électriques ou d'air conditionné. Nous fustigerons tout de même l'illisibilité de l'écran qui affiche les kilomètres parcourus, la température d'eau et le niveau de carburant, dépourvu d'alerte de niveau minimum. Quant aux sièges, ils ont des dossiers fixes, et seul celui du conducteur coulisse pour ajuster la position de conduite.
Toujours dans le r
egistre de la légèreté, le Speedster est équipé d'une direction à crémaillère non assistée. Elle est parfaite de précision et demande finalement très peu d'efforts, même à l'arrêt. Attention toutefois : les manoeuvres, déjà rendues éprouvantes par le manque de visibilité, seront pénalisées par le mauvais rayon de braquage. Quant au freinage, il bénéficie, lui, d'une assistance et les quatre disques ventilés hérités de la Vectra n'ont aucun mal à arrêter un engin aussi léger.
Minimaliste, le Speedster est une voiture qu'on ne peut raisonnablement espérer utiliser tous les jours. Prestations, agrément de conduite et fiabilité justifient en partie son prix élevé. Dans le cadre du loisir automobile, un Speedster est plus onéreux mais beaucoup plus fiable et efficace qu'une voiture ancienne. C'est dans ces domaines qu'il surpasse également les cabriolets sportifs d'usage courant, comme les Toyota MR ou MG-F, plus abordables. Cela dit, sa faible diffusion garantit une forte valeur de revente à ceux qui sauront garder leur Speedster longtemps et en bon état.





















