Bien calé derrière le Scénic, le Picasso pensait pouvoir profiter du vieillissement de son grand rival pour lui voler la vedette. Un bien beau tableau qui restera malheureusement inachevé car, même en fin de course, le Scénic a su contenir ses assauts. Et l'arrivée d'une seconde génération va rendre la tâche du Picasso encore plus ardue. D'autant que ce dernier n'offre qu'une gamme incomplète, malgré l'apparition récente d'un bloc 2.0i. Mais c'est surtout au niveau des motorisations Diesel qu'il affiche des lacunes. Le 2.0 HDi de 90 ch, qui est la seule proposition, manque en effet de vigueur pour animer convenablement un volumineux Picasso en charge. Avec à terme trois moteurs Diesel de 80 ch, 100 ch et 120 ch, le Scénic offrira plus de choix : économie d'utilisation, homogénéité ou performances.
Le succès du Picasso tient davantage à son habitabilité. Il est vrai que, même par rapport au nouveau Scénic, il se dégage du Citroën une véritable impression d'espace alors que leurs gabarits sont similaires. L'imposante surface vitrée frontale, la planche de bord fuyante et la garde au toit généreuse y sont pour beaucoup. Le Picasso est dans l'ensemble lumineux, et l'espace proposé à l'avant réellement généreux. La position de conduite demeure en revanche trop verticale. Sur ce point, le Scénic tient plus de la berline et est plus confortable.
Malgré un empattement plus long et une position d'assise plus verticale, le Picasso n'arrive pas à dégager plus d'espace aux places arrière. Hormis la belle garde au toit, la place manque au niveau des genoux, la faute à des tablettes trop grandes et à un coffre très volumineux. Disposant aussi de trois sièges indépendants, le Picasso veut faire croire à plus de largeur et de confort en proposant des assises de même taille, alors que le siège central du Scénic est bien plus étroit. En fait, il n'en est rien. A quelques millimètres près, la largeur est identique, les sièges latéraux du Scénic étant plus larges que ceux du Picasso de près de 3 cm. La place du milieu, rarement utilisée, est donc sacrifiée au bénéfice du confort des deux autres. En outre, la fonctionnalité des sièges arrière du Renault permet de rapprocher les deux sièges latéraux l'un vers l'autre, une fois le siège central ôté, afin de transformer le Scénic en Pullman à quatre places. Une fonction impossible sur le Picasso, dont le seul atout est de proposer des poignées facilitant la dépose des sièges.
Mais le plus grand fossé entre le Citroën et le Renault réside dans la qualité de fabrication perçue. Si le Scénic fait appel à des matériaux de qualité, notamment à des plastiques souples, le Picasso utilise trop souvent des plastiques rigides à l'aspect disgracieux et au toucher peu flatteur. Le Renault accueille, lui, les passagers dans un douillet cocon, les deux modèles semblant évoluer dans une catégorie différente. Même constat quant à l'équipement de série ou optionnel. Le Scénic sera ainsi capable d'embarquer une technique de pointe quand le Picasso ne pourra offrir que des éléments de base. La riposte s'impose, mais quand ?









































