- Renault :
Disponible
Toit en verre panoramique
Moteur : 136 ch - Peugeot :
Disponible fin septembre
Toit en tôle
Moteur : 138 ch
Chez Peugeot, le cabriolet est une tradition. Mais, depuis la 206, il est devenu CC : à la fois coupé et cabriolet. Une formule qui fait de plus en plus d'adeptes. Après la Mégane, c'est donc au tour de la 307 de se découvrir. Deux berlines utilisant les mêmes ingrédients, mais finalement peu en concurrence car, derrière la philosophie, il y a le marketing. La 307 CC se veut ainsi bourgeoise, limite snob. Avec son allure altière et de haut de gamme, elle ne se marie qu'avec des moteurs à essence allant de 138 ch à 180 ch. La Mégane, elle, se veut plus accessible, voire plus réaliste. Un bloc 1.6i d'entrée de gamme de 115 ch et un Diesel de 120 ch viennent épauler la version, pour l'instant phare, de 2.0i et 136 ch. Si bien que, en attendant un moteur à essence plus puissant - pourquoi pas un 2 l turbo -, ce dernier est le seul à pouvoir être jeté au Lion.
Il fut un temps où les cabriolets de cette puissance jouaient les caïds. Mais la prise de poids a considérablement muselé leurs prétentions, plus encore quand on troque la toile du toit contre de la tôle ou du verre. Ici, étrangement, c'est celui qui a utilisé la technique la moins avantageuse - le verre - qui s'en tire le mieux. Par rapport à la Mégane à cinq portes, la version cabriolet pèse 140 kg de plus. Avec le bloc de 136 ch, la Renault n'inspire pas à la monotonie, sans être un foudre de guerre pour autant. Le dynamisme se révèle convaincant, et la vitesse de pointe est confortable, d'autant qu'elle s'obtient sur un sixième rapport qui préserve le calme dans l'habitacle, et les consommations à vitesse modérée.
La Peugeot n'arrive pas à engendrer le même enthousiasme. Si la vitesse de pointe est fort honorable, les accélérations, les reprises et l'agrément sont un ton en dessous. La faute à un moteur qui s'exprime plus volontiers et de façon plus volubile à haut régime, et aussi à l'absence de sixième rapport. Mais, surtout, à une prise de poids importante - près de 240 kg par rapport à la berline - qui fait que la 307 CC pèse près de 1 460 kg. Dès lors, on comprend mieux l'absence d'un 1.6i ou d'un HDi de 110 ch.
A sa décharge, la 307 CC a pris du poids pour la bonne cause. En effet, l''efficacité d'un cabriolet passe par la rigidité de sa caisse qui s'obtient en l'alourdissant de renforts. Et si la Mégane nous avait séduits par sa grande rigidité, la 307 CC monte en gamme. Elle devient réellement comparable à la berline et autorise de fait un tarage d'amortissement plus ferme. Ainsi, la 307 CC est globalement plus efficace, plus sportive, plus stable. Les mouvements de la caisse prennent moins d'amplitude, la suspension est plus sèche. Bref, la Peugeot est collée à la route.
Le cabriolet Mégane lit la route avec moins d'application. Non pas qu'il manque de tenue, mais il s'autorise à accorder davantage de confort aux passagers. Les mouvements sont, certes, plus amples, mais la voiture ondule en douceur. La lecture de la route se fait en diagonale, retient l'essentiel, et elle passe sur les bosses. La suspension se montre aussi plus trépidante sur les saillies, et la direction électrique demande un petit temps d'adaptation.
Que ce soit pour la Mégane ou pour la 307, la partie avant provient des berlines correspondantes. Dans l'ensemble, l'agencement, la finition et la qualité de fabrication n'appellent pas la critique. C'est juste une question de goût, avec une tendance plus dynamique pour la Renault, et plus cossue pour la Peugeot. La position de conduite a été rabaissée dans les deux cas, mais la 307 offre une plus grande amplitude de réglage. Et, si l'on opte pour un cabriolet, c'est avant tout pour rouler cheveux au vent. Le système de toit est comparable avec une commande électrique unique qui facilite la manoeuvre (elle est plus rapide chez Renault). La Mégane a également pour elle une protection à l'air plus efficace, alors qu'il faudra opter plus volontiers pour le filet antiremous dans la 307 CC.
Annoncés pour quatre personnes, ces cabriolets conviendront avant tout à deux adultes et à deux enfants. Si la Peugeot offre un accès plus aisé à l'arrière, elle ne propose pas pour autant un espace plus confortable. L'espace aux pieds est certes un peu plus généreux, l'espace aux genoux est similaire, mais le dossier de siège est trop droit. A cela s'ajoute une garde au toit moins satisfaisante en coupé. Dans cette configuration, la Mégane est plus convaincante. Malgré des sièges avant qui s'escamotent moins, ce qui rend l'accès à bord moins évident, la Renault propose une garde au toit plus tolérante envers les adultes. Mais c'est avant tout les enfants qui se réjouiront de la présence d'un toit en verre qui dégage une vision panoramique vers l'avant. Les passagers avant profiteront moins de cet accessoire, si ce n'est en termes de luminosité. C'est cependant un argument qui vient souligner un niveau d'équipement très complet. Proposant globalement les mêmes avantages, la 307 CC possède un régulateur de vitesse pour faire oublier son toit en tôle.
L'écart tarifaire réduit entre ces deux cabriolets correspond au prix du libre choix. L'arceau automatique augmentant la protection en cas de retournement est en effet de série sur la 307 CC (500 ¤ sur la Mégane). C'est donc au client de décider de faire ou non une économie sur la sécurité.










































