Peugeot 308 1.6 THP Premium 5 p.
- Essence
- 150 ch
- 9 Cv
- disponible
- 21 750 euros
Volkswagen Golf 1.4 TSI Confortline 5 p.
- Essence
- 140 ch
- 8 CV
- disponible
- 21 830 euros
Plus de trente ans qu'elle sillonne nos routes avec un succès qui ne se dément pas. La Golf est aujourd'hui la voiture la plus vendue en Europe, et le marché français lui fait aussi les yeux doux. De son côté, la 308 a tout à prouver, et elle a la lourde tâche de succéder à l'une des plus belles réussites commerciales de ce début de millénaire, la 307. Une confrontation sur fond de gros enjeux commerciaux, mais aussi une démonstration technique puisque nous retrouvons ici des moteurs à essence de nouvelle génération. Chez Volkswagen, cela signifie faible cylindrée et double alimentation (compresseur et turbo). Chez Peugeot, le partenariat avec BMW a donné naissance, il y a peu, au 1.6 THP, lui aussi d'une cylindrée modeste vu sa puissance.
À conduire
Sur le papier, les moteurs TSI proposent la souplesse d'un diesel turbo, des consommations réduites tout en autorisant quelques montées salvatrices dans les tours. Moins percutant que la version de 170 ch, le 1.4 TSI de 140 ch ne démérite pas. En ville, on lui reproche néanmoins quelques à-coups. Sur route, ces désagréments s'estompent au profit d'un bloc volontaire et qui gagne en tonus au-delà de 3 000 tr/min. Passé ce régime, le souffle du turbo devient très audible. Équilibrée, la Golf jouit d'une direction douce et consistante, mais elle tend à perdre son train avant lorsque le rythme s'accélère et que les virages se resserrent.
Dans ce domaine, la 308 est exemplaire. Les roues sont collées au goudron, et l'essieu avant digère sans broncher les 150 ch du petit 1.6 THP (pour turbo high pressure). Si le 0 à 100 km/h est atteint aussi vite qu'avec la Golf (8,8 secondes), on est séduit par ce bloc téméraire et presque hargneux dès 2 500 tr/min. La tenue de cap impériale de la Peugeot s'accompagne d'une suspension qui pourra agacer. Sur les pavés ou les chaussées dégradées, l'amortissement réagit sèchement au détriment du confort. Plus feutrée, la suspension de l'allemande manque de retenue et engendre des mouvements de caisse fatigants à l'usage.
En ce qui concerne les transmissions, il y en a ici pour tous les goûts. La boîte à six rapports de la Golf est bien étagée et permet d'exploiter pleinement les 140 ch. Le verrouillage des vitesses est un peu accrocheur, mais rien de vraiment pénalisant. La 308 propose, pour sa part, une transmission peu flatteuse. Privée de sixième rapport, elle tire long, et le guidage du levier est approximatif. Enfin, si nos Golf et 308 freinent court et longtemps, mention spéciale à la française qui dispose d'un mordant très prononcé.
À vivre
C'est de notoriété publique, les allemandes sont un ton au-dessus en matière de qualité de finition. La Golf ne déroge pas à la règle. Certes, tous les plastiques n'offrent pas une texture très agréable, mais les ajustements précis témoignent d'une volonté de rester la référence dans le domaine.
Si l'accès à bord de la 308 jette un doute, la planche de bord moelleuse, l'instrumentation claire, les commandes douces et l'équipement abondant montrent que la française a plus que comblé son retard.
Elle est très accueillante, et plus chaleureuse que la Golf. Certes, Peugeot propose toujours une console centrale truffée de boutons qui n'est pas un modèle d'intuition. Mais la 308, plus longue de 8 cm, dispose de plus d'espace. Nos deux protagonistes reçoivent une climatisation automatique à deux zones avec buses d'aération à l'arrière.
Sans surprise, les sièges de la Golf proposent un confort plus spartiate que leurs homologues Peugeot. Les commandes de la radio et du régulateur de vitesse de la 308, désolidarisées du volant, sont moins pratiques que dans la Volkswagen. Lorsque l'allumage automatique des feux (de série) intervient, on est bluffé par le soin apporté au rétroéclairage de la 308. Les aiguilles finement découpées sont sublimées par un halo rouge venant du centre des compteurs. La Golf, avec son éclairage bleu plus conventionnel, est moins raffinée. Enfin, les grands gabarits se sentiront plus à l'aise dans la Golf qui dispose d'une position de conduite plus basse et moins typée monospace.
À acheter
Plus puissante, plus dynamique et plus spacieuse, la 308 n'en profite pourtant pas pour faire grimper l'addition. Si l'écart de prix (en sa faveur) est négligeable (80 €), il faut garder à l'esprit qu'elle offre un rapport entre prix et prestations supérieur à celui de sa rivale.
Plus gourmand que le 1.4 TSI en ville, le 1.6 THP franco-allemand se rattrape avec des consommations contenues en usages mixte et routier. Ces dernières se révèlent d'ailleurs frugales, compte tenu de la puissance engendrée par chacun des deux moteurs.
La Peugeot enfonce le clou en matière d'équipement. Ses options, moins onéreuses, sont aussi moins pléthoriques que celles de l'allemande. Notre modèle d'essai disposait d'un toit panoramique (450 €) inondant l'habitacle de lumière.
Si celui proposé sur la Golf est ouvrant, il est plus petit et bien plus cher (877 €). Le système de navigation de la Peugeot se montre également nettement plus abordable, et tout aussi efficace. La 308 est donc commercialement très bien placée.
Bilan
La 307 proposait une tenue de route attirante, mais un habitacle austère. La 308, bien que fermement suspendue, rectifie le tir. Dynamique, presque sportive, cette version 1.6THP est très aboutie et son intérieur est flatteur et spacieux. La Golf, plus vieille, ne peut lutter, même si sa qualité de fabrication reste un cran au-dessus. Son 1.4 TSI est plus à l'aise sur route qu'en ville.


































































































































































