Il fut un temps - pas si lointain - où la seule proximité des deux mots coupé et diesel aurait donné
des boutons à tout lecteur de rubrique automobile un peu averti. Pensez donc! Un coupé : la noblesse de la ligne, le souci de la forme, l'élégance impérieuse du pur-sang. Un diesel : combustible tout juste bon à alimenter les poêles à mazout et les tracteurs agricoles. Entre les deux, c'est plus qu'une différence de classe ou un crime de lèse-majesté : un grand écart aussi improbable qu'un brave trotteur élevé dans l'Orne terminant placé à l'arrivée du Prix de l'Arc-de-Triomphe, à Longchamp.
Ils ont pourtant osé. Et ils l'ont fait. Ils... ce sont Mercedes et Peugeot qui sont les premiers à avoir
transgressé le tabou en installant, pour l'un, le bloc CDi sous le capot de son Coupé Sport 220, pour l'autre, un bloc HDi sous le capot du coupé 406. De prix, de puissance et de performances très proches, ces deux défricheurs témoignent de la vitalité de ce type de motorisation et de ses progrès incessants qui lui ouvrent désormais les portes des catégories d'automobiles les plus huppées. Le diesel ne peut plus y couper.
Mécanique
Injection directe, common rail, échangeur air-air, turbocompresseur à géométrie variable pour la
Peugeot, distribution multisoupapes : ces deux blocs de 2,2 l exploitent le meilleur de la technologie diesel actuelle. Sur le papier, le CDi l'emporte d'une courte tête sur le HDi : 143 ch contre 136 ch, et un couple équivalent de 315 Nm, mais obtenu à 1 800 tr/min contre 2 000 tr/min pour la 406. Cet écart en faveur de la Mercedes se retrouve dans les performances : 215 km/h, contre 208 km/h ; 10"5 pour atteindre 100 km/h contre 10"9. Ces différences sont cependant trop minimes pour être perçues au volant.
Au contraire, le coupé 406 semble plus vif dans ses réactions comme dans ses montées en régime. L'explication est simple : il ne dispose pas encore d'une boîte automatique alors que celle-ci est offerte en série - doublée d'une commande à impulsion - sur le Coupé Sport Mercedes. Bien adaptée à une conduite tranquille, cette boîte lente et à la forte inertie ne saurait répondre à une utilisation plus intense. Elle rogne les ailes de ce coupé, n'ayant de Sport que le nom. Cela dit, vu la cible des acheteurs potentiels, elle offre un réel agrément, et participe grandement au confort de conduite. Elle gomme plus les sensations qu'elle n'affecte les performances, et elle n'entraîne qu'un excédent de consommation minime. La Mercedes réclame en moyenne 6,7 l aux 100 km (de gazole !), à peine plus que les 6,4 l de la Peugeot.
Fortes de leur couple conséquent et de leur puissance, les deux voitures sont des dévoreuses de kilomètres. Si leur mécanique les rapproche, c'est l'oreille qui fait la différence. Le CDI se montre un peu plus bruyant que son rival, notamment au ralenti et à bas régime. Il n'est pas non plus exempt de quelques vibrations lors des accélérations alors que le coupé 406 HDi reste imperturbable en toutes circonstances.
Châssis
Avec son hayon largement vitré à l'esthétique discutable - il n'est pas sans évoquer celui de la Renault Fuego -, le coupé Mercedes fait le dos rond, et semble massif face à l'évidence de la ligne du coupé 406. En réalité, ce dernier est bien plus volumineux que son rival, qui lui rend près de 30 cm en longueur, et 5 cm en largeur sur un empattement quasi équivalent de 2,70 m. Il est aussi mieux posé au sol sur des voies plus larges : 1,53 m, contre 1,46 m à l'arrière. Plus dynamique aussi, avec une hauteur qui n'excède pas 1,35 m.
Que le moteur soit Diesel ou à essence ne change rien aux qualités routières de la 406. Juste un léger surpoids, qui n'affecte pas le comportement de la voiture. Celui-ci se caractérise par l'agrément supérieur des trains roulants, le confort et la rigueur des suspensions, la précision du guidage. Même en l'absence d'antipatinage, les 136 ch ne mettent jamais en difficulté la motricité d'un train avant collé à la route, et les effets de couple ressentis au volant sont minimes.
Face à ce perfectionniste, le Coupé Sport Mercedes joue davantage les touristes. S'étant déjà autorisé le diesel, puis une boîte automatique, il confirme sa vocation paisible en adoptant des suspensions souples favorisant le confort des passagers, quitte à prendre un peu de roulis dans les grandes courbes, et à perdre en précision de trajectoires. D'ailleurs, pour enrayer les effets parfois pervers de la propulsion, il s'est doté d'un contrôle électronique de stabilité ESP. Moins efficace sur route que le coupé 406, le Mercedes se rattrape largement en ville où ses dimensions réduites lui
facilitent la vie. Il peut aussi compter sur un diamètre de braquage honorable de 10,8 m, alors que le Peugeot est carrément handicapé dans cet exercice, avec 11,9 m.
Vie à bord
Pourquoi faut-il que l'habitacle d'une voiture allemande fasse toujours plus « riche » que celui de son homologue française ? Cela tient à la qualité des matériaux, notamment à celle des plastiques, à l'agencement d'une planche de bord ou même à la simple présence d'un accoudoir. Ces détails - ou leur absence - font que le coupé 406 reste d'abord une 406 et non un coupé de prestige. Pas d'accoudoir central avant, des rétroviseurs extérieurs toujours noirs : le Peugeot ne joue pas dans la même catégorie que son rival. Pourtant il a des avantages : une largeur aux épaules nettement supérieure à l'avant, deux vraies places à l'arrière, avec accoudoir cette fois, vide-poches, aumônières et vitres à compas.
Rien de tout cela à l'arrière du Coupé Sport Mercedes. L'arrière de ces coupés, il faut déjà y parvenir et, malgré les sièges avant à mémoire, l'exercice réclame une souplesse certaine. Particulièrement à bord de la Peugeot où la faible hauteur de toit complique encore la manoeuvre. Sans oublier l'angle réduit d'ouverture des portières, gênant au possible pour la montée comme pour la descente. On entre plus facilement dans la Mercedes et la garde au toit y est légèrement supérieure. Mais l'espace est encore plus réduit à l'avant. Quant à l'arrière - nous l'avons dit -, mieux vaut éviter d'y installer ses amis si l'on veut les garder. Pour le conducteur et son passager, les ceintures de sécurité exigent de nouvelles contorsions pour les attraper, et les lève-vitres électriques sont mal placés sous l'accoudoir de portières. Grâce au hayon, le coffre est en revanche plus volumineux et plus accueillant.
Equipements
A prix pratiquement égal, le Coupé Sport Mercedes offre une boîte automatique et des airbags de
tête, dont ne dispose pas le coupé 406. En revanche, la climatisation automatique, le détecteur de pluie et les jantes en alliage figurent dans la dotation de série de ce dernier. Quant aux options communes aux deux modèles, comme la sellerie en cuir, le toit ouvrant ou le réglage électrique des sièges, elles sont nettement plus avantageuses chez le constructeur français.
Avantage donc à Peugeot, dont l'équipement de série est plus complet, la climatisation de la Mercedes valant, à elle-seule, 11 000 F.
Bilan
L'enjeu principal de cet essai comparatif était de démontrer qu'un moteur Diesel dans un coupé n'était pas une hérésie, et ne méritait pas le bûcher. Mission réussie pour les deux protagonistes,
qui se tirent de l'exercice avec une mention honorable, si ce n'est avec brio.
A ce niveau, le coupé 406 se montre plus fidèle à l'esprit sportif qui préside à la catégorie. Son comportement routier est irréprochable, ses sensations de conduite affirmées, et sa mécanique expressive. Sans parler d'une ligne qui reste une référence en la matière. Le Coupé Sport Mercedes prend plus de liberté avec la tradition. Il offre un confort supérieur, un aménagement intérieur plus soigné et un prix raisonnable au regard du prestige de la marque. Aucun des deux n'a, en tous cas, à rougir de sa motorisation, même si le coupé 406 évite soigneusement de faire apparaître le sigle HDi sur sa carrosserie.


















































































Moi je preferes Mercedes Coupé
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