Avec ses 250 ch, son châssis « sport » et ses pneus à taille basse, la T5 nous a montré le côté sombre de la S60. Adepte du « tout-en-force », au détriment de l'efficacité et du confort, elle déçoit les attentes du consommateur à ce niveau de gamme.
Au placard, Miss Hyde ! L'essai de la S60 dans sa définition de base de 140 ch permet de remettre les pendules à l'heure, de recadrer ses ambitions... celles d'une familiale sécurisante et confortable qui utilise tous les artifices techniques d'aide à la conduite pour pallier la défaillance humaine, et non plus comme muselière d'une mécanique trop agressive. D'ailleurs, le contrôle dynamique de la trajectoire est une option, pas une obligation. Avec 140 ch pour 1 441 kg, la S 60 2,4 automatique accède à un niveau de performances satisfaisant, qui ne permet pas de mettre à mal une tenue de route sans complexe. 205 km/h en vitesse de pointe, de 0 à 100 km/h en 11"1... Cette berline cossue est avant tout une adepte de la conduite coulée.
Avec une puissance et un couple maximaux atteints respectivement à 4 500 tr/min et à 3 750 tr/min, le moteur aspire à naviguer entre deux eaux. En accélération, passé le cap de 5 000 tr/min, il suffit de délester l'accélérateur pour que la boîte automatique enclenche le rapport supérieur.
Ainsi menée, la S 60 est d'une grande docilité, dans le bon sens du terme. Les suspensions sont assez souples pour être confortables, mais pas trop pour contenir convenablement les mouvements de caisse. La direction est précise ; et le train avant, d'une grande stabilité. Il n'y a qu'un sol mouillé pour prendre en défaut la motricité, l'antipatinage se chargeant expressément de remettre la S 60 sur la trajectoire. L'ABS, lui, contient les mouvements du train arrière en freinage en courbe. Si bien que la S 60 se comporte comme une sécurisante berline à traction avant. Et, puisqu'on en est à parler freinage, notons son efficacité. Sur cette version automatique, la pédale dispose d'une longueur de course importante pour faciliter le dosage, et elle y ajoute beaucoup de mordant.
La sécurité est le maître mot chez Volvo. Ainsi, hormis l'antipatinage et l'ABS, la S 60 embarque également dès la finition de base quatre airbags à l'avant, des rideaux gonflables de sécurité à l'avant et à l'arrière, cinq ceintures de sécurité à trois points et prétendeurs, un système de protection contre les chocs latéraux et des appuis-tête anti coup du lapin. Mais la technologie n'est pour rien dans la sensation de bien-être. Avec ses flancs hauts, sa découpe de pavillon plongeante, sa planche de bord enveloppante, ses sièges confortables et une insonorisation satisfaisante, l'habitacle de la S 60 est cossu, intimiste. Incidence directe du style sacrifiant l'agrément sur l'autel de la fluidité, les passagers arrière manquent de place, et le conducteur doit se contenter d'une rétrovision médiocre.
Si les 280 000 F pour la version T5 semblaient indigestes, et s'ils soulevaient le problème d'options trop nombreuses, à 100 000 F de moins, le constat est différent.
La S 60 dans sa livrée Optimum est très bien équipée et se place fort bien face à une concurrence souvent moins généreuse en équipement et en puissance. De là à dire qu'une S 60 est bon marché... Oui, sur le créneau des étrangères de haut de gamme.



















