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Porsche 356-001. Les secrets de la première Porsche

Il est inutile aujourd'hui de présenter Porsche. Ce que les gens savent moins, c'est que les débuts de la marque allemande furent très artisanaux
Il est inutile aujourd'hui de présenter Porsche. Ce que les gens savent moins, c'est que les débuts de la marque allemande furent très artisanaux

Le 8 juin 1948, le châssis 356-001 est homologué par l'administration autrichienne. Ce petit roadster, lisse comme un galet, paraît bien modeste avec sa mécanique de Volkswagen Coccinelle. C'est pourtant le premier exemplaire d'une des plus prestigieuses lignées de voitures de sport

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, l’Allemagne est exsangue. Ferry Porsche, le fils de Ferdinand Porsche, célèbre ingénieur à l’origine, entre autres, de la Volkswagen (la voiture du peuple), est établi en Autriche. Les restrictions y sont moins fortes que de l’autre côté de la frontière, ce qui lui permet d’envisager la construction du petit roadster sportif, sur base de Volkswagen, imaginé par son père.

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Le moteur est le quatre cylindres à plat de la coccinelle mais avec des culasses différentes

Le moteur est le quatre cylindres à plat de la coccinelle, mais avec des culasses différentes.

L’idée est de réaliser un premier prototype, simple et performant. La base mécanique est celle de la Coccinelle, en particulier le moteur quatre cylindres à plat refroidi par air. Il est toutefois profondément remanié. Sa cylindrée est toujours de 1131 cm³ mais il hérite d’une culasse à soupapes en V, d’un arbre à cames plus « méchant » et d’un rapport volumétrique qui passe à 7:1. Résultat : sa puissance augmente de presque 50 % et passe de 25 à 35 ch à 4 000 tr/m.

La plus grosse originalité de cette 356-001, c’est sans doute que ce moteur n’est pas en porte-à-faux arrière comme sur toutes les Porsche 356 et 911 qui suivront. Il est en position centrale arrière. Pour les ingénieurs, c’est l’architecture idéale pour assurer une tenue de route sans faille. Visant le même objectif, le châssis possède une structure tubulaire, ce qui explique la largeur des seuils de portes.

La Carrosserie en aluminium possède déjà tous les gènes de l'ADN Porsche

La carrosserie en aluminium possède déjà tous les gènes de l'ADN Porsche

La carrosserie aérodynamique est en aluminium car l’acier est rare et cher, mais aussi pour des raisons de poids. C’est efficace puisque l’auto, qui mesure 3,86 m de long, 1,67 m de large et 1,25 m de haut; ne pèse que 585 kg à vide. Bien évidemment, comme le moteur est placé directement derrière les dossiers des sièges, il n’y a que deux places. En revanche, il y a… deux coffres ! Comme sur un Boxster moderne.

 

Une vraie Porsche

Porsche 356-001

Pour son 85e anniversaire, en 1994, Ferry Porsche avait repris le volant de la 356-001

Peu puissante, mais légère, la 356-001 est capable d’atteindre 135 km/h et même 140 km/h avec un couvre-tonneau sur la place passager.

La tenue de route séduit également un journaliste de la Revue Automobile Suisse qui a le privilège d’essayer la voiture sur le circuit de Bremgarten :

 

« Elle a le comportement d’une voiture moderne ; très perfectionnée, sa suspension allie le confort et la remarquable tenue de route d’une voiture de sport basse et maniable ».

Ces qualités n’échappent pas non plus au fortuné Rupprecht von Senger. Ce directeur d’une agence de publicité de Zurich est intéressé par l’achat du prototype. En septembre 1948, Ferry Porsche accepte de le lui céder contre 7 000 francs suisses car il est maintenant passé à autre chose. Le premier coupé et le premier cabriolet 356 de série sont déjà en production, avec un châssis monocoque et un moteur en porte-à-faux arrière. Des caractéristiques toujours présentes sur la 911.

 

Une renaissance

Porsche 356-001
La 356-001 d'origine...
Porsche 356-001
... et la réplique de 2018.

Au fil des ans, le prototype 356 a connu des fortunes diverses. Les outrages du temps, les accidents ont nécessité des réparations et dans certains cas le remplacement par des pièces différentes. Il a ainsi perdu sa silhouette d’origine.

C’est pour cette raison que Porsche a décidé de construire une réplique en tous points conforme au roadster d’origine. En reprenant les plans d’époque, on s’est ainsi rendu compte que la proue et la poupe du prototype avait été profondément modifiées. L’avant était initialement plus proéminent et l’arrière plus fuyant.

Partant de ces constatations, une maquette en mousse à taille réelle a été réalisée à l’aide d’une fraiseuse numérique. Puis des gabarits en bois ont été construits pour façonner, à la main, les panneaux d’aluminium de la carrosserie. Même la peinture d’origine a été recréée à partir d’échantillons prélevés sous la planche de bord. Un unique compteur a aussi remplacé l’instrumentation plus moderne (compteur double) présente aujourd’hui sur la 356-001.

Porsche 356-001
Il a fallu repartir des plans initiaux et huit mois de travail pour construire cette réplique

À l’issue d’un travail de huit mois, la réplique montre donc la première Porsche telle qu’elle est sortie du petit atelier de Gmünd en 1948. Elle sera, tout comme le prototype, la vedette d’une exposition itinérante qui démarrera un tour du monde à partir du 8 juin 2018.

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