- Disponible en octobre
- Cabriolet 4 places
- 420 ch
- Prix : 143 584 ¤
Depuis plusieurs heures, le ciel menaçait et le nuage noir a fini par éclater en un violent orage. Il est temps de passer sous la barre des 50 km/h. Non pas que la nouvelle 911 turbo cabriolet craigne les routes détrempées - au contraire -, mais c'est la vitesse requise pour pouvoir déployer la capote électro-hydraulique à pliage en Z, dans un mouvement exécuté avec précision. Pratique, l'opération a duré une vingtaine de secondes, et le flat-six de 3,6 litres peut à nouveau lâcher sa cavalerie. Sur un filet de gaz, celle qui jouait les missiles routiers s'est transformée en un hors-bord de luxe. Sur une route sinueuse à l'adhérence devenue précaire, l'impératrice allemande trace sa voie dans un confort étonnant, élimine les virages d'un coup de museau et se joue des ornières gorgées d'eau. Le rythme est moins endiablée que quelques kilomètres auparavant quand, sur route sèche, la 911 démontrait son incroyable facilité à mener un grand train, à accepter la charge de ses 420 ch et à relancer à tout moment sous les coups de butoir de son couple camionesque (560 Nm entre 2 700 et 4 600 tr/min).
En découvrant sa 911 turbo, Porsche ne voulait rien perdre du contenu
technique développé sur le coupé. Moteur biturbo, transmission intégrale permanente, système de contrôle dynamique PSM, boîte à six rapports, arrière élargi, roues de 18 pouces et châssis abaissé : la version cabriolet reprend tout à son compte. Mais, pour conserver une rigidité, elle a dû s'alourdir de 70 kg et c'est là son pêché mignon. Ainsi, elle flirte avec les 1 700 kg, un embonpoint qui ne fait pas bon ménage avec l'agilité et pousse la voiture vers l'extérieur des virages et fait souffrir les freins.
Toutefois, la 911 a du répondant pour combattre l'inertie. Ses pneus extra-larges (225 à l'avant et 295 à l'arrière !), ses trains roulants rigoureux et ses freins puissants sont là pour plaquer la voiture au sol.
Voilà de quoi prendre de l'assurance au volant, ce qui n'était pas toujours de la cas de la première 911 turbo cabriolet commercialisé de 1987 à 1989. Connue des porschistes sous le nom 930 turbo, elle était considérée à l'époque comme physique, voir brutale, et elle incarnait la démesure automobile avec son 3,3 litres de 300 ch ( de 0 à 100 km/h en 5,2 secondes et une vitesse maximale de 260 km/h.
La nouvelle mouture est encore plus radicale face au chronomètre : 305 km/h en vitesse de pointe et 4,3 secondes pour
passer de 0 à 100 km/h. Mais la manière de parvenir à ces performances a changé. Fini la main de fer et les talents d'équilibriste pour rester sur la route, la 911 turbo cabriolet d'aujourd'hui propose un étonnant compromis entre sportivité et docilité. Ronronner gentiment sur le couple du flat-six pour une balade à l'abri des remous d'air (le saute-vent proposé en série est fort efficace) ou se lancer à l'assaut d'une route de montagne à un rythme endiablé, cette 911 est capable de tout.
Hélas, cette allemande n'est pas à l'abri de griefs. Outre un prix qui la rend inaccessible au plus grand nombre, son autonomie est ridicule, son moteur manque de vocalises dans l'effort et, pour les adeptes de l'automatisme, la boîte Tiptronic S optionnelle reste un pis-aller pour une telle mécanique.





















