Multi Wagon contre Station Wagon... ne tirez pas le signal d'alarme. La petit train des appellations masque un bon vieux match des familles entre deux breaks de moyen de gamme : MW pour la Fiat Stilo et SW pour la Peugeot 307. Certes, la notion même de break a bien évolué et elle respire davantage l'univers des loisirs que le monde du travail. Mais, ces deux faux frères empruntent des chemins bien différents.
Lorgnant à la fois sur le monospace et le petit 4 x 4, du moins dans
l'esprit, la Stilo MW conserve une certaine rusticité dans son allure et dans ses lignes taillées à la serpe. Lisse et fluide comme un bonbon acidulé - on n'ose plus dire un berlingot -, la 307 SW joue, elle, les élégantes pour mieux séduire les familles. On en veut pour preuve ses deux places supplémentaires optionnelles qui lui permettent d'accueillir jusqu'à sept personnes.
Mécanique Les deux blocs Diesel à rampe commune qui équipent ces voitures conviennent parfaitement à leur style et à leur vocation : puissance raisonnable et consommation modérée. Dans sa version de 110 ch, le Peugeot HDi offre un bon potentiel pour un usage routier. Toutefois, devant composer avec les 130 kg supplémentaires du break, ses performances paraissent légèrement émoussées par rapport à celles de la berline. Impression confirmée par les 13 secondes 8 nécessaires pour atteindre les 100 km/h.
Plus réactif, plus vivant, plus sonore aussi, le JTD 115 de la Stilo MW se contente de 11 secondes 2 dans le même exercice. Pour bonifier encore
ses accélérations, il dispose en outre d'une boîte à étagement court. Ces bons résultats ont néanmoins leur revers. Là où la Peugeot passe en douceur, jouant sur son couple disponible dès 1 750 tr/min, la Fiat s'impose en force, obligeant le conducteur à jouer du levier de vitesses et faisant profiter tous les passagers du chant de son moteur. Dans cette catégorie des breaks ludiques, il semble que l'agrément de la française l'emporte sur les performances de l'italienne. Quant à la consommation, elle présente, sur le papier, un léger avantage à la 307. Mais l'écart s'accroît nettement à l'usage, tant la Stilo pousse son conducteur à avoir le pied plus lourd sur l'accélérateur.
Chassis La Peugeot SW est une 307 qui a poussé en longueur. Par rapport à la berline, et pour atteindre 4,42 m, elle a gagné 10 cm en empattement et 12 cm à mettre sur le compte du porte-à-faux arrière. Sur cette base, elle conserve les caractéristiques globales du comportement de son modèle d'origine : précision de la direction, sûreté de la tenue de route, équilibre global de la suspension préservant équilibre et confort.
Plus haute et plus longue, la Stilo MW est loin d'offrir la même homogénéité. Dans les grandes courbes, la direction oblige à de multiples corrections. Quant aux suspensions, leur qualité ne risque pas d'inquiéter les standards Peugeot. Leur filtrage approximatif les rend trépidantes sur mauvais revêtement et leur mollesse récurrente laisse la caisse prendre des mouvements de roulis et se tasser sur ses amortisseurs dans les virages. La Fiat n'est pas pour autant dangereuse, ni franchement désagréable. Mais, face à la rigoureuse Peugeot, elle manque cruellement d'appuis. D'autant qu'en cas de difficulté, elle ne pourra se prévaloir de l'ESP dont dispose la française. Un petit bémol cependant concernant le châssis de la 307 : aussi efficace soit-il, sa nature même de break engendre des bruits de roulement plus importants dans l'habitacle et le jeu des suspensions y est également plus perceptible. Ce n'est en aucun cas l'agrément souverain de la berline.
Vie à bord Et la lumière fut ! A bord de ces deux breaks, l'ambiance est déterminée par l'impression d'espace distillée par leur toit en verre.
Proposé en option, ce dernier est également ouvrant dans l'italienne grâce à un astucieux système de lamelles qui, en se repliant, viennent s'empiler pour former une sorte d'aileron sur le toit. Même si cette luminosité n'est pas sans inconvénients (voir l'encadré), elle fait beaucoup pour la personnalité des deux breaks. Dans la 307 SW, elle valorise l'harmonie des coloris et le soin apporté au dessin intérieur. Dans la Fiat, elle fait office de cache-misère pour un aménagement qui manque singulièrement de chaleur. Face au charme évident de la Peugeot, de sa gaieté, de sa fonctionnalité avec ses trois sièges arrière indépendants et réglables individuellement en longueur, l'habitacle de la Fiat semble bien terne.
A commencer par sa planche de bord massive et surélevée, à la texture sombre. On a beau être assis haut, façon monospace, les volumes intérieurs paraissent toujours confinés. En revanche, la Stilo sait faire preuve d'esprit pratique avec son coffre bien carré et son dossier de siège avant passager qui peut se rabattabre à plat. C'est peu par rapport à la modularité extrême de la 307, dont les sièges arrière peuvent se démonter facilement, et qui propose, en option, deux sièges supplémentaires. Dans ce cas, le coffre est réduit à la portion congrue, mais le choix est là.
Budget Outre les éléments de sellerie évoqués précédemment, la 307 SW Pack peut se vanter d'un bon niveau de finition avec lequel la Stilo MW, même en version supérieure Dynamic, ne peut rivaliser. Il lui faut en effet recourir aux options pour l'ESP, les airbags rideaux, la banquette arrière coulissante ou les commandes de la radio au volant. Sans oublier le toit ouvrant en verre qui est, à lui seul, facturé 990 ¤.
Dans ce contexte, l'écart de prix de 3 110 ¤ favorable à la Fiat a tendance sinon à s'annuler, du moins à se restreindre. Celle-ci a beau se prévaloir d'un régulateur de vitesse en série, cela ne peut compenser les multiples détails dont bénéficient la 307 comme l'allumage automatique des phares ou le capteur de pluie. La différence de classe se situe aussi à ce niveau-là.


































































































































