Les déboires du lancement de l'Avantime font partie du passé. Depuis le 1er janvier de cette année, la carrière commerciale de cet étrange engin a réellement débuté avec la livraison de près de 500 unités et l'élaboration d'une gamme complète.
Cette nouvelle version adopte un moteur récemment inauguré sur la Vel Satis. Issu du quatre- cylindres de 2 litres déjà connu, il a été retravaillé et renforcé afin d'accepter l'adjonction d'un turbocompresseur. Ainsi équipé, il délivre une puissance respectable de 165 ch à 5 000 tr/min et, surtout, un couple élevé de 250 Nm disponible sur une large plage de régimes, de 2 000 à 4 250 tr/min.
Ce moteur est donc capable de concurrencer, en termes d'agrément de conduite, des mécaniques atmosphériques de forte cylindrée, voire même des V6 de 3 litres. Il peut en effet s'opposer à la version la plus puissante de l'Avantime, ses 210 ch et son couple de 285 Nm à 3 750 tr/min (mais de seulement 256 Nm à 2 500 tr/min). Certes, par rapport à ce même V6 24V, le 2.0 T 16V est moins alerte. La vitesse de pointe est tout de même de 202 km/h, et il lui faut moins de 10 secondes pour passer de 0 à 100 km/h. Le fond de commerce du quatre-cylindres est sa grande souplesse à bas régime, qui permet des relances onctueuses et énergiques. D'autant que, à haut régime, il présente un caractère heurté, perturbé par une commande de boîte qui demande à être maniée avec douceur.
L'Avantime 2.0 Turbo est une berline faite pour évoluer rondement. Dans ce cas, le quatre-cylindres fait preuve d'une sobriété remarquable pour un véhicule de 1 641 kg : seulement 9,2 l aux 100 km. Une consommation qui peut tout de même grimper à 15 l si l'on adopte une conduite sportive que le châssis et les occupants apprécient peu. Le gabarit haut perché de l'Avantime engendre des mouvements de caisse et de corps que les suspensions et les sièges ont du mal à contenir.
Si le "coupéspace" Renault propose un comportement routier sécurisant, d'autant que l'électronique est très présente, il n'arrive pas à être efficace. Excellent autoroutier, il aime, sur les routes secondaires, profiter du paysage. C'est d'ailleurs dans cet esprit qu'il a été conçu. Avec sa surface vitrée imposante, l'Avantime est ouvert vers l'extérieur. Un peu moins en finition Expression. Cette nouvelle définition de bas de gamme qui permet d'abaisser le prix d'accès à l'Avantime fait malheureusement l'impasse sur une de ses particularités les plus séduisantes. En effet, le toit ouvrant panoramique est ici remplacé par une plaque de tôle de la couleur de la carrosserie.
L'Avantime Expression avec toit rigide perd de son charme, l'ambiance intérieure est moins lumineuse. Le toit ouvrant panoramique demeure tout de même au catalogue des options, mais, dans ce cas, le prix, en grimpant de 1 980 E, se rapproche de celui de la finition Dynamique à toit en verre, mieux équipée.



























