- La Clio reçoit le plus puissant des moteurs 1.5 dCi
- Commercialisation immédiate
S'il y a deux ans proposer une citadine avec un moteur Diesel de 100 ch était rarissime, les Skoda Fabia, Volkswagen Polo ou Seat Ibiza ont depuis atteint, voire franchi, cette barre. Aujourd'hui, la Renault Clio est la première citadine française à rejoindre ce niveau de puissance, grâce à la dernière évolution du 1.5 dCi apparu en novembre sur la Mégane II. L'adoption de ce moteur coïncide avec un second restylage, bien plus léger que celui effectué au printemps 2001. La Clio « Génération 2004 » en profite pour adopter l'architecture de gamme inaugurée par la Mégane, en combinant cinq niveaux d'équipement (Pack, Confort, Confort Pack, Sport et Luxe...) et trois ambiances intérieures (Authentique, Dynamique et Privilège).
Que la Citroën C3 1.4 HDi 16V se le tienne pour dit : son bloc DV4, à 16 soupapes, turbo à géométrie variable et échangeur, n'impressionne pas la Clio, qui figure pourtant parmi les doyennes de la catégorie !
MECANIQUE. Renault ne s'est pas contenté de donner un tour de clé à molette au turbo du 1.5 dCi pour le porter à 100 ch. Les ingénieurs ont commencé par opter pour un turbo à géométrie variable à ailettes orientables soufflant jusqu'à 1,25 bar et un échangeur plus efficace, tandis qu'ils portaient la pression d'injection de 1 400 à 1 600 bars et inséraient des pistons spécifiques dotés d'une galerie de refroidissement. Ces modifications débouchent sur un couple maximal de 200 Nm constant de 1 900 à 3 000 tr/min, dont 90 % déjà disponibles à 1 700 tr/min. De l'aveu même de Renault, ce bloc pourrait délivrer 220 Nm, voire 240 Nm sans grosses modifications, mais les ingénieurs ont dû se résoudre à le « brider », la nouvelle boîte JR5 à commande par câbles issue de la Mégane II n'étant pas prévue pour supporter un couple supérieur à 200 Nm. Notons que si elle offre une meilleure sensation au levier, cette boîte marque une régression en matière de précision de commande.
Ainsi « muselée », la Clio 1.5 dCi 100 affiche de belles accélérations (le passage de 0 à 100 km/h s'effectue en 10 secondes 6 et le 1 000 m départ arrêté en 32 secondes 4), mais ne brille pas spécialement dans le domaine des reprises. Sans être mauvaise en la matière, la version dCi 100 n'affiche pas un progrès énorme par rapport à celle de 80 ch. Heureusement pour elle, la Clio est légère (1 000 kg).
De son côté, la C3, à cause de son poids de 1 072 kg, ne donne jamais l'impression de fournir la puissance affichée par l'ultramoderne bloc DV4, pourtant accouplé à une boîte agréable et bien étagée. Et si ce moteur a bien progressé par rapport à ses débuts, il manque toujours de progressivité et de couple à très bas régime.
Le travail sur l'insonorisation dont a bénéficié la Clio 1.5 dCi 100 est remarquable. Renault annonce une baisse de 2 dB, un progrès qui n'a rien d'anecdotique, puisque le niveau sonore est divisé par deux tous les 3 dB. Déjà discret à froid, le 1.5 dCi 100 se révèle à peine plus bruyant que ses alter ego à essence une fois parvenu à température. Et comme les vibrations sont très bien filtrées et les à-coups rarissimes, le conducteur oublie vite qu'il conduit une diesel. Ce sera plus difficile avec la C3, dont le bloc est plus audible, sans pour autant devenir envahissant.
En matière de consommation, nos deux rivales excellent dans la sobriété, avec une moyenne s'établissant à 4,3 l aux 100 km. Une valeur fort impressionnante au vu des performances affichées...
CHASSIS. Avec son comportement un peu pataud, ses suspensions parfois sèches et sonores et sa direction surassistée qui nuit aux sensations de conduite, la Citroën C3 risque de décevoir autant l'amateur de conduite enlevée que le père de famille. Lourde et haute, dotée de barres antiroulis nettement raffermies, la version HDi 92 ch se montre moins plaisante que celle dotée d'un moteur HDi de 70 ch.
Bénéficiant d'un comportement routier plus efficace, la Clio se révèle en outre plus confortable sur les mauvaises routes. Et si sa direction pourra paraître un peu dure aux yeux de certains, la Renault compense avec un rayon de braquage plus faible que celui de la Citroën, bien mal lotie en la matière (10,6 m contre 11,55).
VIE A BORD. Le restylage de cette Clio « Génération 2004 » concerne des points de détail : nouveau bouclier avant sur les versions 1.5 dCi 100, becquet peint dans la couleur de la carrosserie sur l'ambiance Dynamique et teintes de carrosserie inédites. Dans l'habitacle, un nouveau combiné d'instruments fait son apparition, tandis que la version Initiale accueille de nouvelles boiseries. L'équipement a par ailleurs été légèrement enrichi : réglage en hauteur du siège conducteur généralisé sur l'ensemble de la gamme, régulateur/limiteur de vitesse en série dès la finition Sport, vitres arrière électriques à partir de la finition Luxe...
Si la Citroën apparaît plus accueillante au premier abord, avec sa garde au toit importante, sa planche de bord pimpante et ses impressionnants fauteuils dotés d'accoudoirs, elle déçoit à l'usage. Ses sièges sont fermes et maintiennent mal le corps et sa finition reste perfectible. Enfin, ses places arrière sont davantage conçues pour des enfants que pour des adultes.
Dotée de sièges façon baquets plus confortables, la Clio s'avère un peu plus spacieuse à l'arrière. Malheureusement, sa position de conduite reste peu agréable.
Au niveau du coffre, la C3 affiche un beau volume (305 l), à défaut de présenter des formes très régulières et un seuil de chargement bas. Il offre, en outre, la tablette Moduboard, fournie en série à partir du niveau Pack, qui permet de fractionner le volume de chargement à sa guise.
BUDGET. A la fois citadines efficaces et routières accomplies, nos deux concurrentes monnaient leurs talents au prix fort, au point de flirter avec les tarifs de la catégorie supérieure. Notez toutefois que la jeunesse de la C3 lui permet d'offrir des raffinements (radar de recul, volant réglable dans les deux plans, airbags rideaux en option) dont doit se passer la vieillissante Clio.














