- Déjà disponible
- Stricte deux places
- Moteur : V6 en position arrière
- Puissance : 255 ch
- Prix : 39 700 euros
Le physique ne suffit pas pour s'imposer. La Clio V6 de première série (janvier 2001-mai 2002) l'a appris à ses dépens. Plébiscitée pour son style inimitable, elle avait déçu par ses prestations routières. Un gâchis d'autant plus mal accepté par les fervents de la marque que cette Clio V6 est la réincarnation de la mythique R5 Turbo.
Pour cette série II qui adopte le style plus agressif et la planche de bord de la Clio restylée l'an passé, Renault a changé son fusil d'épaule. Fini la sous-traitance à l'anglais TWR : le constructeur a mis Renault Sport à l'oeuvre. Quant à l'assemblage, il a été rapatrié à l'usine de Dieppe (ex-Alpine), plus accessible que la lointaine usine d'Uddevalla, en Suède.
Désormais 100 % Renault, la Clio V6 a donc bénéficié d'un traitement de choc pour être à la hauteur de son image. Côté châssis, on recense un empattement allongé de 23 mm, l'adoption d'un nouveau berceau arrière, un amortissement affermi et une nouvelle géométrie des trains. L'ensemble repose sur des Michelin Pilot Sport de 18 pouces.
Sur ces bases plus solides, Renault Sport a installé le V6, dont tout le haut moteur a été revu et qui a reçu les bons soins
de Porsche pour la partie gestion électronique. Les performances sont sans comparaison avec les précédentes, mais c'est surtout la manière dont les performances sont obtenues qui enthousiasme. Grâce à sa boîte à six vitesses à l'étagement resserré, les coups de pompe du V6 entre deux rapports sont un vieux souvenir. Mieux, le six-cylindres est désormais volontaire pour des envolées rageuses, jusqu'au régime de coupure, et il n'oublie pas la souplesse dans les bas régimes. Le tout dans une sonorité d'autant plus enivrante que les entrailles du moteur sont à quelques centimètres des oreilles. Pour parfaire l'agrément de conduite, le débattement de la commande de boîte a été raccourci, mais cette dernière souffre encore de quelques accrocs.
C'est évidemment sur la route qu'on l'attend le plus . En dépit de sa suspension affermie, quelques mouvements de caisse subsistent dans les forts appuis. Rien de rédhibitoire toutefois, d'autant que le châssis montre un caractère plutôt sous-vireur. Le manque de franchise du train avant à
l'inscription en virage est plus pénalisant pour la précision. Dommage car, une fois calée sur ses appuis, la Clio V6 est relativement sereine. Avec sa motricité exemplaire et son freinage puissant, elle bondit même d'un virage à l'autre en engageant une belle mobilité de l'arrière si on la provoque. Tant mieux, car c'est bien ce caractère trempé que l'on attend d'une voiture à moteur arrière. Il faudra cependant être sur ses gardes et avoir une certaine dextérité pour entretenir les dérives, car la Clio V6 a résisté aux chants des sirènes électroniques : aucun ESP ni antipatinage. Voilà qui la positionne comme une sportive de caractère. Seul son poids excessif (1,4 t) vient calmer ses ardeurs sur les routes sinueuses où une Clio RS plus agile peut la contrarier.
Suréquipée et onéreuse, la Clio V6 est plus proche de l'esprit Grand Tourisme que celui d'une GTI radicale et incisive. Sans égale sur le marché, elle croise le fer dans l'univers du haut de gamme. Sa carrure de berline la rapproche d'une Alfa Romeo 147 GTA, mais son habitacle est aussi réduit que celui d'une Audi TT. Quant à son moteur en position arrière et à ses deux places, ils trouvent un écho du côté de la Porsche Boxster. Du beau linge pour une sportive habillée de nouvelles prétentions.
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